Présentation

Le 4 Stagioni XP — "stagioni" signifiant "saisons" en italien — se positionne donc comme le pneu toutes conditions de la gamme route du fabricant. Il repose sur une carcasse 260 TPI SuperPoly fabriquée à la main, et intègre la protection Corazza Silver + Gold Armor bead-to-bead, la même technologie que l'on retrouvait jusque-là sur les pneus gravel de la marque.

Cette armure double couche couvre l'intégralité du pneu, des flancs jusqu'à la bande de roulement, ce qui lui confère une résistance à la perforation nettement supérieure aux pneus route classiques.

A dire vrai, ces pneus tubeless m'ont de suite fait penser aux Veloflex Corsa EVO TLR avec une construction similaire.

La bande de roulement adopte un profil inédit pour Challenge sur route : une ligne centrale rapide flanquée de légères rainures qui améliorent l'évacuation de l'eau et le mordant en virage sur revêtement humide. Ce dessin est associé au nouveau composé SMARTHYDRO de la marque, conçu pour optimiser l'adhérence par temps mouillé sans pénaliser outre mesure la résistance au roulement par temps sec.

La compatibilité tubeless hookless est assurée sur la plupart des sections, et Challenge a profité de cette refonte pour introduire un nouveau procédé de mise en forme baptisé Easy-Fit, censé faciliter le montage — historiquement un exercice délicat avec les pneus à carcasse souple de la marque.

Le 4 Stagioni XP est disponible en 700×28, 30, 32, 35 et 38 mm, avec flancs noirs ou flancs tanwall selon les préférences. La version testée ici est le 30 mm.

Le poids annoncé est de 394 g en 28 mm et 411 g en 32 mm. J'ai pesé mes exemplaires en 30 mm à 371 et 380 grammes. Cette différence peut sembler énorme entre deux pneus de même taille, mais n'oublions pas qu'il s'agit d'une fabrication main, qui n'offre pas la régularité des machines.

Le prix est fixé près de 90 € l'unité, ce qui le place dans le segment premium.

Montage

Le montage tubeless est facile. Pas plus ni moins qu'avec d'autres marques. La seule difficulté réside dans le fait qu'au début, le pneu n'arbore pas une belle forme torique, mais se met à plat. Mais le talon se place sans que la carcasse ne se retourne sur elle-même, et l'ensemble claque en place à la pompe à pied sans avoir recours au compresseur. La pression s'est maintenue dès les premières heures, sans perte notable.

Attention, il faudra penser à ajouter un peu plus de préventif que sur d'autres pneus. En effet, la carcasse n'est pas totalement étanche et du préventif a tendance à fuir au travers de celle-ci, notamment au niveau de la jonction avec la bande de roulement, comme on peut le voir sur ces clichés réalisés après plus de 800 km.

Il faudra, pour la même raison, rajouter de l'air tous les deux jours environ.

Sur la route

Une fois en selle, les premières sensations confirment ce que l'on attendait d'un Challenge : le fameux feeling quasi-tubulaire, cette impression que le pneu épouse le sol plutôt qu'il ne le subit. Là encore, j'ai l'impression de rouler avec des Veloflex TLR.

Une sensation d'autant plus impressionnante qu'ici, on a des pneus "toutes saisons" qui ne sont clairement pas optimisés pour la performance. Mais sincèrement, cela ne se ressent pas.

Sur les routes granuleuses, le 30 mm absorbe les aspérités avec une réelle efficacité, sans pour autant donner l'impression de rouler sur un pneu mou ou paresseux. À 3,8 bars à l'avant et 4.1 à l'arrière, le compromis confort-rendement est bien trouvé. Pour plus de confort encore, on peut descendre à 3.4 à l'avant et 3.6 bars à l'arrière (comme préconisé dans mon calculateur de pression des pneus vélo route et gravel) sans avoir l'impression d'être sous-gonflé.

Le grip en virage sur sol sec est franc et rassurant. Le pneu accroche proprement jusqu'à des angles d'inclinaison marqués, sans comportement imprévisible.

C'est sur chaussée humide que le 4 Stagioni XP se distingue le plus nettement de ses rivaux : les rainures et le composé SMARTHYDRO font leur travail, le mordant est conservé même dans les épingles détrempées, et aucun décrochage soudain n'est venu perturber des sorties hivernales par temps froid et pluvieux.

Un comportement rassurant, notamment en montagne quand, parfois, les descentes de cols alternent chaussées sèches au soleil et bitume humide à l'ombre.

En matière de résistance à la crevaison, le bilan après environ 1200 km est positif. Le flanc est dense et solide, la protection Corazza a joué son rôle sur plusieurs passages sur des graviers. Pas une crevaison à signaler ni même de coupure, ce qui est d'autant plus méritoire que la carcasse souple à 260 TPI n'est pas la plus imperméable par nature. L'usure de la bande de roulement est modérée, sans centre aplati visible malgré les kilomètres. On peut ainsi espérer, à vue d'oeil, près de 5000 km sans souci.

Bilan

Le Challenge 4 Stagioni XP remplit honnêtement le contrat qu'il s'était fixé : proposer un pneu de route fait main, capable de tenir toute l'année, sans renoncer à la qualité de roulement qui distingue les Challenge de la masse des pneus tubeless du marché. La carcasse souple livre des sensations que peu de concurrents à ce gabarit peuvent revendiquer, et la protection anti-crevaison bead-to-bead rassure pour les sorties hivernales. Bref, un pneu que beaucoup pourraient utiliser tout au long de l'année pour ne pas être embêtés.

Le prix de 90 € l'unité le positionne au-dessus des d'un Continental Grand Prix 4-Season (environ 70 €), mais avec une fabrication main et la qualité de la carcasse. Si vous n'utilisez pas votre monture que par beau temps et que vous souhaitez retrouver ce feeling proche du boyau ou des meilleurs tubeless été en plein mois de janvier, le 4 Stagioni XP mérite clairement l'attention.