Présentation

La paire que je teste ici reprend le profil ondulé (wave) caractéristique de la gamme Ultimate, en hauteur 53/58 mm à l'avant et à l'arrière. La marque décline cette gamme en deux hauteurs de jante aux profils 45/50 mm et 53/58 mm que je teste ici. Les jantes sont en fibre de carbone Toray hybride T800+T700, avec une largeur interne de 22 mm pour une largeur externe de 29 mm et un raccord à crochet (hooked rim).

Ce que l'on remarque bien sûr au premier coup d'oeil, c'est ce profil en forme de vague, qui avait été inauguré par Zipp sur ses versions NSW puis décliné ensuite par de nombreuses autres marques comme Princeton ou Fulcrum. Un profil qui doit améliorer la stabilité lorsque le vent est de la partie.

La finition se fait sans peinture ni gelcoat (Natural Carbon Finish), un choix qui permet à la marque d'annoncer jusqu'à 30 grammes économisés par jante. La décoration est plutôt discrète.

Les moyeux VOSO sont montés sur un axe traversant de 12x100 mm à l'avant et 12x142 mm à l'arrière, le corps de roue libre étant équipé d'un système à cliquet 36 dents, disponible en corps Shimano HG ou SRAM XDR.

Les rayons sont des Vonoa carbone de 5,2 mm, montés en 21 rayons par roue selon un laçage 2:1, et annoncés 60 % plus légers qu'un rayon acier équivalent.

Leur tête en T, plus large que la fente du moyeu, y est retenue par sa seule géométrie, sans collage ni pièce de rétention additionnelle : la marque indique qu'en cas de rupture du corps du rayon, la tête resterait maintenue en place dans le moyeu. La marque annonce par ailleurs un montage manuel avec un voile latéral et radial contrôlé sous 0,2 mm et une tension de rayon de 130 kgf, avec une tolérance de ±5 kgf. Le montage du disque se fait au format Centerlock, et les roues sont compatibles avec des pneus tubeless ou à chambre, un montage en 28c étant recommandé par la marque. Le coloris disponible est un décalque sombre sur jante mate (Dark Logo).

Côté garantie, VOSO annonce cinq ans sur les jantes carbone, une garantie à vie sur le corps de moyeu pour le premier propriétaire, un an sur les composants internes du moyeu et deux ans sur les rayons et écrous, avec un programme de remplacement après choc à 40 % de remise transférable au second propriétaire. Ces conditions se situent dans la moyenne haute du marché pour une roue vendue en direct, et viennent renforcer un tarif d'achat déjà compétitif.

Le poids annoncé par le fabricant pour la version 53/58 mm est de 1330 grammes la paire (±3 %), fonds de jante non compris. Sur ma balance, avec fonds de jante tubeless et valves montés, corps de roue libre Hyperglide, j'obtiens 710 grammes pour la roue arrière et 610 grammes pour la roue avant, soit 1320 grammes pour la paire, une masse dans la moyenne des roues modernes, puisque les toutes dernières Shimano R9370 C50 sont annoncées à 1302 grammes.

Le tarif de cette paire de roues est de 1582 € avec roulements en acier (1265.60 € à l'heure où j'écris cet article). Une option roulements céramique (pour 50 € de plus) est aussi disponible. Mais j'ai préféré rester sur des roulements en acier, ceux qui ont lu mon dossier "Roulements céramique en cyclisme : entre promesses technologiques et réalité terrain" comprendront pourquoi.

Sur la route

Commençons avant tout par le look. Car si ce n'est pas primordial, pour beaucoup d'acheteurs de roues, c'est un élément à prendre en compte.

Avec leur profil en forme de vagues et leur décoration assez sobre, ces Voso Lite Ultimate Wave 53/58 Carbon se marient plutôt bien avec tous les vélos, sans en faire trop.

Un carbone satiné mat associé à des logos plutôt discrets qui sont du meilleur effet sans tomber dans le kitch dont font preuve parfois certaines marques.

Habitué à des roues de marques, j'ai rapidement et agréablement été surpris par ces roues, autant par leur finition que par les qualités de roulage. Bien que je n'ai pas, volontairement, opté pour des roulements en céramique, j'ai trouvé la fluidité des roulements excellente, avec de très bonnes sensations sur la route.

Une paire de roue bien équilibré, qui demande certes un peu plus de watts dans les bosses que des roues de 36/40 mm par exemple, mais arrive à se montrer tout de même relativement tolérante. Malgré ce que les rayons carbone pourraient laisser supposer, on est loin, très loin, de l'exigence de roues comme les Enve SES 4.5 Pro.

Ici, on reste sur des roues dynamiques mais qui ne demandent pas de la puissance à outrance pour avancer et même pour grimper, même si les plus forts pourcentages seront un peu moins leur tasse de thé que les parcours roulants ou les bosses courtes passées en force.

Il n'y a vraiment rien à reprocher sur la balance confort / rigidité, la filtration étant bien présente même avec des pneus de section de 28 mm seulement. A ce niveau, les rayons en carbone sont sans doute un léger avantage par rapport à des rayons métalliques.

Enfin, le stabilité en cas de présence de vent latéral, notamment en rafales, est dans la bonne moyenne, proches de roues de 45/50 mm environ, sans toutefois arriver au niveau de roues comme les Zipp 454 NSW qui offrent pourtant les mêmes hauteurs. Mais le profil Sawtooth et les alvéoles HexFin ABLC sur les roues Zipp semble légèrement plus efficace, mais pour un tarif nettement plus élevé.

Bilan

Sur ce segment des roues carbone profil profond autour de 50 à 60 mm, la concurrence directe se situe aussi bien du côté des grandes marques que des fabricants asiatiques vendus en direct. Face à des roues comme les Roval Rapide CLX III ou les Mavic Comète 50, largement plus chères, la VOSO Lite Ultimate Wave 53/58 joue la carte du rapport poids/prix.

Elle se rapproche davantage d'une Duke Strada Æra 56 ou d'autres roues carbone à jante ondulée vendues en direct, où elle doit convaincre sur la constance de fabrication et le service après-vente plutôt que sur la seule fiche technique.

Car bien que la marque affiche de solides arguments en termes de garantie et de "crash replacement", il faudra pouvoir juger de l'efficacité de la marque sur la durée.