Présentation

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Le pneu Corsa est disponible en section de 23, 25 et 28mm. Annoncé respectivement à 235, 240 et 265g, j'ai en réalité pesé mes deux exemplaires de 25mm à 260g chacun.

La gamme de pneus, boyaux et tubeless bénéficiant de la technologie Graphene + Isotech sont livrés dans une boîte hexagonale spécifique du plus bel effet.

Au-delà de l'adjonction de Graphène dans la gomme, Vittoria reste fidèle au principe de boyau ouvert. Comprenez par là que le pneu Corsa utilise le même procédé de fabrication que le boyau, mais reste ouvert. Le pneu est fait main et bénéficie toujours d'une carcasse 100% coton. Conséquence, on a droit à des flancs beiges au look assez rétro. Des flancs renforcés avec du Kevlar.

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La bande de roulement du Corsa est composée de 14 fines rainures latérales (7 à gauche et 7 à droite) et 4 rainures plus larges en son centre.

La gomme 4C (pour 4 composants) est exclusivement développée par Vittoria grâce à un procédé de stratification qui utilise 4 composés séparés dans la bande de roulement. Ce processus 4C permet d'offrir une grande polyvalence avec des zones centrales et latérales différenciées permettant à la fois d'avoir un excellent grip, une faible résistance au roulement, gage de performances, une bonne durée de vie et une grande résistance à la perforation.

Pour ce qui est des mensurations, monté sur les Mavic CC40 (13mm de large entre crochets), les Corsa 25mm affichent à 7 bars 24.7mm.

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En revanche, sur des jantes plus larges comme les Bontrager Aeolus 5 TLR (19.5mm de large), le Corsa affiche un imposant 27.8mm !

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Sur les Bontrager Aeolus 5 TLR, ça donne une largeur assez impressionnante visuellement. Si vous avez des jantes larges, il faudra donc vérifier que votre vélo (fourche, bases et surtout étriers) peuvent accepter une telle section.

Les flancs beiges en coton donnent réellement l'impression que l'on est en présence de boyaux. Nombreux sont les cyclistes qui s'y sont trompés durant mes tests, persuadés qu'il s'agissait de boyaux.

En revanche, tous les cyclistes adeptes de ce coloris (ou pas, parfois, comme pour ces Vittoria, on n'a pas le choix), les flancs beiges sont plus salissants, notamment après roulage sous la pluie.

Technologie Graphène (G+ Isotech)

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Le Graphène est une mince feuille de carbone dont l'épaisseur ne dépasse par 1 atome. Un matériau très récent découvert en 2003 par Andre Geim et Konstantin Novoselov qui ont reçu le prix Nobel de physique en 2010 pour cette découverte.

Pour ses pneumatiques, Vittoria utilise une feuille de graphène (Graphène+), développée avec l'entreprise Directa+, qui mesure entre 2 et 8 atomes d'épaisseur.

Le graphène possède une résistance à la rupture 200 fois supérieure à celle de l'acier tout en étant 6 fois plus léger. Il est plus résistant que le diamant.

Pour être plus explicite, si le graphène était un film plastique alimentaire, il pourrait résister à une masse de deux tonnes concentrée sur la surface de la pointe d'un crayon.

Vittoria annonce que l'adjonction de graphène offre plus de grip sur le mouillé, une meilleure résistance à la perforation, une plus grande durée de vie, mais aussi une résistance au roulement plus faible.

D'après les mesures Vittoria, ce nouveau Corsa présente une résistance au roulement 19% moindre par rapport à l'ancien Corsa. Et le Corsa Speed atteint même 40% de diminution.

Vous pouvez consulter le test de rendement gamme Vittoria Graphene d'Alban Lorenzini pour des mesures plus poussées.

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Au montage, le pneu est légèrement raide à monter, mais sans non plus que cela devienne un enfer.

Tarifs

Côté tarifs, on reste dans le haut de gamme, voire très haut de gamme. Carcasse coton, fabrication main et technologie Graphene de pointe, forcément, tout cela a un prix.

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Les prix pratiqués sur Internet commencent déjà à montrer un grand décrochage du côté des pneus par rapport à cette grille.

Sur la route

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Comme dit plus haut, une fois montés, ces pneus offrent un look plutôt rétro avec leurs flancs beiges.

La pression recommandée se situe entre 6 et 10 bars. Pour ma part, avec mes 72kg, je me contente de 6.5 bars à l'arrière et 6 bars à l'avant.

Niveau confort, c'est bluffant. Les 25mm de section sont en général confortables, mais là, on est encore un cran au-dessus, même montés sur des Mavic CC40 (et donc seulement 24.7mm de section réelle).

Les aspérités de la route sont largement gommées et c'est encore plus vrai quand les pneus offrent près de 28mm de section sur les Bontrager Aeolus ! De quoi transformer le comportement d'un vélo.

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Pas de surprise côté grip, même sur route mouillée, ça accroche. On est loin de l'époque où les Vittoria Corsa CX étaient de véritables savonnettes sur route humide.

Je n'ai bien sûr pas poussé le test en virage pour tenter d'arriver aux limites d'adhérence, mais même sur des bandes blanches, le pneu procure une excellente accroche.

A aucun moment je n'ai senti les pneus se dérober. L'accroche semble donc bien au rendez-vous, faisant oublier les anciennes générations de Corsa CX, excellentes sur le sec mais presque dangereuses sur sol humide. Par contre, comme je le craignais plus haut, les flancs beiges n'apprécient pas le roulage sous la pluie et se salissent vite.

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En roulant, on se rapproche fortement de la sensation offerte par des pneus Véloflex ou des boyaux. Entre la sensation de confort et l'excellent roulage, même sans méthode scientifique, on ressent du mieux et la promesse d'un meilleur rendement semble bien présente.

Le test de rendement gamme Vittoria Graphene d'Alban Lorenzini le confirme.

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Côté usure et résistance à la perforation, rien à signaler. Après 1000km, les pneus semblent tout droit sortis de leur boîte. Aucune usure n'est à constater. Seuls les flancs sont légèrement marqués... mais ils n'ont pas été aidés par une chute survenue en groupe à 48km/h. Forcément, ça laisse des traces. Mais les flancs sont à peine râpés.

Par contre, l'autocollant présent sur le flanc commence à légèrement se décoller. Mais sans doute à cause du frottement contre le bitume.

Je n'ai pas hésité à malmener ces pneus, roulant parfois sur de mauvais chemins, sur les bas côtés jonchés de silex ou morceaux de branches, dans les trous... et malgré cela, aucune crevaison.

Là encore, statistiquement, ça ne veut pas dire grand chose. Mais le pneu n'est même pas marqué, ce qui semble promettre une bonne tenue dans le temps et une bonne résistance. Les prochains mois me le confirmeront si ce Corsa Graphène est "increvable".

Bilan

Voilà un pneu qui pourrait bien devenir un best-seller. Certes, à 54.90€ le pneu et 89.90€ le boyau, ce ne sont pas des enveloppes à la portée de toutes le bourses. Le confort est là, les performances, si l'on en croit les tests d'Alban Lorenzini et mes sensations sont aussi bien présentes.

Si la durée de vie est aussi de la partie et que ce pneu est quasi increvable, l'investissement en vaudra sans doute la peine. Gain de temps sur les crevaisons, sérénité sur les courses ou cyclosportives, voilà qui pourrait bien aider à sortir près de 140€ pour une paire de pneumatiques d'exception.

Retour dans quelques mois pour un verdict après essai longue durée.