
La phrase de Marc Madiot :
On s'est rendu compte au fil des épreuves et des mois qu'un certain nombre d'équipes avaient déjà largement remplacé les oreillettes par les systèmes Garmin où on était en capacité de transmettre des informations en permanence aux coureurs. A savoir qu'ils avaient sur leur Garmin le tracé du parcours qui se déroulait, ce qui explique peut-être aussi le fait que l'on ait des chutes dans les longues lignes droites où les coureurs touchent des roues puisqu'ils regardent leur Garmin, pas ce qui se passe devant eux.
Avec ce même système, on est en capacité d'indiquer si ça tourne à droite ou à gauche pour le vent, mais aussi d'anticiper sur les dépannages en cas de crevaison ou problème mécanique.
Même si tous ces dires ne sont sans doute pas à prendre au pied de la lettre, j'ai tenté de vérifier ce qui était possible ou pas.
Transmettre des infos aux coureurs

Avec les tous derniers GPS Garmin, il est en effet possible de recevoir des messages de n'importe qui puisque le GPS peut afficher les SMS qui arrivent sur son téléphone portable.
Rien n'empêcherait donc un directeur sportif d'envoyer ses instructions via SMS plutôt que par radio.
Mais deux écueils à cette solution :
- les portables sont interdits par l'UCI en course
- aller lire un SMS oblige tout de même à quelques manipulations (pas moins de 7 appuis sur 4 boutons différents sur un Garmin 520 par exemple)
Bien que les portables soient interdits en course, rien ne dit que les coureurs soient fouillés. Dans ce cas, il est possible de cacher un portable dans la poche radio de son cuissard, mais je n'y croit pas trop.
Anticipation des dépannages
Là encore, avec la fonction LiveTrack, rien de plus simple puisque le directeur sportif peut être informé dès qu'un coureur s'arrête. Mais cela oblige une fois de plus le coureur d'avoir sur lui un téléphone portable.
Et cette solution ne fonctionne pas toujours parfaitement si le réseau cellulaire n'est pas au top. Bref, cette possibilité est tout de même d'une utilité réduite vu la rapidité des infos radio en course pour les incidents mécaniques et assez aléatoire en fonction de la couverture réseau.
Des firmwares personnalisés

Que ce soit pour des GPS Garmin ou d'autres marques, la création d'un firmware personnalisé n'est pas à exclure. Un firmware (ou micrologiciel) est ce qui permet à votre matériel informatique de fonctionner, d'avoir telle ou telle fonctionnalité. C'est notamment via la mise à jour régulière de ces firmwares que les marques corrigent des bogues sur du matériel ou implémentent de nouvelles fonctionnalités (les segments Strava par exemple sur les Garmin Edge 810 et 1000).
Que ce soit avec ou sans l'aval de la marque qui fournit le GPS , il est tout à fait possible qu'une équipe bénéficie d'un logiciel interne spécifique qui pourrait par exemple permettre d'afficher des infos spécifiques sur l'écran du GPS à un point kilométrique précis. L'affaire Volkswagen nous le prouve, on peut programmer ce que l'on veut avec les bonnes compétences. Bosse à venir (avec longueur et pente moyenne), changement de direction de la route pour prendre en compte le sens du vent, ...
Ce serait pour moi la seule solution crédible à l'heure actuelle, sans l'aide d'un téléphone portable. Mais qui demanderait de programmer par anticipation des alertes, sans que le directeur sportif ou le staff d'une équipe ne puisse transmettre des données en direct aux coureurs.
On est quand même loin de la transmission des infos en direct, car il faudrait pour cela que les GPS soient équipés d'une carte SIM. Nous ne sommes à l'abri de rien.
Mais l'oreillette étant à nouveau autorisée sur la majorité des courses, le débat est quasiment clos à ce niveau.
Dommage, à mon sens, on perd beaucoup d'intuition du cycliste, d'intelligence de course et de capacité d'anticiper de la part des coureurs.

Arnaud Duval mardi 29 septembre 2015, 17:40
L'affichage du tracé avec en permanence l'indication du nord avec une flèche permet effectivement, connaissant a priori la direction du vent pour la journée, de savoir si celui-ci va basculer de face ou de côté dans les kilomètre à venir au gré d'un virage. Bon, ce genre de chose se prépare généralement au briefing d'avant départ. Le Garmin peut éventuellement servir de session de rattrapage pour les distraits.
Je ne vois par contre pas de quelle manière on peut anticiper les dépannage.
Pour ce qui est des firmwares personnalisés, ça me parait très peu probable. On est sur des systèmes fermés donc difficilement accessible pour un développeur externe sans un énorme travail de rétro-ingénierie.
Par contre, le format d'import de trace permet déjà d'inclure des alertes pour indiquer par exemple la direction à prendre à la prochaine intersection donc il est très facile d'ajouter des alertes spécifiques du genre "attention rétrécissement dans 3 km". Mais bon, là encore, on reste plus dans la version moderne de l'antisèche sur la potence que de la solution de remplacement des oreillettes.
En tous cas, j'attends avec impatience la sortie du compteur Canyon sous Android Wear qui devrait pour le coup ouvrir la porte au développement d'applis spécifiques pour les compteurs GPS.
Crash-- mardi 29 septembre 2015, 19:24
@Arnaud : L'équipe Cannondale - Garmin n'aurait pas besoin de faire un gros travail de rétro-ingénierie sur les GPS de la marque éponyme ;).
Mais à part ça, je suis plutôt d'accord avec toi. Ça me semble être un bon moyen de rattrapage, mais je ne vois pas comment ça pourrait aider la communication voiture -> cycliste.
Quant au téléphone connecté sur les GPS, c'est assez simple de vérifier leur présence, et quand bien même, au bout de 4h ils n'auraient plus de batterie...
Guillaume [Matos Vélo] mardi 29 septembre 2015, 20:20
4h, faut pas déconner. Même avec Strava, mon téléphone tient 8h sans souci, donc sans Strava mais juste le Bluetooth, les 10h sont largement faisable.
Alain mardi 29 septembre 2015, 21:53
Laissons se developper la course des robots soumis :
téléphone autorisé , sms autorisé , gps , grand ecran type ipad mini sur le guidon avec grand clavier .... , camera , ecran google glass dans les lunettes , vision tete haute type avion de chasse pour la sécurité , drone au dessus de chaque coureur pour le ravitaillemennt en produit extremement énergétique etc . Là , on aura du spectacle ! Du vrai cirque .Pourquoi faire les choses à moitié?
RPM jeudi 1 octobre 2015, 22:50
un iphone non

je pense que 4h doivent pas être loin de suffire pour mettre à plat un iphone 6 avec Strava
Guillaume [Matos Vélo] vendredi 2 octobre 2015, 08:09
C'est un choix ça ;-)
Gaby lundi 12 octobre 2015, 17:34
J'arrive un peu tard mais ils ont "ouvert" leurs firmware avec Connect IQ, voir http://www8.garmin.com/support/down...
Ce qui permettra de développer presque tout et n'importe quoi!
vieuxjim mercredi 3 février 2016, 08:47
Concernant l'usage des oreillettes et la mutation des coursiers modernes en robots, je suis d'accord avec ce qu'écrivait ALAIN le 29 SEPTEMBRE et j'ajouterais que depuis cette date, les choses ont encore évolué dans le mauvais sens, comme souvent: je viens de regarder dans deux magazines spécialisés la présentation des nouvelles équipes pro et je m'aperçois que le look barbu va être la nouvelle tendance en 2016; après s'être fait des tatoos, le cycliste sera barbu (au moins la barbe de 3 jours), portera des chaussettes de tennis et une casquette de base-ball pour monter sur le podium . Il y a un instinct grégaire chez le compétiteur cycliste et les tireurs de ficelles -organisateurs, sponsors, directeurs sportifs- le savent .
Ils misent là-dessus pour mieux tenir en laisse les toutous que sont devenus les coursiers (mis à part quelques "cas" du genre Sagan ou Betancourt ). Je me prends à être nostalgique de l'époque des personnalités qu'étaient Bahamontès, Anquetil, Baldini, Altig, Van Looy, pour ne citer que quelques uns des nombreux chevaliers qui ont illuminé mon adolescence...
Il n'y avait pas d'oreillettes, à peine une mauvaise radio dans les voitures suiveuses, il y avait aussi moins d'argent, il y avait des drames, des erreurs de stratégie fatales, des amphétamines (aujourd'hui, il n'y en a plus , n'est ce pas?)
C'était dans les années 60 !