Présentation

Ce Canyon Aeroad CF SLX 8.0 Disc est vendu habituellement 4199€. Son équivalent avec freins à patins est quant à lui affiché à 3599€. 600€ de différence donc.

Annoncé à 7.8kg en taille M, j'ai mesuré le modèle de test à 8kg tout rond avec son groupe Shimano Ultegra mécanique et surtout, des roues Reynolds Strike Carbon Clincher avec un profil de 62mm. Pour info, le modèle avec freins à patins est environ 600g plus léger.

Le surpoids de la fourche (70g) est relativement limité, c'est au niveau des roues et des rotors qu'il faudra chercher ce surplus. Pour concevoir cet Aeroad Disc, Canyon a repris la géométrie et le design de la version à patins, mais a retravaillé les couches de carbone pour répondre aux contraintes des freins à disques.

En rouge et noir, cet Aeroad ne manque pas de faire tourner les têtes. Pour moi, le coloris qui va le mieux à ce vélo. Le mélange de rouge brillant et noir mat est sublime.

L'Aeroad offre des tubes aux formes plutôt habituelles désormais sur un vélo aéro, mais cela reste bien équilibré et pas trop massif. Seul le tube diagonal est assez imposant, contrastant avec un tube horizontal assez effilé et plat dans sa partie supérieure.

A l'arrière, le tube de selle épouse la roue arrière à la manière d'un carénage et les haubans viennent rejoindre ce dernier assez bas.

Que ce soit au niveau de l'application de la peinture ou du souci des détails, rien à dire, c'est très propre. Les gains s'intègrent parfaitement dans le cadre. Celles qui touchent la douille de direction sont munies de protections qui éviteront au cadre de se rayer et empêchent aussi les gaines de faire du bruit sur mauvais revêtements.

La tige de selle est spécifique à l'Aeroad (Canyon S27 Aero VCLS CF) avec une conception Trident 2.0 pour une aérodynamique optimisée et une parfaite intégration avec le cadre.

Le serrage se fait au niveau du tube horizontal, juste devant la tige, au moyen d'une simple vis allen. Canyon n'a pas jugé opportun de dissimuler la vis par un cache plastique.

Une très belle réalisation donc, et un vélo qui en jette, notamment avec ces roues de 62mm de profil qui mettent bien en avant le tempérament de ce vélo, axé sur la vitesse.

 

Equipement

La transmission Shimano Ultegra mécanique est connue. Un bon compromis pour obtenir un vélo à la fois assez léger sans être trop onéreux.

Seuls les leviers sont hors groupe, des Shimano ST-RS685 hydrauliques qui sont un peu plus haut que des leviers traditionnels en raison de la présence du maître cylindre dans le haut de la poignée.

52/36 pour le pédalier, associé à une cassette 11x28, l'idéal pour les terrains plats et vallonnés où le coureur pourra s'en donner à coeur joie. En revanche, le cyclosportif moyen sera limité en montagne.

La potence (V13) et le cintre (H16) sont tous deux des produits Canyon en aluminium. Dommage, on ne bénéficie pas du combiné cintre/potence Canyon H11 Aerocockpit CF, très réussi à la fois esthétiquement et ergonomiquement. Pour cela, il faut passer sur le modèle 8.0 Di2 avec transmission électronique, à 4999€.

Les disques 160mm sont pincés par des étriers Shimano au standard Flat Mount. Sur la taille 2XS, les disques sont en 140mm.

Les roues Reynolds Strike Carbon Clincher sont impressionnantes. Profil de 62mm de haut et largeur externe de 25mm. Elles sont montées avec des pneus Continental Grand Prix 4000s II de 23mm à l'avant et 25mm à l'arrière et peuvent accepter des tubeless. Un choix sans doute dicté par l'aérodynamisme.

Des roues qui devraient se montrer à leur avantage à haute vitesse mais peut-être un peu moins en bosse avec 1710g.

Le serrage des roues se fait via des axes traversants de 12x100 mm à l’avant et 12x142 mm à l’arrière avec un système de serrage reprenant la technologie RWS de DT Swiss, à savoir un seul levier que l'on passe d'une roue à l'autre et qui sert de clé.

Côté aérodynamisme, DT Swiss a récemment démontré, tests en soufflerie à l'appui, que la traînée aérodynamique engendrée par une roue à disques est de 2 watts environ, principalement imputable au moyeu, plus massif et non au disque lui-même. Négligeable donc. Reste à voir, en cas de vent latéral, comment tout cela se comporte.

Sur la route

L'Aeroad est bluffant de polyvalence. Il semble presque à l'aise partout. Presque, car bien entendu, les forts pourcentages ne seront pas sont fort, surtout avec des roues de 62mm qui vont cruellement limiter ses possibilités d'accélération.

Il semble à l'aise du moment que l'on reste au-dessus de 15/16km/h. En-dessous, il faudra monter au train et en cadence pour ne pas avoir trop l'impression de subir le vélo. Pas mauvais en montée, mais ce n'est pas son domaine de prédilection. Si les pentes dépassent 5/6%, l'Ultimate CF SLX sera imbattable.

Pour des terrains vallonnés, mieux vaudra lui adjoindre des roues plus basses de 35 ou 40mm pour limiter la casse à mon avis et permettre de retrouver un peu de dynamisme permettant des relances plus énergiques pour passer des bosses assez courtes en puissance.

Sur le plat en revanche, l'Aeroad est dans son élément. Il répond instantanément aux sollicitations du cycliste sans se dévoyer. Il aime être emmené avec des gros développements, les bases et la boîte de pédalier ne vous laissant jamais penser que vous arrivez à leur limite.

Passé 35km/h, les roues commencent à faire leur effet et plus on accélère, plus on ressent leur inertie aider à conserver la vitesse. Idem en descente, où le vélo est incroyablement stable... du moins, tant que le vent ne vient pas de côté. Car là, le profil des roues associé à la surface des disques demandent tout de même une certaine attention.

Avec mes 74kg, je me suis quand même fait balader de temps en temps quand le vent dépasser 50km/h en rafales. Quelque peu sportif, mais à partir du moment où vous bénéficiez d'un vent 3/4 dos, vous ne regretterez pas ces quelques minutes durant lesquelles vous aurez dû tenir fermement le cintre. L'Aeroad CF SLX redevient une machine jouissive tant que le vent n'est pas latéral.

Et le confort dans tout ça ? Encore une très bonne surprise. Malgré des roues à très haut profil et des pneus Continental Grand Prix 4000s II (pas réputés pour leur souplesse) de 23mm à l'avant et 25mm à l'arrière, le vélo offre tout de même une bonne filtration. Encore une fois, un Ultimate se montre plus confortable, mais l'Aeroad, étant donné son positionnement, s'en sort avec les honneurs. Des pneus plus souples et des jantes plus basses permettant un net gain de ce côté.

En revanche, ne comptez pas monter des pneus de 28mm de section. Avec du 25mm à l'arrière, les routes gravillonnées sont déjà un supplice pour les oreilles quand on entend les cailloux racler entre la chape du pneu et le carbone au niveau du carénage.

Le freinage à disques me laisse toujours un peu sur ma faim. Sous la pluie, oui, il n'y a pas photo, c'est plus efficace que des patins (encore que, des jantes comme les Zipp 404 NSW ou Mavic Cosmic Pro carbon SL C arrivent à d'excellents résultats). Mais sur le sec, l'intérêt est à mon avis limité et, avis sans doute d'un testeur trop vieux, l'esthétique en prend un coup.

Des heures d'ingénierie pour arriver à camoufler un maximum de gaines pour finalement arriver à des disques, je trouve cela dommage, surtout pour 600g de plus et quelques centaines d'euros en moins dans le portefeuille.

Les leviers hydrauliques sont un peu plus massifs, mais plutôt agréables à prendre en main une fois qu'on s'y est habitué. Par contre, deux défauts.

Le premier, la course trop longue du levier pour arriver à puissance maxi. J'ai tendance à régler mes patins au plus près de la jante, il me faut donc une course assez minime pour arriver à puissance minimale. Avec de l'hydraulique, la course est trop longue à mon goût, même après réglage.

Second défaut, une dosabilité plutôt moyenne. On passe quasiment de rien à tout, difficile de doser assez finement la puissance. On conserve donc seulement l'avantage d'un meilleur freinage sur le mouillé et un levier plus souple et donc plus reposant sur de longs freinages.

Bilan

L'Aeroad est un vélo réellement bluffant. Il mêle aérodynamisme, relatif confort et hautes performances pour un prix plutôt alléchant vu l'équipement. Bien sûr, dans cette configuration, avec ces roues en 62mm, le confort n'est pas le domaine dans lequel il excelle, mais si on le dote de roues plus passe-partout, il sera très agréable même pour de très longues sorties.

Si vous allez relativement peu souvent en haute montagne, l'Aeroad sera fait pour vous. Il s'accommode de terrains plats à vallonnés plutôt facilement tant que l'on arrive à passer les bosses en force plutôt rapidement. D'où ma question de l'intérêt du freinage à disques. Les étriers à patins suffisent amplement de nos jours à freiner plus que correctement, même en montagne. Alors sur des terrains seulement vallonnés, les disques sont-ils une nécessité ?

L'Aeroad CF SLX est donc un excellent vélo pour qui roule principalement sur des terrains peu pentus mais pourra s'accommoder de quelques incursions en montagne avec les braquets et roues adaptées. Mais à mon avis, sans disques, on ne perdra pas grand chose en sécurité (sauf peut-être sous la pluie) et on gagnera un peu de dynamisme.

Bref, je reste à contre-courant de nombreux testeurs qui sont dithyrambiques concernant le freinage à disques, mais je maintiens ma position. A vous de vous faire un avis...