Les boyaux pour les pros et les pneus pour les amateurs ? Sans doute que cette phrase appartient désormais au passé, puisqu'hier, Julian Alaphilippe avait opté pour des pneus Turbo Cotton de 26mm de section avec chambres à air latex.
Si depuis quelques années, les pneus sont utilisés sur certains contre-la-montre (Tony Martin avait ouvert la voie il y a presque 10 ans), sur route, les boyaux sont encore rois. Ou étaient rois... peut-être.
A défaut d'utiliser des tubeless, incompatibles avec les jantes Roval Alpinist CLX, ce sont donc des pneus avec chambre à air qui ont été les plus rapides hier sur la seconde étape du Tour de France.
En tous cas, pour Julian Alaphilippe, le choix des pneumatiques plutôt que des boyaux semble avoir été mûrement réfléchi, cette configuration se montrant plus rapide que toutes les autres.
Tarmac SL7 + Roval Alpinist CLX + pneus Turbo Cotton, une configuration que j'avais largement aimé lors de mon essai du S-Works Tarmac SL7.
Bien sûr, je n'avais ni la classe ni les qualités physiques de Julian, mais le Tarmac SL7 est encore plus facile en bosse avec ces roues, se montrant encore plus nerveux et polyvalent dans les bosses. Avec une étape présentant 4000m de dénivelé hier, on comprend ce choix.
Ricardo Scheidecker, Deceuninck - Directeur technique et développement Quick-Step (voir son interview ici) :
Nous savons à quel point les pneus Turbo Cotton sont rapides, de nombreux contre-la-montre ont été gagnés avec eux, grâce à leur faible résistance au roulement. Depuis notre camp en juin, nous testons le nouveau Tarmac SL7 avec ces pneus Turbo Cotton et les nouvelles roues Roval Rapide CLX et nos coureurs ont aimé la vitesse et la sensation de cette combinaison, encore plus que les boyaux. Aujourd'hui, Julian a prouvé à quel point cette combinaison est rapide sur la route.
Le S-Works Tarmac SL7 de Julian Alaphilippe

Son vélo est ici présenté avec les roues Roval Alpinist CLX (33mm de haut et 1250g) qui seront principalement utilisées pour la montagne, mais Julian alternera avec les Roval Rapide CLX de 51 et 60mm sur les étapes rapides.
Les Alpinist CLX sont ici présentées avec les tubeless Turbo Rapid’Air qui sont montés avec une chambre à air, puisque les Alpinist CLX ne sont pas compatibles tubeless.
C'est quasiment dans cette configuration que Julian Alaphilippe a remporté hier sa victoire à Nice, endossant par la même occasion le maillot jaune, puisqu'il utilisait des pneus Turbo Cotton de 26mm.
Le vélo est équipé d'une transmission Shimano Dura-Ace Di2 (53/39) avec cassette 11-30 ce qui permet de rouler avec une seule cassette pour toutes les étapes.
Les spécialistes noteront que les disques de freins ne sont pas des Dura-Ace, mais des modèles XTR. Ces derniers sont plus légers (10g de moins sur les 160mm), ce n'est pas grand chose, mais toujours quelques grammes de moins. Il semblerait que les disques XTR soient aussi moins sujets au voile.
Julian n'utilise pas le cintre Aerofly 2, lui préférant un cintre compact Pro Vibe Carbon. Mais malgré ce cintre, on le voit, l'intégration de la câblerie reste quasiment parfaite. Dans cette configuration, le vélo doit être quasiment à la limite UCI de 6.8kg.
Pour aujourd'hui, ruban de cintre jaune... et chaine jaune !
Crédits photos : Cyclingimages & Wout Beel & Pauline Ballet



























NB 14 lundi 31 août 2020, 13:09
Bonjour Guillaume, en effet il s'agit d'une "première" depuis de longues années, il s'agit aussi de jantes à disques, qui n'entrainent pas les mêmes contraintes que sur une jante à patins.Peut-être que les manufacturiers ont orientés leur recherche aussi sur les pneus ces dernières années..Il serait intéressant de comparer le même montage entre une jante patins et disques de ROVAL.
Loic Perrier lundi 31 août 2020, 13:16
Avec le partenariat avec PRO pas possible de monter autre chose. Pneus ? Julian préfère le boyaux il se peux que ce soit des jantes boyaux. Des roues sont fait à façon par les constructeur. De même pour les boyaux.
6.8kg ? j ai le même montage SL7 avec des jantes plus light que les alpinistes en 54 poids 7.2kg. Juju avec un 52 il ne doit pas être à moins de 7kg.
J en saurais vite plus. Merci pour le site qui est super.
Tarin lundi 31 août 2020, 13:25
Specialized a tendance à être très optimiste sur le poids pour dire les choses gentiment !
bruno haemers lundi 31 août 2020, 15:07
Et pourquoi aujoursd'hui il est de nouveau sur des roues CLX50 en boyaux???
tguillaume lundi 31 août 2020, 15:11
Comme dit dans l'article précédent sur le vélo de Peter Sagan, les roues Roval Alpinist et Rapide existent également en boyaux mais ne sont pas encore commercialisées...
Ici sur les photos je ne vois aucune "preuve" que c'est bien un pneu... mais je peux me tromper :-)
Florian lundi 31 août 2020, 18:01
Le SL7 de Sagan a été pesé à 7.29 kg (GCN Italia). Donc avec les Alpinist CLX (-150 gr), le vélo de Julian reste au dessus de 7.1 kg je confirme.J'ai récupéré samedi mon SL7 T52 déco orange, et quelle déception sur le poids. Annoncé à 820 grammes, mon cadre pèse 952 grammes (sans vis porte bidon, ni serrage de selle, avec pattes dérailleurs). Le kit complet avec tige de selle pèse 75 grammes de plus que mon SL6 rouge. En plus, la potence est plus lourde aussi de 40 grammes. J'espère que le gain aéro et la qualité de roulage va vraiment me faire oublier ces mauvais chiffres.
Loic Perrier lundi 31 août 2020, 18:24
Je vous confirme boyaux chez DQS de source TRES sur.
Robidelarouz lundi 31 août 2020, 21:12
Quel dommage que Specialized ne produisent pas leurs roues en tubeless. Il est temps d'arrêter cette technologie archaïque alors que le tubeless offre plus de légèreté de rendement de confort et de sécurité avec un taux de crevaison proche de zéro.
Socca nicois lundi 31 août 2020, 23:20
Bon aller admettons qu'il est été bien en pneus. Ces pneus sont ils vraiment meilleur que des vittoria corsa 2.0 graphème. En tout cas le poids de 220 gr est bien identique au turbo coton. Si quelqu'un peut me donner son avis.
Rom mardi 1 septembre 2020, 03:26
Pour Roval il était à pneus ils ont confirmé aussi.
benji mardi 1 septembre 2020, 06:53
Il gagne au sprint avec des roues à profil bas, ce qui tent a montrer les diverses résultats que l'on peut lire de-ci delà sur le gains quasi inexistant des profils haut .
J'ai entendu dire que le directeur technique qui a gérer cette nouvelle gamme de roue avait été remercié chez roval après leur mise en commerce car la gamme n'était pas Tubeless compatible .
@Florian, tu ne dois pas te focaliser uniquement sur le poids supplémentaire...
La fibre et sa disposition est tellement importante sur le cadre/périphérique, même si tu as une prise potentiel de poids sur cet ensemble tu as sûrement un net gain sur la rigidité/confort et j'en passe ...
Seul tes prochaines sorties pourront te le confirmer ...
Ou non !
Tarin mardi 1 septembre 2020, 08:25
@benji
Ok mais quand tu payes 4000 euros le cadre et que tu te prends 15% de poids supplémentaires il y a de quoi se sentir floué
Cycliste pas dupe mardi 1 septembre 2020, 09:54
Je suis un passionné de cyclisme et de matériel, mais les produits mis sur le marché et le discours marketing qui les accompagne sont de plus en plus ridicules.
On nous présente chaque nouveauté comme le dernier graal absolu dans la recherche de la performance ultime. S’il les constructeurs sont en recherche de performance, c’est avant tout de leur propre performance économique.
Le marché du cycle est en croissance ces dernières années, mais cette croissance globale cache de fortes disparités entre les pratiques. En effet, le marché du vélo électrique explose, celui du VTT se maintient mais celui de la route est en décroissance. Qu’on le veuille ou non le vélo de route n’attire plus les jeunes et le nombre de pratiquant baisse. De plus même en relatif dans ce marché, le vélo de route représente une part très faible. De source sûre, je sais que la route représente 5 à 7% du chiffre d’affaires de Giant.
Une fois ce panorama posé, quelles solutions s’offrent aux fabricants pour conserver ou augmenter leurs bénéfices ?
Augmenter les prix : Si le nombre de vélos vendus diminuent, il suffit d’augmenter le prix moyen pour conserver le même chiffre d’affaires. L’augmentation des prix d’environ 5% par an, c’est bien ce qui est constaté.
Accélérer le renouvellement du parc : Pour cela, il faut susciter le désir avec de la nouveauté. Qu’on l’accepte ou non, les vélos actuels sont déjà très aboutis et les améliorations potentielles ne sont que marginales. Les dernières révolutions sont l’arrivée du carbone, changement de vitesses au guidon et pédales automatiques tout le reste n’est que de l’amélioration marginale. Intéressante mais marginale.
Bref on le voit les grandes évolutions sont trop lentes pour justifier obtenir le taux de renouvellement souhaité par le marché. Le marché veut vous vendre un vélo tout les 3ans (durée de vie d’un modèle) alors que dans la pratique, il me semble qu’un changement de vélo tous les 5 à 7ans peut se justifier sur des critères techniques objectifs.
Juste pour mémoire :
- Boitiers de pédalier à roulements pressés : Il y a 10 ans, les boitiers pressés étaient présentés comme la révolution ultime. Aujourd’hui tous les constructeurs vont marche arrière car les gains obtenus sont insignifiants par rapport aux embêtements mécaniques. Même Specialized remet un bon vieux BSA sur son SL7 ultra moderne. Pinarello quant à eux n’ont jamais cédé à la mode.
- Freins sous bases : je ne me souviens plus de l’argumentaire commercial, mais à l’époque c’était le graal. Deux ans après tous les constructeurs l’avaient abandonné.
- Les vélos aéro : Pour vendre plus de vélos, on a expliqué qu’il fallait un vélo spécifique pour faire du plat, un autre pour la montagne et encore un autre pour les longues sorties en endurance. Aujourd’hui, on arrête petit à petit les vélos Aero car les volumes ne décollent pas et que gérer une gamme supplémentaire est couteux.
- Les pneu et boyaux : les chiffres parlent d’eux même, les pneus haut de gamme ont un meilleur rendement que les boyaux. Cela justifie leur utilisation en contre la montre. Lors d’une course en ligne, on préfèrera un rendement inférieur, mais un confort supplémentaire et la possibilité de rouler à plat lors d’une crevaison en attendant la voiture (valverde le 30 Aout 2020 sur le tdf). Specialized n’a pas encore de version boyau de ses nouvelles roues. Ils font rouler leur équipe et quand un coureur gagne on attribue le succès aux pneus.
- Les disques : ils apportent une amélioration considérable du freinage c’est indéniable. Cependant ils induisent de nombreux compromis : vélo plus lourd de 400/500gr, cadre moins réactifs, obligation de pneus plus larges etc…. Tout est histoire de compromis, mais encore une fois c’est le côté économique qui l’emporte sur la performance technique. La preuve tout les prétendant à la victoire du tdf sont en patins, preuve que l’amélioration du freinage ne contre balance pas les inconvénients. On comprendra ce choix lorsqu’un ineos dépannera Bernal en lui donnant sa roue au milieu d’un col….
Mais ce qui compte c’est de vendre des vélos et de renouveler le parc, les pros ne sont que des objets publicitaires après tout….
Marc mardi 1 septembre 2020, 11:27
Je suis assez d'accord avec toi "Cycliste pas dupe", je rajoute quand même une donnée: un passionné aime le beau matériel.
Donc un passionné (comme moi) changera de vélo tous les 3 ans en moyenne parce qu'il aime le "neuf". Ce qui ne m'empêche pas de refuser les freins à disques et les passages de vitesses électriques sur mon nouveau vélo, sans oublier les gros compteurs GPS qui ne me servent à rien et qui coutent une fortune. Un compteur normal à 30 euros avec une pile que je change une fois par an me suffit amplement!
Marc mardi 1 septembre 2020, 11:33
Je rajoute quand même une réflexion à mes précédents propos. Le gros compteur GPS est indispensable au compétiteur de bon niveau qui s'entraine avec un capteur de puissance, pour les autres non pas vraiment...
GillesF78 mardi 1 septembre 2020, 12:47
De toutes manières, il est tellement fort qu'il aurait quand même gagné avec des Mavic Aksium :-P
Vouic mardi 1 septembre 2020, 21:42
Au contraire du commentaire num 8 je ne trouve pas le boyaux archaïque. Je ai des tubeless à l entrainement et en cas de crevaison avec le liquide ce n est pas pratique.
Le boyau même s il rend moins on peut le sous gonfler et c est très confortable pour ma part et je ne parle pzs en cas de crevaison en course, on peut encore rouler.
Tout est fait pour faire du fric c est sur. Tel marque va venter son truc. Je suis d accord avec le commentaire 13.
Rom commentaire 10 : roval a dit pneu mais ils sont t en boyaux. Comme la plupart des équipes. Dt par exemple a du produire des roues pour certaines équipe sur le tour malgré que cette marque pousse pour le tubeless.
Vive les Auvergnats du tour .
lululenantais mardi 1 septembre 2020, 22:25
Encore un article sur le Tarmac SL7 ! . Sa promo sera passée presque en même temps dans tous les magasines et les sites web cyclisme. A défaut de produire les meilleurs vélos, Specialized est sans doute le meilleur en matière de matraquage marketing.
Pour le reste, je partage, en gros, les avis de Florian, Tarin, cycliste pas dupe, Marc..que je salue.
Passionné comme vous , je déplore que, pour nous vendre à tout prix des vélos ou des roues et accessoires, les gros constructeurs font passer dans la presse une promotion de leurs produits à la limite du mensonge lorsqu'ils nous annoncent des poids mensongers, des bénéfices "aéro" invérifiables, des améliorations de la sécurité avec les disques ( alors que les pros reprennent leurs freins à patins), les "plus" apportés par les grosses roues et les gros pneus, alors que les pros et les pistards ( voir le dernier LOTUS) ont des roues à boyaux très fins (lire les articles de F.GRAPPE sur la résistance frontale)..etc, etc...Je finis par avoir des doutes sur l'honnêteté des journalistes vélos.
Je sais bien qu'il faut que les constructeurs gagnent de l'argent, que le monde change, que les petits marchands-réparateurs de vélos n'ont pas beaucoup le choix ( adhérer à SHIMANO ou un grand fabricant ou disparaitre ), mais cette sensation d'être pris pour un gogo-payeur commence à me lasser.
Petit coureur vétéran, je suis comme tous à la recherche d'un vélo qui serait supérieur à mon précédent : plus léger, plus roulant, plus joli même,...mais on me propose des vélos plus chers et plus lourds, et qui m'obligeraient à jeter une partie de mes pièces de rechange..
Résultat : Comme d'autres, un peu dégouté par ces changements techniques incessants non justifiés, j'ai acheté mon dernier vélo d'occasion sur un site bien connu. Un superbe COLNAGO C59 vert Europcar avec des roues bora boyaux. Et il avance ! Il était bon pour VOECKLER , il est bon pour moi aussi. En alternance avec mon look, selon les circuits, je coure avec et je ne suis pas déçu. Que du plaisir...
Et si mon marchand de vélo (sponsorisé par SHIMANO ) continue à me dire que cela va devenir difficile pour lui de me trouver des pièces campagnolo, des cales look, des roues à patins, ou autres...je vais me tourner vers internet..
jacfon mercredi 2 septembre 2020, 12:37
salut à tous
en parallèle à cette discussion de pneu/boyau, j'aimerai ouvrir la discussion sur le bienfait des freins à disques quand on voit les dégats de l'étape de samedi sur un route "huileuse":
les marques nous disent: les freins à disques, ça freine mieux et c'est plus sécurisant.
on vient d'en voir la triste démonstration lors de la 1ere étape lol !
en fait, les disques, ça freine plus fort et surtout de l'arrière également ! et c'est bien ça le problème car on se retrouve avec le vrai problème de l'adhérence de nos pneus/tubeless et boyaux : ça freine trop fort pour les sections employées. en plus de l'avant qui se dérobe, les coureurs commencent comme on l'a vu sur certaines vidéo, à chasser de l'arrière !
génial non !
je suis prêt à parier que s'ils avaient été tous en patins, il y aurait eu moins de chutes !
ils ont, pour moi, fauté par excès de confiance sur leur disques. peut être pas assez habitués pour certains ?
le disque, pour moi, n'est valable que pour des grosses sections de pneu (largement au delà de 28).
restez prudents !
grichka mercredi 2 septembre 2020, 14:35
@ jacfon : ne paries pas, tu vas perdre. Je ne suis pas fan des disques. Mais samedi patins ou disques ils étaient tous à la même enseigne avec ce phénomène de "verglas d'été". même sur la moto ils avaient du mal à rester en équilibre
Alma jeudi 3 septembre 2020, 20:27
Jacfon; Tu en parleras à Cosnefroy...il fait un soleil en freinant trop fort avec des freins patins...blocage de roue avant. Chose qui n'arrivera jamais avec des disques.
Quant à l'étape de samedi, les disques n'ont rien à voir dans le festival de chutes...le verglas d'été tu ne peux rien faire, disques ou pas disques.
Vouic dimanche 18 octobre 2020, 14:38
Un petit mėa culpa par rapport à un de mes commentaires. Il y a bien eu du tubeless sur le tour mais monté avec des chambres air car il y a des problèmes de fuite.