Péraud, l'ingénieur qui sait écouter et s'entourer
J'ai pu rencontrer Jean-Christophe fin février et nous avons forcément abordé les sujets de fraude technologique ou du matériel en général. Comme quand il était coureur, l'homme parle peu, mais est à l'écoute. Il préfère l'action plutôt que la communication étudiée. Les grands discours sans suite pour en mettre plein la vue, très peu pour lui.
Avant d'arriver à de nouvelles propositions, Jean-Christophe Péraud a donc mûrement étudié les problèmes. Bien qu'ingénieur, il a su s'entourer de spécialistes, ne se contentant pas des allégations d'un reportage TV diffusé à une heure de grande écoute. Ainsi, il est allé rendre visite à M Varjas en Hongrie en compagnie d'un ingénieur du Commissariat à l’Energie Atomique et aux Energies Alternatives (CEA) et analysé les solutions qu'il était possible de mettre en place. Car le CEA ne travaille pas que sur les problèmes liés à "l'atomique", même si certains coureurs semblent parfois dotés de pouvoirs surnaturels.
Cet organisme travaille aussi sur la recherche technologique pour l'industrie et la recherche fondamentale. L'ingénieur a ainsi donc pu vérifier si ce que le communicant Varjas avançait était du domaine du réel... ou de la pure science-fiction.
Dans mes échanges avec lui, j'ai pu constater une réelle envie de faire du ménage, nettoyer le cyclisme de scandales futurs.

Bien sûr, les soupçons portant sur d'anciens coureurs comme Fabian Cancellara ne seront probablement jamais élucidés. Il faudrait pour cela trouver un vélo équipé d'un moteur et prouver que c'était celui utilisé durant la course... 8 ans plus tard. Mission impossible.
Mais l'UCI se doit de mettre en place des solutions pour éviter toute triche, que ce soit avec des procédés connus... ou potentiellement existants dans le futur.
Pour David Lappartient, il s'agit de pouvoir démontrer qu'il n'y a pas de fraude technologique et que l'arsenal mis en place est suffisamment dissuasif pour qu'il n'y en ait pas. Les moyens techniques vont donc être renforcés avec des technologies plus fiables que les fameuses tablettes qui montrent parfois leurs limites.
Moyens techniques, mais aussi juridiques pour que les tricheurs soient punis. De quoi éviter, on l'espère, toute tentation de la part de tricheurs dans le futur.
Bref, vivement demain que nous puissions en savoir plus sur tout cela et en finir avec les rumeurs et les tricheurs. Et pourquoi pas, par la même occasion, un changement sur le poids limite des vélos ?! 6.6kg, 6.2kg, 6, 5 ?? A vos pronostics...


YM29 mardi 20 mars 2018, 18:22
des vélos a 6.2 / 6.5 / 6.6 kg et alors ça change quoi ? pourquoi pas 1.5kg ? les prochains vélos seront peut être fait en papier d'aluminium ? les coureurs n'ont qu'a perdre 1kg et voila !!
Dafy mardi 20 mars 2018, 20:15
Bonjour YM29,
Les vélos sont déjà sous ce poids limite, les mécanos sont obligés de lester pour atteindre le poids. Cela devient ridicule, la technologie le permet de façon fiable pourquoi ne pas en tirer partie.
@+
Seb26 mardi 20 mars 2018, 20:24
A combien est le gain de temps pour 200g de moins sur un vélo, sur une étape de montagne en sachant qu’il y les ascensions et les descentes en conditions de course?
Merci
Guillaume [Matos Vélo] mardi 20 mars 2018, 22:17
Dafy, ce n'est pas toujours vrai, tous les vélos n'ont pas besoin de lests. Mais il est certain que cette histoire de lest fait que l'UCI doit se dire que cette limite ne rime plus à rien. Elle avait pour base la sécurité, mais un vélo à 6.6kg avec 200g de lest n'est pas plus sûr ou solide qu'un vélo à 6.6kg sans son lest.
Seb26, là, il faudrait demander à Fred Grappe, mais, apparemment, selon ce dernier, 1kg = 5W sur une montée de 7/8%. Donc, même 500g ne feraient que 2.5 watts, soit 0.08km/h à 300 watts, soit un gain de 1s par kilomètre environ (attention, mes calculs sont empiriques).
BABAZ 43 mercredi 21 mars 2018, 07:18
Réduire le poids des vélos peut être un bon moyen pour limiter la fraude technologique. Actuellement le lest peut être remplacé par une batterie et un moteur par exemple. De plus la majorité des machines ont un poids inférieur à la limite légale même les vélos de Monsieur tout le monde ont un poids inférieur. Dans tous les cas ça fera progresser la recherche et la sécurité puisque les solutions auront été testé en conditions difficiles.
Il faut évoluer pour ne pas régresser
Arnaud Duval mercredi 21 mars 2018, 16:20
Monsieur tout qui a un vélo de moins de 6.8 kg, il y a quand même laissé un paquet de pognon.
Pour ma part, je serais plutôt favorable à rehausser cette limite (à 8 kg par exemple) et à appliquer strictement ce point de règlement avec vérification systématique, même chez les amateurs. Ça calmerait un peu la course à l'armement et rendrait ce sport plus accessible.
Seb26 mercredi 21 mars 2018, 21:44
Bonsoir Guillaume,
J’avais lu , selon Fred Grappe, 2kg sur un vélo d’une équipe pro (watt en conséquence) ferait gagner 58 secondes sur la monté de l’Alpe d’Huez, ce qui est énorme comme les 2 kg. Après il y a les descentes où un vélo trop léger est moins précis, je parle de vélo aux alentours des 6kg, et les courses se jouent maintenant aussi en descente (voire les temps sur Strava). Je suis pour les vélos légers mais la qualité d’un vélo ne se résume pas au poids.
On s’est un peu écarté du sujet, pour le contrôle des vélos des pro , c’est compliqué il faut vérifier tout les vélos au départ et à l’arrivée et pas seulement les dix premiers , la triche peut avoir plusieurs buts,les équipiers pour aider leur leader, les sprinters pour rentrer dans les délais et/ou passer tranquille les étapes de montagnes....
Compliqué mais pas infaisable.