Présentation
Ce nouveau 35 mm n'est disponible qu'en flancs noirs classiques.
Sur le plan technologique, le GP5000 S TR 35 mm reprend l'ensemble des solutions maison bien connues. La carcasse est construite sur deux couches de 110 TPI chacune, formant un ensemble à 220 TPI sous la bande de roulement, et trois couches à 330 TPI au niveau des flancs, ce qui améliore de 28 % la protection des parois latérales par rapport à la génération précédente.
La gomme employée est le composé BlackChili, spécifique à la pratique sur route, qui cherche à concilier faible résistance au roulement et adhérence de qualité. On retrouve également le Vectran Breaker en guise de ceinture anti-crevaison, une fibre synthétique à cristaux liquides offrant une résistance à la déchirure élevée pour un poids contenu. L'Active Comfort Technology (ACT) intégrée à la structure de carcasse vise quant à elle à absorber les vibrations directement au niveau de la zone de contact avec la route. Enfin, le profil Lazer Grip, une microstructure laser découpée dans la gomme d'épaule, améliore l'accroche en virage.
La compatibilité avec les jantes hookless est assurée, avec une pression maximale limitée à 5,0 bars dans ce cas. Avec des jantes à crochets, la pression maximale n'est pas communiquée par Continental pour le 35 mm spécifiquement, mais le modèle 32 mm autorise 5,0 bars, ce qui laisse présager une limite similaire.
Le montage tubeless ready implique l'utilisation de liquide préventif, Continental recommandant au minimum 30 ml de Conti RevoSealant par pneu pour débuter. Mais sincèrement, pour être tranquille, mieux vaudra partir sur 50 ml quasiment vu le volume, comme préconisé par ce calculateur de quantité idéale de liquide préventif tubeless vélo route, gravel et VTT.
L'exemplaire pesé sur ma balance affiche 362 grammes, ce qui est une fourchette acceptable pour un pneumatique à tringle souple de ce gabarit. À titre de comparaison, le GP5000 S TR en 32 mm est annoncé à 318 grammes environ. Le saut de masse entre un 28 mm et ce 35 mm dépasse les 80 grammes par pneu, soit un surpoids d'environ 170 grammes pour une paire, auquel il faut ajouter un volume de liquide préventif légèrement supérieur (on passe de 80ml à 100 ml environ par paire).
Le prix conseillé du GP5000 S TR est de 91,95 euros l'unité, le 35 mm devrait se positionner à un tarif comparable, voire légèrement supérieur à celui des sections plus étroites en raison de la quantité de matière accrue.
Sur la route
Monté sur des roues Zipp 353 NSW de 25 mm de largeur interne, le GP5000 S TR 35 mm s'installe sans difficulté particulière avec une pompe traditionnelle, à condition de bien répartir le sealant avant de gonfler.
La première impression est celle d'un pneu très généreux en volume, formant un gros ballon. J'ai mesuré en réel 37.5 mm, attention donc, ça ne passera pas sur tous les vélos. Mais pas de souci sur mon Origine Axxome GTR donné pourtant pour une monte pneumatiques de 35 mm maximum.
Bien sûr, il faudra dans ce cas faire plus attention si on vient à rouler dans du gravier qui pourrait rester collé sur les pneus.
Au roulage, le gain de confort par rapport aux sections plus étroites est immédiatement perceptible. Bien sûr, il faudra avant tout adapter la pression, qu'il faut diminuer sensiblement (voir mon Calculateur de pression des pneus vélo route et gravel), aux alentours de 2.6 bars à l'avant et 3,0 bars à l'arrière pour un gabarit de 73 kg, ce qui permet d'amortir efficacement les aspérités, les joints de chaussée et les revêtements dégradés sans pour autant compromettre le dynamisme.
Le comportement en virage est précis et rassurant, le profil légèrement arrondi de la bande de roulement autorisant une mise sur l'angle progressive. Le Lazer Grip en épaule fait son travail sans effet de surprise dans les passages plus engagés.
La résistance au roulement est l'un des atouts majeurs de ce pneu dans sa catégorie. Les mesures effectuées par Bicycle Rolling Resistance placent le GP5000 S TR 35 mm à 11,4 watts de résistance au roulement en conditions de test, ce qui en fait le pneu le plus véloce en gravel, devant le GP5000 S TR 32 mm (12,8 W) et le Pirelli P Zero Race TLR RS 35 mm (13,6 W).
Même en le comparant à des modèles route, il se situe au niveau des Hutchinson Blackbird Race TLR 28 (11,4 W), Vittoria Corsa Pro TLR 26 (11,4 W).
Concrètement, on note un roulement fluide et peu résistant dès les premières sorties, bien meilleur que ce que son volume pourrait laisser penser, confirmant que Continental n'a pas sacrifié l'efficacité sur l'autel du confort.
Par temps sec, l'adhérence est franche et le comportement prévisible. Par temps humide, le compound BlackChili offre une accroche suffisante pour rouler avec confiance, même sur revêtement mouillé, la texturation Lazer Grip conservant son efficacité dans ces conditions. La protection anti-crevaison est sérieuse, je n'ai eu à noter aucune crevaison durant cet essai et il y a fort à parier que la durée de vie de la bande de roulement soit à la hauteur de la réputation des versions 28 et 32 mm, laissant présager une bonne longévité.
Un point de vigilance mérite d'être soulevé : la compatibilité avec le parc de vélos existant. Nombreux sont les cadres route aux dégagements limités à 32 ou 33 mm, et ce 35 mm ne trouvera pas sa place sur toutes les montures. Les vélos d'endurance récents, avec typiquement 35 mm de dégagement, sont les candidats naturels, mais les vélos de course purs resteront souvent incompatibles. Et comme indiqué, en fonction de la largeur de la jante, le pneu pourra allègrement dépasser ces 35 mm effectifs.
Des velléités gravel ?
Non, le Continental Grand Prix 5000 S TR n'est pas un pneu gravel à proprement parler, mais sa section de 35 mm pourra vous permettre sans problème de quitter les beaux bitumes pour des chemins blancs par exemple ou des chemins en terre compacte, du moment que le terrain reste sec.
Il ne pourra par affronter des chemins avec du sable ou boueux en raison de l'absence de crampons, ni des terrains avec de trop gros cailloux acérés, cela reste une base de pneus route, mais il s'avère plus polyvalent qu'un vrai pneu route étroit et vous ouvrira d'autres perspectives sans bitume sans aucun problème. Un véritable pneu all-road !
Bilan
Le Continental Grand Prix 5000 S TR en 35 mm est une évolution logique d'une gamme qui n'a plus grand-chose à prouver. Il apporte les bénéfices attendus en matière de confort et d'absorption des irrégularités, sans compromettre les qualités de roulement qui ont fait la réputation du GP5000 S TR sur les sections plus étroites.
Son poids, mesuré à 362 grammes sur ma balance, est le principal point faible de ce pneu. Pour les cyclistes sensibles au poids ou roulant sur un vélo de course aux dégagements limités, ce 35 mm n'aura donc pas forcément sa place. En revanche, pour qui dispose d'un vélo d'endurance ou all-road compatibles et cherche un pneu route capable d'avaler les mauvais revêtements tout en conservant un roulement de haut niveau, le GP5000 S TR 35 mm constitue l'une des meilleures options du marché à son tarif.




etimld jeudi 11 juin 2026, 09:33
dispo à 59e sur mantel, ca vaut vraiment le coup si le vélo accepte les 35mm!
En dehors de ceux qui cherchent des KOM à la seconde près dans les Alpes/Pyrénées, c'est un peu à conseiller à tout le monde.
Marc jeudi 11 juin 2026, 10:03
35 mm, + de 400 gr avec liquide préventif pour un seul pneu, 92€ le pneu, en sachant que l'ennemi, c'est le poids en rotation... non décidément le cyclisme dit moderne, ce n'est pas pour moi!
Kostia jeudi 11 juin 2026, 11:58
@Marc Le poids en rotation c'est un mythe qui a été demonté maintes et maintes fois et depuis bien longtemps.
Marc jeudi 11 juin 2026, 13:06
@Kostia/ Ah j'ai loupé un épisode?
Quoi qu'il en soit, je ne suis pas prêt de succomber à n'importe quel mode du cyclisme.
Les "sans-gants" par exemple, ou comment enseigner la sécurité à nos enfants!
Les vitesses électriques, pas vraiment indispensables mais quasi obligatoires sur les vélos neufs (je possède les 2).
La longueurs des manivelles abaissée à 165 mm en taille M, non merci.
En revanche, oui aux cintres plus étroits et cocottes de freins très légèrement rentrées, que j'ai adoptés bien avant la mode.
Je reste en pneus de 28 mm (qui font bien souvent 29) avec chambres latex.
Et oui aux capteurs de puissance... tout ça pour montrer que je ne suis pas contre le progrès, le vrai progrès!
Ah j'oubliais, hors de question d'acheter un vélo ou des accessoires à n'importe quel prix... c'est-à-dire trop cher.
grichka jeudi 11 juin 2026, 13:13
@Kostia : J'ai eu des Campa Bullet, des roues alu de 50 avec flasque carbone. Plus de 1700g la paire. Des roues agréable sur le plat et faux plat. Mais en cote c'était des boulets. Rien à voir avec les Ksyrium SL pro à 1450g
Naturel jeudi 11 juin 2026, 15:52
Tout à fait d'accord avec Marc, toutes ces nouveautés sont absurdes. Juste créer pour pousser les gens à changer aussi vite qu'on change de smartphone. On est bien conscient qu'on ne gagne pas du temps avec moins de poids en rotation car on n'est pas des pros, mais que toutes les personnes qui ressortent tous ces comparatifs de labo aillent faire des tests comparatifs sur le terrain. Et rouler avec du matos light de qualité, c'est le top. Perso, je préfère avoir la sensation d'emmener une libellule qu'un tracteur pulling. On parle pas de chiffres, on parle de sensation et là aucune étude pourra sortir des facteurs pondérables.
J'ai fait les tests, j'ai comparé, j'ai investi et je suis revenu sur des roues de 1040gr avec des pneus lights de 28mm, le ressenti est génial.
Kostia jeudi 11 juin 2026, 16:11
@grichka attention il faut toujours se méfier des sensations qui sont pas forcément corrélée à la réalité physique (voir même souvent opposée). Un vélo léger donne souvent l'impression d'accélérer plus vite alors que si on mesure ça scientifiquement on ne trouvera aucune différence avec un vélo plus lourd...
Il faut pas confondre ce qu'on ressent avec la réalité physique. Après dans une optique de plaisir autant aller vers ce qui nous donne le plus l'impression de vitesse/dynamisme même si ce n'est pas factuellement le cas.
grichka jeudi 11 juin 2026, 21:05
@Kostia : ces 2 paires de roues étaient utilisées sur le même vélo. Et avec les Bullet je peinais beaucoup plus et souvent je devais monter les pignons. Donc à ce niveau c'est plus qu'une affaire de simple "sensation"
loulipo vendredi 12 juin 2026, 14:50
@Grichka :
Tout à fait d’accord sur la priorité à la légèreté.
Je compléterai en tant que compétiteur que pour la grosse majorité du temps passé dans l’abri d’un peloton, l’aéro n’apporte rien.
En revanche, la légèreté est sans cesse profitable sur les dizaines (centaines ?) d’accélérations/relances au sein d’un peloton, et où l’énergie à déployer est proportionnelle au poids déplacé, consommation énergétique brutale et élevée qui tape directement dans les réserves rapides et vite épuisables.
Et bien sûr pour les accélérations décisives qu’il faut produire pour attaquer ou sprinter (car avant de profiter de l’aéro sur une échappée solitaire, il faut avoir réussi à s’extraire).
Van Der Poel a également validé cette notion de "choix techniques optimisés aux moments décisifs" quand il explique préférer un cintre plus large car il lest moins bridé que par un cintre étroit pour produire sa puissance pour faire la décision en danseuse.
Après, si on passe ses sorties sur le vélo à chasser les KOM en solitaire sans jamais relancer, on peut privilégier un matériel roulant aéro avec l’inertie d’un poids élevé.
Marc samedi 13 juin 2026, 20:50
Paul Seixas déclare après sa chute aujourd'hui: "ce qui m'a sauvé aujourd'hui, c'est peut-être les gants, parce que les gants sont défoncées. Donc portez-en toujours parce que c'est la preuve que si on tombe sur les mains à 70 à l'heure, elles prennent cher et voilà mes mains sont défoncées".
Je n'arrête pas de dénoncer cette mode des "sans-gants". J'espère que chacun prendra conscience qu'il est préférable de ne pas imiter certains professionnels!
Pedro lundi 15 juin 2026, 06:54
Quand je pense que j'ai roulé avec des boyaux Ducast de section 18 gonflés a 9 bars... La roue tourne.....