Présentation

La Strada Æra 56 est présentée au Roc d’Azur 2025 comme la première déclinaison de la nouvelle gamme Strada Æra, une ligne de jantes carbone aéro optimisées par simulation CFD. Elle constitue le point d’entrée de cette gamme, qui monte jusqu’à 100 mm de profil. La jante affiche un profil de 56 mm et une largeur interne de 24 mm, optimisée pour des pneus dès 28 mm. Elle est compatible Hooked et Tubeless Ready.

La spécificité technique de cette jante réside dans son profil Æra CFD, un micro-relief en surface qui, selon Duke, réduit la traînée aérodynamique jusqu’à 10 % par rapport à une jante lisse de même profondeur, sans dégrader la stabilité au vent latéral.

La construction repose sur le procédé SLR5, évolution route de la technologie SLS5 développée pour le VTT, qui combine des fibres de carbone Toray T1100 et une résine aéronautique. Les trous de rayons sont formés par moulage grâce au procédé SpokeCore, pour une structure plus homogène et une meilleure répartition des contraintes.

La jante reçoit également la technologie DRC (Dynamic Response Comfort), conçue pour atténuer les vibrations et améliorer la stabilité directionnelle sur revêtement dégradé. La finition est sans vernis (VFP), une approche que Duke présente comme plus durable et plus respectueuse de l’environnement et qui s'apparente au Campagnolo Luxury Finish.

Les stickers de jantes peuvent aussi être personnalisés.

La roue est disponible en percement 20 trous à l’avant et 24 trous à l’arrière. Le configurateur en ligne permet de choisir parmi plusieurs options de moyeux (Duke MadMax, DT Swiss 180, 240, 350, NonPlus, Extralite, Industry Nine) et de rayons (Sapim CX-Ray, CX-Sprint, D-Light, Race), ainsi qu’une personnalisation des écrous en 16 coloris. La jante seule est vendue 687 €.

Du côté des largeurs, on est sur du 24 mm interne et 30.2 mm en externe. La paire de référence annoncée lors de la première mondiale au Roc d’Azur est tarifée à 2 194 € en configuration avec rayons Sapim CX-Carbon.

L'exemplaire testé est monté avec des moyeux DUKE Madmax3 SP, de conception et de fabrication Européenne. Mais je reviens plus bas en détails sur ces tous nouveaux moyeux.

La livraison inclut valves, fond de jante posés, quatre rayons et écrous de rechange, ainsi qu’un certificat de montage, ce qui complète soigneusement la prestation.

La paire que j’ai testée est montée avec des moyeux Duke MadMax3, avec rayons Sapim CX-Ray à l’avant et Sapim CX-Sprint (plus rigides pour passer la puissance) à l’arrière et des écrous aluminium à filetage freiné.

Sur la balance, elle accuse 1 260 grammes (540 g avant et 720 g arrière) avec valves et fond de jante tubeless installés, soit un résultat très correct pour une paire de 56 mm de profil. La jante ne pèse que 340 g à elle seule.

Une paire facturée 1954 € TTC.

A noter qu'à ce prix, JPRacing propose un programme Crash Replacement est valable à vie, sans surcoût, même en cas de revente.

En cas d’accident ou d’incident responsable, la marque offre le remplacement de la jante carbone à un tarif préférentiel de -50% sur le prix d’une jante carbone et sur la main d’œuvre. Ce service de Crash Replacement est valable à vie, sans supplément, et quel que soit le rang du propriétaire.
Le vendeur de roues d’occasion pourra céder ce service Crash Replacement à l’acheteur. Des roues achetées d’occasion peuvent donc bénéficier du Crash Replacement.

La jante défectueuse devient la propriété de JPRACINGBIKE et sera ensuite recyclée par leur partenaire de recyclage.

Zoom sur les nouveau moyeux Madmax 3

Conçus pour les montages exigeants en route et gravel, les moyeux MadMax3 SP de DUKE remplacent les MadMax et BadBoy en une plateforme unique, disponible en deux standards : MadMax3 (12×100 / 12×142) et MadMax3 Boost (12×110 / 15×110 / 12×148).

Cette version SP est conçue pour rayons droits Straight Pull Ø2,5 mm. Corps en aluminium 7075T6 usiné CNC, roulements acier TPI joints LBLU, assemblage sans outil spécifique, ajustement haute précision sans reprise de jeu dans le temps.

La roue-libre est équipée d'un double ratchet conique (titane côté moyeu, acier côté roue libre) à 36 points d'engagement. Une bague TPU amovible permet de moduler la sonorité.

 

Des moyeux qui se veulent plus légers puisque le gain est de -25 g vs MadMax, -45 g vs BadBoy, sans compromis sur la rigidité. À partir de 268 g la paire (89 g AV / 179 g AR), tout en ayant un tarif diminué de 200 € par rapport aux MadMax.

Ils sont compatibles XD, XDR, HG11, Microspline d'origine ; HG10, Campagnolo, N3W en option. Fixation disque Center Lock (adaptateur IS en option). Des moyeux facturés 372 € TTC la paire (112 € AV / 260 € AR) et assortis d'une garantie de 3 ans hors roulements.

Sur la route

Pour ce qui est du montage, je n'ai constaté aucun souci spécifique pour monter des Continental Grand Prix TR de 28 mm de section. Pas besoin de booster pour les faire claquer, avec une bonne pompe à pied, ça se fait sans problème.

Dès les premières sorties, la rigidité latérale se fait sentir. La transmission de puissance est franche, sans flexion perceptible dans les relances, que ce soit en et en côte ou sur les faux-plats en force. Le rayonnage en Sapim CX-Ray contribue sans doute à cette impression d’efficacité, les rayons plats assurant une bonne rigidité tout en conservant un comportement dynamique.

Un léger manque de dynamisme se fait sentir sur les relances, mais il est surtout à mettre sur les compte des pneus Continental Grand Prix TR de 28 mm qui sont plutôt raides et surtout assez lourds avec 330 grammes sur la balance.

Sur les sections roulantes et descendantes, la montée en régime est progressive. Le profil de 56 mm fait sentir son effet dès 35 km/h environ avec une bonne inertie : les roues gardent bien leur vitesse et ne réclament pas d’effort supplémentaire pour maintenir le rythme. En descente, le comportement est précis et sans surprise.

La tenue au vent latéral est l’un des points sur lesquels j’étais le plus curieux, les jantes avec micro-profil aérodynamique se montrant parfois capricieuses dans le vent de travers.

Avec la Strada Æra 56, la gestion des rafales est honnête pour ce profil. Il y a bien une légère prise au vent perceptible quand il y a de gros changements de vitesse de vent latéral, mais sans provoquer de réaction trop brutale sur le guidon.

Le micro-relief Æra CFD semble remplir son rôle à ce niveau.

Difficile en revanche de donner un avis concernant la technologie DRC qui doit permettre une meilleure filtration. Cela dépend tellement des routes, pneus et pressions de gonflage qu'avoir un ressenti est compliqué.

Bilan

La Duke Strada Æra 56 est une réalisation sérieuse qui positionne la marque vendéenne de manière crédible sur le segment des roues carbone anisées route. La combinaison d’une construction soignée à base de fibres Toray T1100, d’un profil CFD travaillé et d’un assemblage artisanal français constitue un argument solide face aux alternatives du marché.

Sur le plan tarifaire, la paire de référence est annoncée à partir de 2 194 €, ce qui la place dans un segment intermédiaire face aux grandes références du marché. Ces Duke Strada Æra 56 sont moins chères que les références premium, tout en proposant un niveau de personnalisation que celles-ci n’offrent pas, avec un choix de moyeux, de rayons et d’écrous qui permet de configurer la roue selon ses préférences et son budget.

Même en optant pour de luxueux moyeux TUNE MICRO, NONPLUS, CHRIS KING R45 ou DT SWISS 180, difficile d'aller chercher les 3000€.

Le positionnement artisanal français, réel et mesurable, ajoute une dimension supplémentaire pour les cyclistes sensibles à la provenance de leur matériel.