Présentation
Dérivé de l'Axxome 350 et fabriqué à base de fibres Toray HM T800 et de renforts en fibre 3K M40, cet Axxome 350 Disc bénéficie d'un triangle arrière qui reprend le concept CCT (Continuous Carbon Tubing), triangle qui a été renforcé afin de faire face aux contraintes du freinage à disques. Idem du côté de la fourche, renforcée de feuilles 3KM40 au niveau du té de fixation de l'étrier

Origine a fait le choix du système de fixation Postmount et les durites cheminent dans le cadre et la fourche. En revanche, point d'axe traversant, la marque française a préféré rester sur des blocages rapides traditionnels. Conséquence au niveau de la roue avant, il est conseillé de mettre le levier du blocage rapide à droite (côté opposé à l'étrier) et non à gauche comme cela se fait habituellement.


Les disques sont en diamètre de 140mm, que ce soit à l'avant ou à l'arrière. Un système de freinage Shimano RS785 qui bénéficie de rotors avec ICE TECHNOLOGIES et des plaquettes de frein à ailettes pour améliorer le refroidissement.
Cet Axxome Disque affiche seulement 120g de plus que l'Axxome 350, ce qui porte son poids à 910g en taille XS et 460g pour la fourche.
On notera un gros travail du côté du hauban droit pour laisser la place au disque.
La finition reste excellente avec une jolie peinture appliquée en France. Seule critique à émettre côté finition, c'est l'absence d'oeillets plastique au niveau de l'entrée de la durite du frein avant sur le haut de la fourche.
On le voit sur cette photo, celle-ci est légèrement abîmée après transport en voiture. Un point qui mériterait d'être revu.
Equipement

Le modèle testé était royalement équipé avec un groupe Dura Ace Di2, des roues Mavic Cosmic Pro Carbon SL T Disc boyaux et des périphériques Ritchey carbone.
Le tout pour un tarif de 5962€ et un poids mesuré à seulement 7kg tout rond, sans pédales ni porte-bidons. Cela reste une belle performance pour un vélo équipé de ce système de freinage. Origine Cycles reste donc fidèle à sa réputation avec un vélo ultra-léger.
Le groupe Dura-Ace est complet, mais fait appel à des poignées de freins hors groupe ST-R785 pour freins hydrauliques et commande des dérailleurs électroniques Di2. Des poignées au design plus massif en raison de la présence d'un maître cylindre dans le corps des poignées.



Des poignées surtout plus hautes, puisque le levier conserve lui une forme traditionnelle. Vu comme ça, ça choque tout de même légèrement. Mais une fois sur le vélo, on n'y prête pas plus attention que ça. Seule la prise en main en position aéro, mains sur le haut des cocottes, pourra être plus difficile à cause de cette proéminence.
Un problème qui n'existe plus sur le Dura-Ace 9100 puisque sur ce dernier, les poignées hydrauliques ont exactement le même format que les autres.
Passé cette critique esthétique, le premier toucher pour freiner se fait tout en souplesse. La magie du freinage hydraulique avec un levier encore plus souple que sur les versions mécaniques.

Côté roues, on a aussi droit au must des roues à disques avec les Ksyrium Pro Carbon SL à boyaux. Des roues à 2200€ (prix public) et seulement 1320g sur la balance. La jante d'une hauteur de 25 mm devrait être polyvalente et ne pas trop offrir de prise au vent.
La paire est composée de 24 rayons à l'avant et à l'arrière pour une parfaite distribution du freinage. Moyeu avant convertible d'un blocage rapide à un axe traversant 12 ou 15 mm (avec adaptateurs optionnels) et moyeu arrière convertible d'un blocage rapide à un axe traversant 12x142 (avec adaptateurs optionnels). Enfin, ces roues bénéficient du nouveau système de roue libre Instant Drive 360 plus léger et procure un embrayage ultra-rapide avec un point d’engagement tous les 9°.
Sur la route

L'Axxome 350 conserve les atouts de ses prédecesseurs. Un vélo léger mais aussi confortable qui se laisse dompter sur tous les terrains. Plat, bosses, descentes, tout semble lui convenir avec facilité.
Sa faible masse et la faible inertie de ses roues le rendent très réactif sur les relances ou les démarrages en force. En revanche, la roue-libre Mavic est bruyante. Vous pourrez le constater dans les vidéos plus bas.
Il reste très précis à haute vitesse. Et son confort est appréciable, surtout quand on dépasse les 3 heures de selle. J'ai dépassé les 5h de route à son guidon sans douleurs particulières hormis celles aux jambes (et oui, pas encore parfait, cet Axxome ne vous empêchera pas de souffrir dans les cols !).
Justement, en parlant de cols ! Voilà un domaine qui m'aura permis de pousser les freins à disques dans leurs retranchements. Commençons par la montée, car oui, il faut toujours monter avant de descendre malheureusement pour moi.
Pas de bruit suspect durant les longues heures de montées. Les plaquettes ne viennent pas lécher les disques ou en tous cas, si elles touchent, c'est inaudible. Moi qui déteste les bruits parasites, aucune critique de ce côté-là. En revanche, en lançant à vide la roue, elle tourne un peu moins librement que ne le ferait une roue avec freins à patins. Preuve que les plaquettes touchent très légèrement.
Ce n'est pas grand chose, mais ceux qui recherchent le moindre watt de gain ne seront pas satisfaits.

A l'occasion d'un séjour organisé dans les Pyrénées par Bike Basque, j'ai pu profiter des descentes de la Hourquette d'Ancizan, l'Aspin, le Tourmalet, l'Aubisque et le Soulor pour faire chauffer les disques.
Connaissant toutes les descentes et ayant toujours été bon descendeur, j'ai pu m'en donner à coeur joie. Et même si je n'ai effectué que des descentes sur le sec, mon avis a changé par rapport à mon premier test de vélo avec freins à disques. Car oui, c'est efficace. Sur le sec, à peine mieux qu'avec de bon étriers type Dura-Ace avec de bons patins et des jantes alu.


En revanche, par rapport à des roues carbone, il n'y a pas photo. Le freinage est clairement plus mordant. Mais au-delà des performances, passé le temps d'adaptation nécessaire suite au passage de freins à câbles vers les freins à disques hydrauliques, c'est surtout la modularité du freinage qui est à mettre en avant.
On dose nettement mieux ses freinages et on obtient une plus grande puissance de freinage en forçant au final moins au niveau des mains. Au bout de plusieurs dizaines de kilomètres avec des épingles successives, c'est un régal. Ce doit l'être aussi quand on a vraiment froid aux doigts.
Côté endurance, je n'ai pas noté de faiblesse même après de longues descentes où le disque a réellement beaucoup chauffé. Ca sentait le brûlé (plaquettes organiques) en bas, impossible de toucher le disque tant il était chaud, mais point de diminution des performances.
Pour ceux qui auraient peur du bruit, je n'ai entendu du bruit que sur deux freinages durant plus de 500km d'essais.
Par contre, les disques offrent une prise au vent latéral supplémentaire, c'est indéniable. Malgré des jantes de seulement 25mm de haut, j'ai clairement ressenti le vent latéral dans les descentes ou les vallées. Une fois de plus, rien de dangereux, mais on se retrouve à peu près avec la même prise au vent latérale qu'avec des jantes de 10/15mm de plus.
Sous la pluie

Voilà un domaine où la suprématie du disque est évidente par rapport à un freinage à patins, que ce soit sur jante carbone ou alu.
Le freinage est immédiat et puissant. Pas besoin d'attendre que la surface de freinage soit séchée par le frottement des patins. Même si le premier tour de disque est moins mordant qu'avec un disque sec, ça freine tout de même très bien. Et il faut vraiment de la grosse pluie pour que le disque soit trempé.
Finalement, la seule limite devient le pneumatique, qui devra encaisser la puissance de freinage sur un sol glissant. Plus que jamais, il faudra donc être très progressif dans son freinage et éviter les bandes blanches. Avec des boyaux en 25mm, ça passe sans problème.
Une fois habitué, pas de danger particulier, on ne bloque pas plus la roue que d'habitude. Le seul problème pourrait venir du cycliste ayant deux vélo, un en disques et l'autre avec patins. Passer de l'un à l'autre demandera régulièrement un temps d'adaptation.
Freinage d'urgence !
J'ai involontairement pu tester un freinage d'urgence en raison d'un cycliste qui a tourné brusquement devant moi sans raison et sans se signaler alors que j'étais à près de 45km/h. Pas de chute, une grosse frayeur et un gros blocage de la roue arrière. Donc, rien de différent par rapport à ce qui serait sans doute arrivé avec des freins à patins.
Les limites du blocage rapide

A plusieurs reprises, je suis arrivé aux limites du système à blocage rapide avant.
En effet, combiné aux disques, cela manque de rigidité sur les plus gros freinages. Malgré le levier du serrage parfaitement serré, il m'est arrivé que le blocage bouge légèrement et décale la roue de quelques millimètres. Rien de dangereux, la roue revenant dans son axe naturel dès que je relançais en danseuse, mais toujours assez désagréable, car cela provoque un léger bruit sur le freinage et une petite secousse quand la roue se remet en place.
Certes, il s'agissait de gros freinages appuyés et volontaires, mais on comprend pourquoi les axes traversants sont souvent de rigueur sur les vélos équipés de freins à disques.
L'Axxome 350 Disc n'en est pas pour autant dangereux, il faut juste le savoir.
Bilan matériel après le séjour montagne
Voici quelques photos réalisées après les plus de 500km d'essai dont 300km de montagne et 6000m de dénivelé. Pas d'usure anormale à constater. Seules les plaquettes organiques sont légèrement marquées et devraient connaître une endurance moindre par rapport à des patins.
Bilan de l'Axxome 350 Disc
Du côté du vélo, rien à redire, l'Axxome 350 reste dans la même veine que les Axxome 250 ou RS TexTreme. Léger et confortable, il se révèle hyper polyvalent. Son poids est un réel atout et les finitions sont bonnes.
Si dans cette version testée, le vélo atteint près de 6000€, il est tout à fait possible d'opter pour une configuration moins extrême sur bas de groupe Ultegra mécanique avec roues Ksyrium Pro Disque pour à peine plus de 3000€ et seulement 7.5kg.
Et les disques ?
Est-ce fait pour tout le monde ? Non. A mon avis, pour des parcours plats et pour les coursiers, ce n'est franchement pas utile. Deux raisons à cela, la puissance de freinage suffisante sur le plat avec des patins, mais aussi l'absence de frottements des patins sur la roue (sauf roue très voilée). Car même si le frottement des plaquettes sur les disques est inaudible, il est légèrement présent, ce qui pourrait contrarier les cyclistes désireux de ne pas gaspiller le moindre watt.
Pour les cyclosportifs ou cyclotouristes, là, je serais tenté de dire oui. Car ces derniers pourraient avoir à affronter la pluie sur des cyclosportives ou randonnées en montagne. Là, clairement, le disque est un plus, surtout pour les plus de 75kg. Et investir dans des roues carbone légères devient moins risqué puisque les jantes carbone n'auront pas à subir les frottements d'un patin. Plus d'usure du carbone ni de chauffe de ce dernier. Les jantes carbone à pneu (ou tubeless) deviennent réellement sans risques.
Par contre, ne comptez pas sur les disques pour faire de vous un meilleur descendeur !
Bonus vidéos
Grâce à ma caméra Cycliq Fly12, j'ai pu filmer quelques-une de mes descentes lors de mon séjour dans les Pyrénées. Pas de quoi se rendre compte de l'efficacité du freinage, mais vous pourrez vous rendre compte de mon engagement dans les descentes, et surtout, profiter des paysages !
Descente du Tourmalet
Descente de l'Aubisque
Descente du Soulor











































Claude mardi 4 octobre 2016, 11:39
Hors sujet avec cet article: ce vélo est magnifique.
dudu99 mardi 4 octobre 2016, 13:27
bonjour; Dommage de monter des axes de 9 sur ce type de velo a disque car une rigidite sympose la concurence monte des axes de 12 avant et arriere sans option. Le prix n'est pas tres attractif a 6000 e vous avez des velos avec di2 9100de 2017 et pas de montage hors groupe a 7200 mais sans avoir eu sa petite remise habituelle que va vous faire votre velociste maison .
vincent mardi 4 octobre 2016, 15:42
Merci Guillaume pour ce test ultra complet comme d habitude...
Bruno mardi 4 octobre 2016, 19:59
Très bon article, détaillé et qui monte bien l'intérêt des disques pour les roule-toujours.
Une question : l'Axxome 350 accepte-t-il des pneus en 28 ?
grichka mardi 4 octobre 2016, 21:06
Salut Guillaume,
une question par rapport à ce que tu avais rapporté d'un pro au sujet de l'endurance et la durée de vie des plaquettes sur une étape de montagne. Pense tu après ce test avec plusieurs cols que l'on puisse faire une EDT ou une traversée Pyrénées ou Alpes avec un jeu de plaquettes?
Merci ;-)
mica mercredi 5 octobre 2016, 09:22
le prix est pas très intéressent comme dit dudu99 avec une remise d'un vélociste on peut avoir un vélo dans ces tarifs la. Et puis en cas de panne c'est plus simple.
Pour ce qui est des pyrénées j'ai été deux fois. Le seul col qui est a la hauteur des alpes c'est l'hautacam. Trop de ligne droite dans les cols pas besoin de freiner enormément.
Guillaume [Matos Vélo] mercredi 5 octobre 2016, 09:43
grichka, je pense que les plaquettes peuvent tenir une traversée, mais pas beaucoup plus en fonction des conditions.
mica, pas sûr que tu ais fait tous les cols des Pyrénées. Soulor, obligé de pas mal freiner, idem pour Pailhères (ps côté Ax, l'autre). De même sur les 6 premiers kilomètres du Tourmalet. Ensuite, je connais pas mal de cols dans les Pyrénées où tu dépasses rarement 65km/h tant il faut freiner.
Charles mercredi 5 octobre 2016, 11:22
@Grichka :
pas de problème pour les plaquettes metalliques. Si j'ai bien lu, Guillaume a utilisé des plaquettes organiques (plus faible durée de vie). Les plaquettes metalliques sont beaucoup plus endurantes.
J'utilise un vélo disques avec disques de 160mm et plaquettes métal pour faire beaucoup de montées (et donc descentes), depuis 6mois maintenant et mes plaquettes sont en très bon état.
haravis mercredi 5 octobre 2016, 23:57
@Bruno, j'avais posé la question à Origine, ils m'avaient répondu que
dom63 jeudi 6 octobre 2016, 12:08
un article sympa qui démontre bien l’intérêt d’un vélo équiper disque pour le cyclotouriste que je suis , on voie de plus en plus de vélo route avec , reste plus qu'à attendre que les tarifs soit plus raisonnables , ce qui devrais ce faire contenue de la demande croissante pour ce type d'équipement .
Laucha dimanche 9 octobre 2016, 08:32
Ton essai vélo est intéressant et tu prends position sur les freins à disques, c'est bien (moi, c'est avec : cylotour + poids).
J'aimerais te dire pourtant que ta descente du Tourmalet (on est dans la descente avec toi, la trajectoire, le virage que l'on connait, ..), c'est vraiment bien. sauf que les pubs (beurk). Beurk and beurk. J'ai arrêté la vidéo.
chris7531 vendredi 24 février 2017, 11:11
Bonjour,
Je me décide à faire l'acquisition d'un Origine. Cependant, j'en suis toujours à me demander quelle version 250 ou 350 me conviendrait. Je ne vois pas très bien la différence, car sur le site Origine , le 350 semble plus destiné aux cyclosportifs-coursier que le 250, pourtant d'après tous les témoignages sur le même site les 2 versions semblent destinées à la même utilisation. Il est difficile de savoir quel est le plus confortable et donc le moins exigeant tout en ayant du rendement. J'ai l'impression quand même que le 250 me correspondrait mieux mais le 350 semble supérieur et me plairait plus.Avec mon profil de 53 ans, fragile des lombaires , participant aux cyclos fsgt 31 les dimanches matins soit des parcours de 80-100 km à 29-31km/h de moyenne (déniv variant de 500 à 1000m), 1 ou 2 cyclosportives montagnarde/ an, quel modèle vous semble t'il est le mieux approprié ?
Merci
Guillaume [Matos Vélo] vendredi 24 février 2017, 13:03
Vu votre profil, les deux sont adaptés. Mais le 350 vous ira sans doute un peu mieux vu vos moyennes.