Présentation

Depuis cette année, les roues Assault bénéficient d'une jante plus large qui atteint les 25mm entre les surfaces de freinage. Une largeur dans l'ère du temps puisque quasiment toutes les jantes haute en carbone tendent à proposer une largeur d'au moins 24mm, gage d'un meilleur aérodynamisme et d'une plus grande rigidité.
Cela imposera presque d'utiliser des pneus de 25mm de large au moins. Avec des pneus de 23mm seulement, le rendu est bizarre, la jante étant plus large que le pneu.
Cette largeur imposera aussi de toucher au réglage de ses étriers de freins.
La largeur entre les crochets est de 17mm. La roue avant est munie de 20 rayons avec un montage radial tandis que la roue arrière offre 24 rayons, croisés côté roue-libre, radiaux côté opposé.
Poids
La paire de roues, sans blocages, est annoncée à 1515g la paire. J'ai pesé mes roues à 1560g la paire (870g à l'arrière et 690g à l'avant), auxquels il faut rajouter 56g pour chaque blocage. On arrive donc à un poids total de 1672g la paire de roues équipée des blocages. A titre de comparaison, des Mavic Cosmic Carbone 40C affichent de leur côté 1545g sans blocages.
Les tubeless Hutchinson Fusion 3 utilisés pour le test pèsent respectivement 301 et 320g. A comparer aux 220g d'un pneu identique mais auquel il faut rajouter une chambre de 70 à 90g environ. On arrive donc à un poids quasi identique que l'on soit en pneu ou tubeless, le poids de liquide préventif anti-crevaison Hutchinson Protect' Air Max étant de l'ordre de 15g par roue.
Ceux à la recherche de la légèreté pourront toujours se tourner vers le tubeless le plus léger du marché, Hutchinson Atom Comp Galactik 700x23 n'affichant que 240g.
Côté tarif, ces Assault Tubeless sont vendues 1590€, mais on les trouve à 1350€ chez Alltricks par exemple. Un tarif classique pour de telles roues.
La version boyau affiche 200g de moins sur la balance et épargnera 40€ dans votre portefeuille.
Technologie SLG et CTg

La technologie SLG (Swirl Lip Generator) utlisée sur ces roues repose sur une lèvre de 0.9mm placée sur le flanc de la jante, près des têtes de rayons.
Les tests en soufflerie ont démontré que cette lèvre réduitsait la traînée, permettant un gain de temps de 12,5s sur 40 kilomètres.
La technologie CTg de son côté permet à la surface de freinage de rester 53% plus froide (gain de plus de 35°C) que des roues traditionnelles en carbone, ce qui augure d'un excellent freinage, stable dans la durée et endurant.

Le CTg permet de mieux dissiper la chaleur sur toute la jante. Et on le sait, surtout pour des roues carbone à pneus, la chaleur est un ennemi redouté. Trop de chaleur peut amener la chambre à air à exploser... voire conduire à une déformation irrémédiable de la jante.
Les roues sont associées à des patins développés spécifiquement pour le CTg par Brakco. Des patins de couleur bleue appelés Cryo-Blue qui offrent une surface de freinage 44% plus grande que le précédent modèle. On le voit sur cette photo à droite. A gauche, le nouveau patin, à droite, l'ancienne génération.
Notons au passage que Reynolds intègre dans ces roues un témoin d'usure de la piste de freinage, sous forme d'une ligne rouge noyée dans la surface de freinage qui apparaît lorsque l'usure est trop prononcée.
Tubeless et montage des pneus
Les r
oues ne sont pas à proprement parler des roues conçues comme des tubeless, sans fond de jante.
Ce sont des roues à pneus sur lesquelles le fond de jante est spécifique pour assurer une étanchéité parfaite. A la manière de ce que se fait chez Notubes par exemple. Mais les crochets ont tout de même été retravaillés pour être compatibles avec des pneus tubeless qui nécessitent une forme spécifique, sans quoi le système ne serait pas étanche.
Conséquence de ce fond de jante spécifique ou pas, il m'a été impossible de "faire claquer" les talons du tubeless Hutchinson Fusion 3 sans avoir recours à un compresseur.
Même en savonnant largement le tout et en démontant l'obus pour avoir un débit plus important au niveau de la valve, impossible de faire monter en pression avec une pompe à pied. Seul un compresseur à cuve (merci Sylvain !) a permis d'y arriver.
L'adjonction de liquide préventif (15 à 20ml par pneu) a été obligatoire afin d'assurer l'étanchéité au niveau des crochets.
Bon à savoir avant l'achat. Si vous n'avez pas de compresseur, le montage sera sans doute très difficile en fonction du tubeless utilisé. Quant à l'obligation de liquide préventif, ce n'est pas à mon avis un problème puisque un tubeless offre de gros avantages lorsqu'il est utilisé avec ce produit, réduisant quasiment à néant les risques de crever !
Essai dynamique
Comme souvent, des roues carbone de 40mm de haut transforment positivement l'esthétique d'un vélo, même si ce dernier est assez ancien comme c'est le cas avec mon Look 555. Cest d'ailleurs souvent l'argument des acheteurs, bien avant le gain de performances, qui oriente les cyclistes vers des roues carbone à profil haut.
Côté pression, j'ai tout d'abord conservé mes pressions habituelles, à savoir 6 bars à l'avant et 6.5 à l'arrière pour mes 71kg.
Les premières sensations sont bonnes, quoique le ressenti sur route dégradé soit un peu rude. Les roues sont assez raides verticalement et la rigidité des tubeless n'aide pas non plus. Mais ça tape quand même moins que des Corsmic Carbone Ultimate équipées de boyaux. Sur routes avec revêtement parfait en revanche, c'est un vrai régal.

En cas de vent latéral, j'ai ressenti un peu plus de prise au vent qu'avec des Bontrager Aeolus par exemple. Mais le phénomène n'est pas rédhibitoire ou dangereux. Pour des jantes ayant un profil de 41mm, c'est normal et elles restent exploitables même par vent latéral assez fort.
En relance, on ne ressent pas la vivacité de roues à boyaux nettement plus légères, mais elles sont tout de même réactives et permettent d'augmenter le rythme si vos capacités physiques le permettent. Ce ne sont pas des roues typiquement faites pour la montagne en raison de leur poids, mais elles sont polyvalentes et se montreront à leur aise sur tous les terrains.
La rigidité est appréciable puisque même en réglant les patins au plus près de la jante, des sprints n'ont pas permis de faire frotter ces derniers. Un bon point pour les cyclistes puissants.
A haute vitesse, sur le plat, maintenir sa vitesse au-delà de 40km/h devient plus aisé grâce à leur profil, mais aussi grâce au poids en périphérie, plus important qu'avec des roues à profil bas. Mais là encore, c'est avant tout votre physique qui vous permettra de maintenir votre vitesse. Ne comptez pas que sur les roues !
Très bonne surprise du côté du freinage qui est très puissant, mais aussi modulable à souhait. On ne ressent pas le côté ON/OFF d'anciennes roues carbone. Ca freine fort et dès que le patin entre en contact avec la jante, tout en étant facilement dosable. La puissance vaut celle d'une bonne jante alu, c'est impresionnant.
Passer de roues alu à ces roues n'impose pas de temps d'apprentissage pour le freinage.
Je n'ai par contre pas eu le loisir de tester ces roues sous la pluie. Il n'a pas plu durant les 6 semaines du test. Dommage, car le système TCg a vraiment l'air très efficace et j'aurai apprécié pouvoir constater ce que cela donne en conditions humides.
Le tubeless permettant sans risque de pincement d'abaisser la pression, j'ai rapidement diminué celle-ci pour vérifier l'apport de confort. 5.5 bars à l'avant, 6 à l'arrière. Et c'est tout de suite beaucoup plus souple. On n'a nullement l'impression d'une perte de rendement sur très bons revêtements, en revanche, rouler sur routes granuleuses devient presque un plaisir. La faible pression permet de gommer toutes les aspérités de la route. On ne va pas exagérer en disant que l'on est sur un tapis volant, car on ressent quand même les vibrations, mais elles sont nettement atténuées.
C'est là tout l'intérêt du tubeless. Rester à la pression habituelle que l'on utilise avec des pneus + chambres serait une erreur à mon avis du fait de la rigidité de la carcasse du tubeless et de sa capacité à descendre en pression sans risque accru de crevaison.
Polyvalence et sécurité

Bien qu'il y aura toujours les puristes pour qui une roue 100% carbone ne se conjugue qu'avec des boyaux, une large part de cyclistes refuse de repasser sur les boyaux sans pour autant se refuser de belles roues carbone.
Ces Reynolds Assault ont donc une cible assez large et leur profil de 41mm les rend polyvalentes, permettant un usage sur tous les types de routes. Si l'on combine à cela la sécurité qu'offre un tubeless contre les crevaisons, ces roues ne manquent réellement pas d'atouts.
Bien sûr, le tarif de 1590€ reste élevé, mais on les trouve à 1350€ chez Alltricks par exemple et cela reste un tarif dans la moyenne pour ce type de produit.
Hormis cas extrême, le fait que ces tubeless soient complétés par du liquide préventif devrait réduire quasi à néant les crevaisons, même avec un tubeless ultra léger à seulement 240g comme le Galactik.
Bien sûr, la paire de roues boyaux restera 200g plus légère, mais que sont vraiment 200g pour 80% des cyclistes ? Pas grand chose. En tous cas, côté performances, difficile de voir une différence.
Reste que le montage devra être réalisé à l'aide d'un compresseur. Et c'est là pour moi la seule limite de la plupart des roues tubeless. Si vous n'êtes pas équipés d'un compresseur à cuve, l'achat de ce dernier s'impose si vous voulez pouvoir monter vos pneus facilement et en toute sérénité.
Merci à Valdenaire pour le test de ces roues, mais aussi à Hutchinson France pour m'avoir fourni les tubeless.









































mecanovelo mardi 17 février 2015, 19:40
merci guillaume pour toutes les infos concernant le tubless je suis un adepte depuis 5 ans je roule avec des campa shamal et pneus fusion3 ou gallactic et atom le poids de la paire de roue est de 1455 g et 115 g de blocage cote rendement et confort j'adore pression de 6.5 a 8 kg suivant la meteo et le revetement pour info je pese 65 kg je n'utilise pas de liquide preventif 1 crevaison en 30 000 kms et encore je suis rentre en regonflant tous les 10 kms ma question est la suivante : peu d'interet d'avoir des roues carbon tubless alors que des roues alu sont plus legeres et moins cher et freine mieux vive le tubless
bleep mardi 17 février 2015, 19:58
Bonjour,
pour moi tu fais erreur les rayons sont en acier inoxydable et non en alu...
as tu mesuré le ballon des pneus avec un pied à coulisse ?
si la largeur entre crochet fait 17mm , ton pneu de section 23 une fois monté s'approchera de 25mm...
si tu montes une section 25 sur ce type de jantes ton pneu devrait faire presque 28mm (ce qui va être limite sur certains cadres/fourches)
Guillaume [Matos Vélo] mardi 17 février 2015, 20:32
mecanovelo, en effet, à part l'esthétique, peu d'intérêt. Mais idem pour une roue carbone à boyau. Même 200g de moins sur une paire, ça ne change pas grand chose au final.
bleep, j'ai mesuré, les tubeless (des 700x25) mesuraient 26mm une fois montés. Pour les rayons, erreur en effet, ce sont les écrous qui sont en alu. J'ai modifié.
COLIN mardi 17 février 2015, 21:33
je roulai depuis 3ans avec des tubeless pour la "sécurité". En fait j'ai éclaté à l'avant avec un fusion3 NEUF, pas de choc, pas de trou sur une chaussée impeccable. La pression était celle recommandé. Montage sur shamal 2way fit. De plus, un trou dans le pneu lorsqu'il est supérieur à 2 mm n'est pas colmaté par le liquide préventif.
Je serai intéressé de connaître ton avis sur un test de réparation sur la route que tu pourrais tenter sur ce genre de matériel, notamment essayer de mettre une chambre à air avec le liquide anticrevaison qui te coule sur tes doigts.
A la Ventoux je me suis fait ramener par un automobiliste (carcasse hs sur un choc avec une pierre)
Michel (je te remercie pour tes essais objectifs)
klarf mercredi 18 février 2015, 08:17
Peux tu Guillaume stp en dire un peu plus sur les patins stp ?
"Les roues sont associées à des patins développés spécifiquement pour le CTg par Brakco. Des patins de couleur bleue appelés Cryo-Blue qui offrent une surface de freinage 44% plus grande qu'un patin traditionnel."
44% me parait énorme, ça serait intéressant de savoir comment.
Guillaume [Matos Vélo] mercredi 18 février 2015, 08:40
Ca m'a paru énorme aussi, mais c'est ce qui est indiqué.
Phil mercredi 18 février 2015, 08:55
J'ai la version 2014 (donc non tubeless) des Assault.
Concernant le freinage les patins Reynolds associé à des freins duraace directmount apporte effectivement un excellent freinage, puissant en restant modulable sur le sec.
En revanche pas de miracle sous la pluie, ça reste moins performant et beaucoup plus bruyant que des roues alu.
klarf mercredi 18 février 2015, 10:53
Guillaume, tu ne peux pas te renseigner sur le pourquoi du comment ? Car là ça fait un peu discours commercial
Sim mercredi 18 février 2015, 11:53
- Ces Reynolds ont effectivement une hauteur comparable aux Mavic 40C. Mais les Mavic sont très étroites (19 mm), net avantage Reynolds avec 25 mm.
- Un test très sérieux sur la tenue thermique de jantes carbone à pneu (élévation de température lors du freinage) révèle que les Reynols Assault sont défaillantes, rapidement endommagées. Donc non adaptées à un cycliste de plus de 80 kg et aux parcours montagneux (longues descentes raides). cf TOUR magazin, décembre 2014, en allemand.
Ce test indique que les jantes Campagnolo Hyperion Ultra ont atteint la température record de 240 °C, mais n'ont subit aucun dommage ni de déformation. Reynolds prétend que ses jantes ont une moindre augmentation de la température... Peut-être, mais l'important c'est d'y résister !
Guillaume [Matos Vélo] jeudi 19 février 2015, 09:19
klart, j'ai rajouté dans l'article une photo de l'ancien patin et du nouveau. Le nouveau a donc 44% de surface de plus, confirmé par Paul Lew.
grichka vendredi 20 février 2015, 19:30
Bonjour Guillaume,
Quels sont tes ressentis en comparatif par rapport au C40C essayées récemment?
Merci
Guillaume [Matos Vélo] lundi 23 février 2015, 15:57
Sincèrement, les Mavic CC40 et ces Reynolds sont très proches. Ce qui fera la différence à mon avis, c'est la possibilité de monter du tubeless.
klarf dimanche 1 mars 2015, 10:04
Merci Guillaume pour la photo du patin, on se rend mieux compte de la différence. Par contre ça reste un patin propre à cette jante, vu la hauteur beaucoup de jante carbone n'accepteront pas ce patin.
kongfufu mercredi 4 mars 2015, 22:54
je vais passer en tubeless cette semaine. pour info il existe une pompe qui permet de mettre en place les pneus sans avoir recours à un compresseur. elle dispose d'une partie qui fait office de cuve qu'on remplie en pompant. ensuite il suffit de relacher l'air de la cuve pour mettre le pneu en place. c'est bontrager qui fait ça, mais pas essayé.
Julie Van Zuyt Dam mardi 17 mars 2015, 09:21
Pour monter des pneus tubeless, j'en enduis les bords directement au liquide préventif à l'aide d'un pinceau. C'est parfaitement étanche et fait fonction de lubrifiant qui favorise le placement du pneu.
Julie Van Zuyt Dam mardi 17 mars 2015, 09:27
A Kongfufu : C'est sans doute de cette pompe qu'il est question http://www.bontrager.com/model/1188... . 126 € ! Oups !!!
Guillaume [Matos Vélo] mardi 17 mars 2015, 09:28
Oui, mais là, même avec cette technique, ça ne fonctionnait pas. Ca dépend du couple jante/pneu !
Julie Van Zuyt Dam mercredi 18 mars 2015, 08:08
Problème de pompe ! Je n'utilise qu'une pompe à pied et je n'ai jamais eu de souci ; les pneus "claquent" et se mettent bien en place ... sans effort !
Guillaume [Matos Vélo] mercredi 18 mars 2015, 08:39
Relisez bien mon article. J'ai dû passer par un ami qui a un compresseur, et même là, ça a difficilement claqué.
J'ai testé avec deux pompes, SKS Rennkompressor et Lezyne Alloy Floor Drive.
Aussietre Jean Pierre vendredi 20 janvier 2017, 12:02
Bonjour
Je m' intéresse aux roues Reynolds Assault SLG
Pouvez vous me dire comment vous les classeriez en terme de freinage ? (échauffement) dans les descentes.
Ceci dit je ne pense pas les utiliser en haute montagne mais en moyenne montagne pourquoi pas, ou terrain en montagne russe
merci sportivement