Présentation
Avec ce modèle Torch 1.0 proposé à 99.90€, Specialized s'attaque aux produits vendus habituellement en grande surface spécialisée, dont Decathlon avec par exemple son modèle Van Rysel RoadR 900 proposé à 120€.
Déclinée en 3 coloris (blanc, rouge et noir), les Torch 1.0 proposent un serrage à disque Boa L6-Snap ainsi que l'ergonomie Body Geometry des chaussures route haut de gamme comme les S-Works 7.
Plus que l'ultra performance, Specialized mise sur le confort avec ce modèle. Pourquoi pas ! Car avons-nous tous réellement besoin de chaussures hyper-rigides comme les coureurs professionnels ? Certainement pas.
Inédit à ce niveau de prix, on trouve un système de serrage Boa L6-Snap. S'il n'est pas aussi évolué que les versions IP1, puisque ce dernier n'agit que sur le serrage, il se montre très compact. En général, les marques proposant des chaussures d'entrée de gamme ne proposent pas de système à enrouleurs ou alors des marques moins performantes.
Afin de ne pas alourdir la chaussure (pesée à respectivement 285 et 288g en taille 43), ce sont des guides textiles qui prennent place au niveau de la languette. Ces guides textiles ont aussi l'avantage de ne pas créer de "point dur" sur la chaussure, toujours bon pour le confort. Un système complété d'un serrage velcro sur l'avant du pied.
La tige de la chaussure est réalisée en matériau synthétique souple pour le confort, intégrant un mesh pour la ventilation. De nombreuses perforations laser sont présentes sur les deux côtés.
Au niveau du talon, pas de matériau évitant la remontée du pied lors de la traction, mais deux parties en mousse permettant de pincer légèrement le tendon d'achille, ce qui a le même effet.

On retrouve sur les chaussures le concept Body Geometry qui permet d'optimiser l'alignement hanche/genou/pied, améliorant ainsi les performances ainsi que le confort.
Ainsi, le galbe et le varus de 1,5mm sont toujours de mise, comprenez que le premier métatarse, côté intérieur du pied, est relevé de 1,5mm.
La finition générale de la chaussure ne souffre d'aucune critique que e soit au niveau des coutures ou des parties collées, c'est du même niveau que les modèles les plus chers. Specialized ne semble pas avoir rogné sur la qualité pour proposer ce modèle à un tarif de moins de 100€.

Point de carbone sur ce modèle, puisque ce matériau est très onéreux, mais du nylon, une alternative légère et bon marché.
Il en résulte une rigidité moindre, puisque l'indice de rigidité est de 6 contre 15 pour les S-Works 7. Attention, cet indice de rigidité ne signifiant pas que les semelles de ces Torch 1.0 soient deux fois moins rigides que celles des S-Works 7.
C'est cette semelle externe qui offre un calage Varus de 1.5mm, optimisant l'efficacité biomécanique. On trouve un perçage de type 3 trous pour les cales avec quelques repères en relief. Les perçages sont totalement fixes, vous ne pourrez donc compter que sur l'amplitude de réglage offerte par la fixation des cales pour obtenir le bon réglage.
On retrouve à l'arrière une talonnette mais aussi une protection à l'avant, moulée, permettant de ne pas abîmer la semelle externe. Une entrée d'air se trouve dans cette protection avant, ce qui permettra d'apporter de l'air frais au pied.
Les semelles internes sont plus simples que sur les modèles haut de gamme, mais on trouve quand même un léger bouton métatarsien qui permettra d'écarter légèrement les os des métatarses au bénéfice de la circulation sanguine (évitant ainsi échauffements et fourmillements).
Sur la route

En enfilant pour la première fois ces Torch 1.0, c'est bien le confort qui prédomine, avec pas mal de place sur l'avant du pied au niveau des orteils. Cela évite d'avoir le pied trop serré sur cette partie.
Le serrage Boa est très efficace jusqu'au milieu du pied. On peut serrer très fort sans ressentir de point de pression gênant sur le dessus du pied. En revanche, le velcro, comme sur de nombreuses chaussures, me semble d'une efficacité toute relative. Les matériaux sur l'avant du pied étant très rigides, le velcro n'arrive pas à déformer suffisamment cette partie pour avoir un effet notable sur le volume de la chaussure sur l'avant.
En roulant, cette sensation de confort reste bel et bien présente. Le surplus de mousse au niveau du talon, s'il n'est pas aussi efficace que sur les modèles premium, offre un bon maintien sans aucune gêne.
Que ce soit par plus de 28°C ou moins de 7°, les Torch 1.0 se montrent confortables, sans sensation de pieds trop chauds ou trop froid, elles sont plutôt bien étudiées pour nos latitudes. Au-delà de 3 heures de selle, elles sont toujours aussi agréables à porter. Pas de sensation d'échauffement ou de fourmillements.
En revanche, quand on cherche à être plus dynamique ou que l'on tire fort sur les pédales dans des cols en danseuse, le maintien au niveau du talon est un peu moins bon que sur des modèles plus onéreux, mais sans que cela soit réellement très gênant pour un cyclosportif.
Ma plus grosse crainte était au niveau de la rigidité de la semelle. Avec un indice de rigidité de seulement 6, on pouvait s'attendre à des semelles souples, mais il n'en est rien, tout au moins tant que l'on reste sur des puissances inférieures à 350/400 watts. Dans ces cas conditions, il est sincèrement difficile de faire la différence avec la semelle d'une S-Works 7. En tous cas, on ne ressent aucune perte de puissance.
Il n'y a vraiment qu'en développant plus de 400 watts, sur de fortes accélérations ou des sprints que l'on sent que la semelle se montre un peu plus flexible qu'un modèle en carbone. Dans ces cas, on doit certainement perdre quelques watts au passage. Mais hormis des coursiers, qui a réellement besoin de sprinter ou faire de grosses relances nécessitant une rigidité extrême ?
Bilan
Oui, les Torch 1.0 sont moins rigides que les modèles haut de gamme valant bien souvent plus de 200€, mais avec un tarif de seulement 99.90€, ces chaussures s'adressent avant tout aux cyclosportifs ou cyclistes à la recherche de chaussures confortables, capables d'enchaîner les heures de pédalage.
A moins de 100€, Specialized arrive à proposer un produit très bien fini, avec en plus un serrage Boa L6-Snap dont l'efficacité et la durée de vie n'est plus à prouver.
Clairement, la marque américaine frappe fort, en proposant des chaussures technologiquement bien pensées et accessibles à tous. On ne pourra plus dire que pratique le cyclisme est hors de prix, on pourra même rouler avec aux pieds des chaussures portant la marque la plus en vue du moment, avec un design proche des modèles portés par Peter Sagan ou Julian Alaphilippe, sans se ruiner.







































Marc mardi 12 novembre 2019, 10:19
Enfin, les fabricants commencent à comprendre que nous ne sommes pas des pigeons!
Très bonne initiative que cette paire de chaussures cycliste à 100 euros. De mon côté, je ne suis jamais rentré dans cette spirale des achats hors de prix et mes chaussures n'ont jamais dépassé les 150 euros, mes dernières les Sidi Genius 7 à 130 euros!
Guillaume, faut-il prendre une taille de plus (comme pour les Sidi) avec ces Specialized Torch 1.0?
cricri mardi 12 novembre 2019, 11:51
enfin des chaussures pas chères... ca passe pour les pieds larges ? j'ai les memes mesures de pied que toi et la avec les shimano j'ai le petit doigts qui souffre à chaque sortie.
Sam mardi 12 novembre 2019, 13:51
Slt, j ai le pied large pour ma part, quand j'utilise pas les chaussures, je bourre l'interieur , le bout avec du papier journal, c est tres efficace quand les chaussures vous serrent a faire mal
Anto mardi 12 novembre 2019, 18:33
Spé semble proposer une paire à un prix non exorbitant, ça va dans le bon sens.
Mais encore une fois, et malgré semble-t-il une prise en compte du besoin de "confort" comme cela est évoqué par Guillaume, on ne s'attaque pas au fond du problème : à savoir que TOUTES les chaussures de cyclisme (à ma connaissance, SANS AUCUNE EXCEPTION à ce jour), ne sont pas adaptées à un pied humain "normal", c'est à dire non déformé par le port de chaussures depuis la plus tendre enfance.
En effet, contrairement à ce que l'on peut voir depuis une dizaine d'année en course à pied et même plus récemment pour les chaussures "de tous les jours", aucun des fondamentaux du "minimalisme" n'est pris en compte (à part la légèreté) :
- semelle plate sans aucun soutien de voute plantaire.
- drop nul (ie. pas de surélévation du talon).
- largeur plus importante au niveau du bout des orteils.
- pas de surélévation des orteils.
Est-ce que seulement, chez les fabriquants de chaussures de vélo, il y a des gens qui réfléchissent à cela ? Si oui, ont-il peur de ne pas trouver de marché ?
Bon je sais c'est avant tout un problème de mode qui confine au tabou ; pour porter exclusivement ce genre de chaussures depuis quelques années (même en vélo => baskets + pédales plates), au mieux les gens regardent mes pieds de travers, au pire ils se moquent de mes chaussures "de canard".
A croire que les gens préfèrent avoir de jolies chaussures à talons et bien pointues, qui sont stylées - mais qui mutilent les pieds !
Et après on se plaint de douleurs aux pieds, de problèmes aux genoux, au dos, au cou.... et on traite les symptômes au lieu de s'attaquer à l'une des causes importantes de ce genre de maux, à savoir les chaussures elles-même. Comment espérer avoir une bonne posture, sans avoir des pieds libres, forts, flexibles, musclés, toutes choses gravement entravées par les chaussures "classiques" ??
Ceci n'est bien sûr que mon avis, même si je ne suis pas ni le seul ni le premier à le penser.
Jeremy mercredi 13 novembre 2019, 08:46
Anto, si je suis totalement d'accord avec toi sur les chaussures de course à pied/du quotidien, je ne vois pas bien le rapport avec des chaussures de vélo, en dehors de la place pour les orteils (et encore, c'est une histoire de confort là, pas de travail de pied ou des orteils): on parle d'une activité totalement différentes, avec des contraintes/efforts qui n'ont rien à voir entre la marche/course ou le vélo.
A aucun moment en vélo le pied ne va travailler comme en course à pied. Pas d'équilibre dynamique, pas de travail de la posture, de la voute, des orteils, de propulsion..bref, mécaniquement le mouvement n'a rien à voir, les contraintes n'ont rien à voir, l'effort n'a rien à voir;..du coup les notions de drop, de soutien de la voute, et même de place pour les orteils (en dehors du confort évidemment, car en effet la plupart des chaussures de vélo sont trop étroites...) me semblent vraiment inadaptées...
Anto jeudi 14 novembre 2019, 00:00
@Jeremy : en effet tu as raison de dire et de détailler en quoi les contraintes ne sont pas les mêmes en course à pied et en vélo, et je suis plutôt d'accord avec tes arguments.
Néanmoins (et en essayant cette fois de faire abstraction de toute provocation...), je persiste à penser que même s'il existait des chaussures de cyclisme véritablement larges au niveau des orteils, ça ne serait pas suffisant pour moi.
En effet, il me semble que le drop, le soutien de voûte plantaire, de "toe spring" (surélévation du bout des orteils par rapport au reste du pied), ainsi que la rigidité excessive, tout cela contribue à maintenir le pied dans une position non naturelle et figée, avec peu voire pas de marges de mouvements. Et cela pendant de longues heures et très souvent pour un cycliste assidu. Je pense aussi au point de pression qui se concentre sur quelques centimètres carrés (liaison cale-chaussure), au niveau de la base de l'articulation des orteils : précisément un endroit qui est grandement fragilisé par tous les éléments cités précédemment !
Or contrairement a ce que l'on croit trop souvent, le pied n'est pas un bloc rigide mais une mécanique de très haute précision, avec je crois une trentaine d'os distincts, d'innombrables muscles et terminaisons nerveuses; bref c'est d'un niveau comparable à la main dont on vante tant les mérites. Et les pieds sont sensés faire le lien entre notre corps et le sol (dans toutes ses configurations), ce qu'ils savaient très bien faire avant l'arrivée des chaussures...
Donc le fait de mettre ses pieds dans une sorte de camisole pour faire du vélo, ça ne peut que leur faire du mal, et quelque part les atrophier à la longue. Je préfères laisser les miens "vivre", autant que possible, y compris sur le vélo !
Cricri974 vendredi 15 novembre 2019, 08:57
Bàn je suis passé chez le cordonier avec mes shimano et il a mis dans sa machine pour les élargir... je verrai le résultat samedi lors de la sortie
andy samedi 16 novembre 2019, 13:15
En cas de morphologie atypique , reste le véritable sur mesure chez sierra par exemple
geodtib dimanche 17 novembre 2019, 14:43
@Andy: Oui , mais pas à 100€ !!
Ksyrium dimanche 17 novembre 2019, 20:44
Intéressé, mais on les trouve où ces chaussures ?
Pour l'instant, même pas sur le site de la marque... Les "Torch 1.0 Road" disponibles ne sont pas à Boa mais à scratch.
Une date de sortie prévue ?
smog mardi 19 novembre 2019, 08:09
" on trouve un système de serrage Boa L6-Snap. S'il n'est pas aussi évolué que les versions IP1, puisque ce dernier n'agit que sur le serrage, il se montre très compact."
Je ne comprends pas cette phrase. Les IP1 font autre chose que serrer ? Ou bien c'est l'inverse ?
Belles chaussures en tout cas, et pour ma part le plus important dans une chaussure, outre sa largeur, c'est la semelle intérieure et son serrage. Mais sur le haut de gamme ce n'est pas forcément le mieux !
Guillaume [Matos Vélo] mardi 19 novembre 2019, 15:16
Oui smog, les disques Boa IP1 permettent aussi de relâcher le serrage en tournant dans le sens inverse.
smog mardi 19 novembre 2019, 17:12
OK merci Guillaume. Le L6 permet juste de serrer ou de "tout relâcher" j'imagine, sans desserrage partiel.
Guillaume [Matos Vélo] mercredi 20 novembre 2019, 15:14
Ksyrium, elles sont pourtant bien sur le site Specialized : https://www.specialized.com/fr/fr/t...
Ksyrium lundi 2 décembre 2019, 19:13
Merci Guillaume,
Effectivement on trouve ces chaussures mais pratiquement toutes en rupture de stock.
Il va falloir attendre l'approvisionnement des modèles...