Présentation

Avec un poids de annoncé 1 305 g (valves et fonds de jante tubeless inclus), les Rapide CLX III gagnent 215 g sur les CLX II tout en conservant des performances aérodynamiques comparables à celles de leurs prédécesseurs. Sur la balance, j'ai relevé 608 g pour la roue avant et 711 g pour la roue arrière, soir 1319 grammes pour l'ensemble), ce qui confirme à peu de chose près le poids constructeur.

Les jantes en carbone sont bien sûr compatible tubeless, équipées de crochets élargis FlatStop Bead Hooks qui renforcent la résistance et réduisent les risques de déjantage. Sur ce point, Roval ne suit donc pas la direction de Zipp par exemple, qui reste fidèle à une conception de jantes sans crochets.

La largeur interne est de 21 mm, comme sur les générations précédentes, avec une largeur externe de 35 mm à l'avant et 31 mm à l'arrière, le tout optimisé pour des pneus de 28 mm. Les roues restent toutefois compatibles avec des sections de 24 à 38 mm. Roval indique par ailleurs que la technologie FlatStop augmente la résistance aux crevaisons par pincement de 39 % par rapport à un crochet classique.

Autre innovation majeure de cette génération, les rayons composites développés en partenariat avec Arris Composites, une première pour Roval sur une roue de route. Chaque rayon pèse 1,9 g, soit 2,3 g de moins qu'un rayon aéro en acier classique, tout en étant 20 % plus résistant.

Le rayonnage se compose de 18 rayons composite à l'avant (12 croisés à 2 côté disque, 6 radiaux côté opposé) et de 24 rayons composite à l'arrière (16 croisés à 2 côté cassette, 8 croisés à 1 côté opposé).

Seule contrainte, il faudra faire attention au stockage des roues, notamment dans sa voiture, pour ne pas que les rayons soient trop en contact avec des disques par contre. Mais fort heureusement, Roval fournit une housse très épaisse pour éviter cet écueil.

Les moyeux Roval LF ont également été allégés d'environ 50 g par rapport à la génération précédente et intègrent un mécanisme basé sur des DT Swiss 180 EXP 36T ainsi que des roulements céramiques SINC. Bref, on a là tous les ingrédients pour des moyeux fiables, faciles à entretenir et d'une grande fluidité.

Visuellement, les CLX III affichent une finition carbone soignée et des lignes épurées. Les rayons composites plats s'intègrent bien à l'ensemble, même si les écrous en aluminium apparents tranchent quelque peu avec l'esthétique premium du reste. Des écrous noyés auraient parachevé le rendu, au détriment toutefois de la facilité d'entretien.

Les Roval Rapide CLX III sont disponibles en une seule finition carbone mate et sont proposées au tarif de 3 498 €.

Sur la route

J'ai roulé ces Rapide CLX III sur un Aethos 2 en parallèle des roues Alpinist III CLX, associées toutes deux à des pneus Specialized Turbo TLR en 28 mm, comme le préconise Roval.

Un même vélo, deux roues radicalement différentes dans leur positionnement. Les Alpinist CLX III pour la légèreté, avec leurs 1130 grammes, les Rapide CLX III pour l'aérodynamisme. Mais une mêm construction, avec les mêmes moyeux et des rayons carbone dans les deux cas.

La jante avant, avec ses 35 mm de largeur externe, est bien plus que les pneus, ce qui peut surprendre au premier coup d'œil, mais c'est précisément cette géométrie qui a été validée en soufflerie pour optimiser la transition aérodynamique entre pneu et jante.

A l'arrière, la jante ne faisant "que" 31 mm en externe, c'est un peu moins choquant.

Dès les premiers tours de roue,  je constate, par rapport à la génération précédente, une rigidité de l'ensemble est clairement supérieure, sans pour autant verser dans la brutalité. Sur la longueur, c'est cet équilibre entre rigidité et aptitude à filtrer les vibrations qui s'avère l'atout principal de la roue.

En relance et dans les portions vallonnées, les CLX III réagissent avec vivacité, avec de la rigidité, mais une sensation légèrement "élastique, dans le bon sens du terme, des rayons. En montée, la rigidité latérale est au rendez-vous et le transfert de puissance se fait sans perte notable. Il ne s'agit pas des roues les plus légères de la catégorie, mais leur comportement en grimpée reste excellent pour des roues à vocation polyvalente.

En virage, les CLX III inspirent confiance : les trajectoires sont précises et prévisibles, que ce soit dans les changements de direction rapides ou les descentes techniques. Jamais de trajectoire approximative ou de flou, même en cas de vent.

Le comportement en vent de travers est bien maîtrisé, la jante arrière moins haute y contribuant probablement, et aucune perturbation significative n'est à signaler dans des conditions venteuses modérées. En tous cas, je n'ai jamais été surpris par une réaction trop soudaine avec une rafale de vent malgré les 51 mm de hauteur à l'avant.

La jante avant est volontairement plus large que les flancs du pneu de 28 mm, une caractéristique étudiée en soufflerie pour améliorer la pénétration dans l'air et que l'on finit par oublier totalement à l'usage. Sur le plan du roulement, la combinaison jante 21 mm de largeur interne / pneu 28 mm fonctionne bien, avec de bonnes sensations sur bitume lisse comme sur revêtements dégradés.

Côté confort, malgré des pneus de seulement 28 mm montés avec chambres à air (je suis habitué à des tubeless de 30 mm peu gonflés), la filtration est bonne, sans doute légèrement meilleure que les Roval Rapide CLX II. Il est fort possible que les capacités des rayons carbone à filtrer soient bien meilleures que les rayons habituellement en acier.

Légèreté, rigidité, confort et nervosité font merveille. Si ce ne sont pas de pures roues de montagne, elles ne seront en revanche pas pénalisante pour grimper de longs cols. Des Rapide CLX III que l'on est pas obligé de cantonner à des parcours plats et rapides. Parfaites pour ceux qui veulent des roues qui en jettent sur leur vélo et qui peuvent aller sur tous les terrains.

Les nouveaux moyeux, avec leur finition chrome sombre, offrent un bruit de roue-libre franc et agréable à chaque rotation de roue libre.

Bilan

Les Roval Rapide CLX III constituent une évolution substantielle par rapport aux CLX II. Le gain de poids est réel, le comportement général est plus vif grâce aux rayons composite, et la polyvalence est au rendez-vous aussi bien sur les parcours plats que sur le vallonné. Ce n'est pas une roue pour ceux qui cherchent avant tout la légèreté absolue ou qui privilégient le confort, mais plutôt pour ceux qui veulent un ensemble complet de course, taillé pour être poussé fort à chaque sortie.

Au tarif de 3 498 €, les CLX III évoluent dans un segment très disputé. La Zipp 353 NSW s'y positionne autour de 2 800 € pour un poids de 1 255 g (sans valves ni fond de jante) et une largeur interne de 25 mm, privilégiant davantage la légèreté et la stabilité dans le vent. Les CLX III justifient leur tarif premium par la qualité des moyeux DT Swiss 180 EXP avec roulements céramiques SINC et par la technologie des rayons composite Arris, deux atouts qui font une différence perceptible à l'usage. Pour les cyclistes déjà dans l'écosystème Specialized, ces roues représentent une évolution cohérente et bien aboutie.