Présentation
Ce n'est pas du côté de l'esthétique générale que les changements sont les plus profonds. Un oeil averti remarquera tout de même que le serrage de selle a disparu, tout comme le petit triangle au niveau du tube de selle / tube horizontal.
Mais tel un rappel au passé et comme pour rendre hommage à la version précédente, BMC a conservé à cet endroit un rappel. Le lien de parenté reste évident avec l'ancienne génération.
Le tube diagonal reste très massif et les haubans, très fins, viennent rejoindre le tube de selle très bas.
Pour répondre aux forces induites au freinage, la fourche du Teammachine SLR Disc utilise une forme asymétrique et surdimensionnée du côté où l'étrier est fixé. La rigidité est ainsi conservée tout en limitant le poids.

Un nouveau système de serrage de la tige de selle fait son apparition. Terminé le collier, c'est ici un système intégré de tampon tangent qui officie, permettant d'obtenir un tube de selle un peu plus court, favorisant la souplesse verticale.
Contrairement à de nombreuses marques qui ont opté pour une vis placée sur le dessus, sur ce Teammachine, la vis de serrage de la tige de selle est placée dessous, au niveau du rappel de l'ancien mini triangle situé à la jonction tube supérieur / tube de selle. Cela apporte un plus esthétique avec une vis totalement cachée, même s'il faut l'avouer, son accès est un peu plus délicat. Mais ce n'est pas tous les jours que l'on doit toucher à cette vis.
Dans la même optique, la tige de selle en forme de D a été améliorée pour accroître le confort grâce à un peu plus de souplesse.
Le gros travail de l'équipe de développement de la marque Suisse a permis d'arriver à un poids de 815g pour le cadre en version disques, là où l'ancien Teammachine affichait 790g pour une version à patins.
En taille 54, j'ai pesé cet exemplaire à 6.95kg. Une prouesse.
Dans cette version Team, le vélo majoritairement rouge, reçoit de subtiles touches de gris et de noir. C'est très joli et surtout parfaitement exécuté. Equipé d'un groupe Shimano Dura-Ace Di2, ce modèle est facturé 11500€.
Intégration et potence ICS (Integrated Cockpit System)

L'autre évolution de ce Teammachine 2018, c'est l'intégration. Aucun câble ne dépasse... tout au moins sur la version freins à disques qui possède le système de potence ICS.
Cette potence ICS possède sur sa partie inférieure un cache permettant de faire router les câbles hydrauliques et électroniques à travers la potence et le cadre sans jamais sortir.
Tous les câbles et durites passent ensuite à travers les différents tubes pour ne sortir qu'au plus près des étriers ou dérailleurs. Même le boîtier de jonction Di2 se retrouve déporté au niveau du tube diagonal pour une parfaite intégration et une meilleure accessibilité.
Sur cette photo, on voit la potence équipée de son support Garmin. Très facile à mettre en place, mais un peu trop haut à mon goût. Le compteur GPS se retrouve assez haut, j'aurais préféré qu'il s'aligne avec la potence.
Une superbe réalisation qui reste relativement simple techniquement et donc, au niveau de la maintenance. Mais un gros regret pour ma part, c'est que cette potence ICS ne soit proposée qu'avec la version freins à disques.
Alors que rien techniquement ne s'oppose à la mise ne place de cette potence sur la version avec freins à patins, pour preuve, sur le Dauphiné et le Tour de France, la plupart des coureurs du Team BMC étaient équipés de cette potence sur leurs vélos avec freins à patins (voir article "Le BMC Teammachine SLR01 de Richie Porte au Dauphiné").
Dommage, car cela impose, de fait, le choix du système de freinage à disques.
Equipement
C'est le groupe Shimano Dura Ace Di2 R9170 qui équipe ce vélo. Du très haut de gamme donc, déjà testé sur le Merida Reacto Disc E-TEAM.
On retrouve donc l'ensemble des composants du groupe avec notamment les leviers de freins qui ont la même taille que les autres modèles (Di2 à patins ou groupe mécanique) avec un développement 52/36 et 11-30. Terminé les leviers de freins volumineux à l'ergonomie moins bonne que sur le reste de la gamme.
Le fonctionnement est toujours de très haut niveau, souple et précis à la fois.
On peut aussi savourer toute l'étendue de la personnalisation possible du groupe grâce au logiciel e-tube de Shimano.
Plus besoin d'aller chez son vélociste pour paramétrer le groupe ou faire des mises à jour, un simple ordinateur suffit.
Personnalisation du fonctionnement des boutons, personnalisation des fonctions Synchro-Shift et semi Synchro-Shift, ... de quoi se concocter un groupe électronique aux petits oignons.
Un dossier sera bientôt consacré à tout ceci.
Les disques ont un diamètre de 160mm à l'avant et 140mm à l'arrière. Les roues sont des DT Swiss PRC 1100 DICUT db 35 Carbon, d'un profil de 35mm, sont bien entendu des modèles à axe traversant de 12mm. Elles sont annoncées à 1420g la paire environ.
La fixation sur le cadre et la fourche se fait via une vis allen, il faudra donc penser à emporter avec soi une clé allen en cas de crevaison.
Côté pneumatiques, BMC a opté pour des pneus Vittoria Corsa 25mm (voir test ici) dont les performances sont reconnues.
Pas de fausse note du côté du reste des périphériques avec un cintre 3T Ergonova Team et une selle Fizik Antares R3 Carbon.
Sur la route
Difficile de prendre en défaut ce Teammachine millésime 2018. Rigide à souhait, il sait aussi se montrer confortable. Un confort assez étonnant pour un vélo de cette trempe doté de roues carbone en 35mm de profil.
On note tout de même un léger déséquilibre entre l'avant, dont la fourche est très rigide, par rapport au triangle arrière. Mais ce n'est pas un défaut rédhibitoire, il faudra simplement s'y accoutumer après quelques sorties.
Sans doute la version avec freins à patins propose-t-elle une fourche un peu moins rigide et donc un meilleur équilibre de l'ensemble.
Si son esthétique est moins extrême que certains vélos aéro comme le Merida Reacto ou, le Trek Madone ou le Canyon Aeroad, le Teammachine n'en demeure pas moins un vélo qui s'apprécie largement à haute vitesse, et ce, même si le profil des roues de 35mm propose moins d'inertie pour maintenir la vitesse. Mais elles offrent l'avantage d'être ultra polyvalentes, à l'aise dans les bosses comme les descentes et pas trop difficiles à tenir en cas de fort vent latéral.
En bosse, la faible masse de l'ensemble (7kg) ainsi que la faible inertie des roues est parfaite pour l'escalade. Le vélo est facile à faire vivre que ce soit assis ou en danseuse, en tournant les jambes ou en force. Les relances se font facilement et on prend plaisir à en remettre une couche... tant que l'on peut.
En descente, le Teammachine est tout aussi à l'aise et adroit. Stable, précis, on prend rapidement de la vitesse et on se surprend à freiner plus tard grâce au puissant freinage à disques Shimano qui offre une excellente fluidité et un dosage précis. Le mariage 160mm à l'avant et 140mm à l'arrière est parfait.
Reste le problème du bruit engendré par le frottement des plaquettes sur les disques sur de gros freinages. Il faut plusieurs dizaines de mètres avant que le voile du disque ne repousse suffisamment les plaquettes pour que le silence revienne. A 11500€ le vélo, c'est sincèrement dommage, mais ce problème a été rencontré sur mes précédents tests de vélos avec freins à disques.
A noter qu'à réception du vélo, il m'a fallu recentrer les étriers qui provoquaient perpétuellement du bruit de frottement.
Même en sprint, le Teammachine se débrouille, du moment que la puissance nécessaire est présente. Cela n'est toutefois pas son domaine de prédilection, la mise en vitesse semblant un peu plus difficile que sur certains concurrents.
Le braquet 52/36 associé à la cassette 11-30 offre une étendue de développements appréciables, même si sur le haut de la cassette, les trous commencent à se faire sentir. Mais on passe quasiment partout avec facilité.
Bilan
Equilibré et confortable, ce sont sans aucun doute les adjectifs qui conviennent le mieux au Teammachine. Difficile de lui trouver des défauts sincèrement, hormis son prix pour cette version haut de gamme.
Mais au moment de passer à l'achat, sincèrement, mon coeur balancerait très certainement entre cette version disques et la version à patins. La version disques pour le freinage puissant par tous les temps et le cockpit ICS, la version freins à patins pour l'esthétisme et surtout, l'absence de bruits après de forts freinages.
Je trouve inacceptable d'avoir de tels bruits parasites sur un vélo, surtout à plus de 10000€. Même si BMC n'est pas en cause sur ce problème, ce défaut me ferait sans aucun doute pencher pour les patins.





































On3 mardi 5 décembre 2017, 10:35
Au final Guillaume, qu'est-ce qui en fait un vélo d'exception si ce n'est son prix ? Je lis pas mal de points négatifs dans ton article, des points négatifs qu'on ne retrouve pas sur d'excellents vélos (beaucoup) moins chers à gamme équivalente (parfois testés ici-même).
Quant à la version plus accessible en Shimano 105. Tu sais que ce ne sont pas les mêmes fibres ni la même masse, je n'ai même pas vérifié que la géométrie était la même (parfois les constructeurs font varier la géométrie suivant les fibres utilisées, et ce pour un même modèle). Mais ça me semble être un sacré raccourci que de dire qu'il s'agit du même vélo ...
tom mardi 5 décembre 2017, 12:54
Guillaume, je ne reconnais pas ton style d'écriture.
Es tu bien l'auteur du texte ?
Guillaume [Matos Vélo] mardi 5 décembre 2017, 13:17
On3, les points négatifs sur ce vélo sont surtout du côté des freins à disques (ça n'engage que moi). Sinon, je n'ai vraiment pas trouvé de défaut à ce vélo, qui est extrêmement polyvalent.
En effet, la version Shimano 105 n'utilise pas la même fibre (mais possède la même géométrie), mais je pense que les vélos doivent rester très proches.
tom, c'est bien moi qui ai écrit l'article de A à Z. Bizarre de ne pas retrouver mon style...
Fréd mardi 5 décembre 2017, 15:02
Je roule sur un caad12 avec disques (ultegra) et j'avais également au départ ce petit bruit de plaquettes sur quelques mètres. Après un temps de rodage le bruit disparaît et tout semble se mettre en place parfaitement. J'ai changé il y a peu mes plaquettes (10mn pour l'av et l'ar) et le bruit n'est pas réapparu.
Conclusion : ne pas se focaliser sur un défaut qui ne perdurera que le temps du 1er rodage.
Benoît mardi 5 décembre 2017, 18:09
A ce prix là, ils aurait pu étoffer la gamme de couleurs ! Rouge, blanc ou noir, on n'a pas vraiment de choix.
Par ailleurs, je ne comprends toujours pas l'entêtement des constructeurs à mettre de plus en plus de freins à disques dans leurs gammes sâchant qu'ils ne sont toujours pas autorisés en compétition FFC. L'usage est du coup limité seulement aux cyclosportives qui ne sont pas légion dans beaucoup de départements...ça fait cher la cyclo !!!
ERDECE mercredi 6 décembre 2017, 09:00
Il est loin le temps où on trouvait sur ce blog des matériels abordables financièrement par le commun des cyclistes !!!
Guillaume [Matos Vélo] mercredi 6 décembre 2017, 09:23
ERDECE, j'essaie autant que possible de demander des vélos plus abordables, malheureusement, beaucoup de marques n'ont que des modèles très haut de gamme à disposition en parc presse.
Mais bientôt, des vélos plus abordables, dont BTWIN.
Mart mercredi 6 décembre 2017, 11:55
Pauvre Guillaume, obligé de rouler sur des vélos très haut de gamme... :-)
Blague à part, merci pour ces essais bien menés où tu ne te contentes pas de répéter le dossier marketing des marques.
On3 mercredi 6 décembre 2017, 13:52
@Guillaume : Quelle est la stratégie des marques derrière cette pratique généralisée ?
Peu importe le média ou l'auteur, ce sont effectivement trop souvent des machines très haut de gamme qui sont testées. Soyons honnêtes, en nombre, ça représente quel pourcentage de leurs ventes ?
Et ce n'est pas le fait de parler de vélos à 10k€ qui rendra mon portefeuille extensible pour en acheter un. Du coup, je me demande quel est le but recherché ?
Guillaume [Matos Vélo] mercredi 6 décembre 2017, 16:48
On3, forcément, la stratégie derrière est de vendre du rêve et de montrer ce qu'ils font de mieux. Ensuite, les gens achètent en fonction de leurs moyens. Clairement, je pense que le public de Matos Vélo achète principalement des vélos à 3000€ disons.
Les ventes de vélos au-delà de 5000€ restent à mon avis à la marge.
Tudi jeudi 7 décembre 2017, 03:20
Bonjour Guillaume,
vers un modèle abordable qui partage la même géométrie, mais avec un équipement et une fibre carbone de moindre performance.
Je souhaitais revenir sur la hauteur du support de compteur/GPS. N'est- il pas possible d'inverser la position de l'insert dans la potence (rotation 180 degrés) ? Il semble que la hauteur serait alors réduite.
Je ne suis pas choqué par la version testée, élitiste.
Les marques désirent communiquer sur leur savoir faire, en l’occurrence, un vélo capable de tout faire (couteau-suisse), proposant des freins disques sans être lourd (7kg seulement).
Une fois le consommateur séduit par ce fleuron, il y en a pour toutes les bourses.
Cannondale (supersix evo himod - supersix evo 105),
Specialized (Sworks Tarmac SL6 - Specialized Tarmac Comp)
sont deux autres exemples de déclinaisons a partir d'un modèle phare auquel les gens veulent d’identifier puisqu'ils le voient a la télé
Thierry lundi 11 février 2019, 09:33
Bjr moi ce qui me choque c est que les marques se focalisent sur le dure ace électrique au lieu d utiliser le Sram sans fil ( qui fonctionne au top sur mon vieux orbea orca et j ai un ultegra di 2 sur mon trek speedconcept et il y a pas photo mdrrr)
Quasimodo dimanche 10 novembre 2019, 18:30
Bonjour peut-on connaître ton entre jambe. Je mesure 178 pour 83 cm d entre jambe. Je crois que tu fais également 178 cm. Continue comme ça, ton site est sympa.
Guillaume [Matos Vélo] mercredi 13 novembre 2019, 09:02
86cm d'entrejambe.