Présentation

C'est bien sûr dans une livrée vert céleste que j'ai testé ce Bianchi Specialissima. Mais pas n'importe quel vert céleste, puisqu'il s'agit du nouveau coloris Céleste Fluo (nom de code CK16) dévoilé lors de la sortie de ce vélo.
Un coloris qui ne renie pas la couleur originelle de la marque, mais qui la modernise légèrement. Certains détestent, d'autres adorent. Toujours est-il que cela change des vélos noirs.
Le Specialissima CV est un cadre carbone monocoque qui permet à Bianchi d'entrer dans le club fermé des cadres poids plume, puisque ce modèle est annoncé à 780g en taille 55 et la fourche n'affiche que 340g. De quoi offrir un vélo qui passe nettement sous la limite UCI des 6.8kg.
Un poids plume qui ne fait pas l'impasse sur le confort puisque Bianchi a intégré entre les nappes de carbone son matériau Countervail, une membrane viscoélastique, dont le but est de réduire les vibrations (jusqu'à 80%).

Seules deux couleurs sont disponibles "de série" sur ce Specialissima, ce vert céleste fluo, mais aussi un noir mat. Mais de nombreuses options sont possibles à travers le programme de personnalisation Tavolozza qui propose plus de 20 coloris personnalisés.
Le Specialissima se décline en 7 tailles (47/50/53/55/57/59/61cm) avec le choix entre Super Record (EPS ou mécanique) et Dura-Ace (Di2 ou mécanique) avec des roues Bora Ultra, Racing Zero Nite ou Carbon.
Le modèle testé ne fait pas affront aux amoureux des vélos italiens puisqu'il est équipé d'un groupe Campagnolo Super Record, de roues Fulcrum Racing Zero et de périphériques carbone FSA K-Force.
Un modèle pesé à tout juste 6kg (sans pédales ni porte-bidons) en taille 55 et qui s'affiche 10099€.
Une finition exemplaire, de la haute couture


Le cadre est intégralement peint à la main en Italie. Mais le souci du détail et de la perfection ne s'arrête pas là puisque les graphismes (logos, ...) sont eux-aussi intégralement peints à la main. Pas de décalcomanie donc sur le Specialissima.
Une véritable oeuvre d'art avec ces décorations parfaitement réalisées. Même en cherchant la petite bête, rien n'est sujet à critique.

Même le serrage de la tige de selle, classique, reprend les couleurs du vélo et est siglé Carbon Ti, tout comme les vis servant à fixer les porte-bidons.
Les formes des tubes sont aussi très travaillées. La douille de direction est par exemple légèrement pointue à l'avant, pour mieux fendre l'air. Idem pour le tube diagonal, travaillé sur sa partie frontale. L'intégration des câbles est aussi très bien réalisée. Non, sincèrement, le Specialissima est cher (4299€ le cadre nu), mais on en a pour son argent. Pour qui aime les beaux objets, ce Bianchi est un véritable travail d'orfèvrerie.
Un équipement au-dessus de tout soupçon


La pièce maîtresse de ce vélo reste son groupe Campagnolo Super Record mécanique. Bien qu'adepte des produits Shimano, je ne reste pas insensible à la finition et au souci du détail Campagnolo, même si certains détails techniques, comme le double entraxe du pédalier, me laissent dubitatif.
Le poste de pilotage et la tige de selle sont de chez FSA. Potence OS-99 CSI et cintre K-Force Compact complétés par la tige de selle K-Force Light SB25. Que du beau monde donc pour équiper ce vélo.
Sur la route
La première impression que donne ce Specialissima, c'est la légèreté. Avec 6kg et des roues à tout juste 1420g, le vélo est vif, très réactif à la moindre sollicitation. En danseuse, le transfert de gauche à droite se fait aisément, c'en est même surprenant de facilité.

Mais bien que très léger, ce vélo est pourtant diablement rigide. Même en sprintant ou en relançant, la boîte de pédalier et les bases ne bronchent pas. Que l'on soit sur le petit plateau ou que l'on décide d'envoyer les watts sur la plaque, le Specialissima ne demande qu'à jaillir.
Son point fort, les pentes raides. La faible inertie du vélo permet de grimper vite et, si vous voulez relancer ou placer une attaque, il permet de le faire plus facilement qu'avec d'autres vélos.

Mention très bien pour le poste de pilotage. Le cintre K-Force Compact, bien que majoritairement rond, est légèrement travaillé sur sa partie haute, ce qui permet une prise en main très confortable.
Idem pour les poignées Campagnolo Ergopower Super Record qui offrent une excellente préhension grâce à une ergonomie bien pensée. Malgré un cintre compact, je trouve toujours délicat d'aller descendre pignons ou plateaux via la gachette située à l'intérieur des poignées. Mais à part ce point subjectif, il n'y a pas à dire, le Super Record fonctionne à merveille. Plus viril que du Shimano ou SRAM, les vitesses n'en passent pas pour autant moins bien.
Côté confort, la technologie Countervail participe activement au confort du vélo qui absorbe bien les vibrations de la route. Et les bases assez fines sur leur partie arrière, tout comme les haubans très fins, permettent à la roue de rester collée au sol. C'est souvent un problème sur les vélos trop légers, le train arrière peut sautiller sur mauvais revêtement.


En descente, le vélo est toujours aussi maniable et les roues basses permettent de ne pas subir le vent latéral. Des roues légères et rigides, dotées de roulements céramique. Sans doute parmi les meilleures roues alu du marché. Mais difficile de vérifier l'apport des roulements céramique sur la route.
Ces roues alu, associées aux excellents freins Campagnolo Skeleton permettent des décélérations extrêmement puissantes. Quand on a passé quelques mois avec des roues carbone, on constate de suite que, même si le freinage de ces dernières a fait d'énormes progrès, on est très loin de la puissance de freinage permise par les roues alu.
Seul bémol du côté du train roulant, les pneumatiques Vittoria Rubino Pro Speed. Bien que pesant seulement 180g en 23mm de section, des Corsa auraient sans doute été plus appropriés sur un tel vélo et amèneraient un peu plus de vivacité dans les changements de trajectoire.
Les longs bouts droits plats ou légèrement descendants ne sont en revanche pas son terrain de prédilection. Les jantes basses n'offrent pas l'inertie des roues hautes en carbone. Mais cela n'empêchera pas un coureur puissant de rouler très vite. Mais indubitablement, ce Specialissima est fait pour gravir les sommets. La montagne est son terrain de jeu favori.
Tarifs
Retrouvez toutes les spécifications techniques et équipements des Specialissima ici (4.70Mo)
- Specialissima Super Record EPS - roues Racing Zero : 12599€
- Specialissima Super Record EPS - roues Racing Zero Carbon : 13579€
- Specialissima Super Record EPS - roues Campagnolo Bora : 14349€
- Specialissima Dura Ace Di2 - roues Racing Zero : 11099€
- Specialissima Dura Ace Di2 - roues Racing Zero Carbon : 12079€
- Specialissima Dura Ace Di2 - roues Racing Speed XLR : 12729€
- Specialissima Super Record - roues Racing Zero : 10099€
- Specialissima Super Record - roues Racing Zero Carbon : 11079€
- Specialissima Super Record - roues Campagnolo Bora : 11849€
- Specialissima Dura Ace - roues Racing Zero : 8999€
- Specialissima Dura Ace - roues Racing Zero Carbon : 9979€
- Specialissima Dura Ace - roues Racing Speed XLR : 10129€
- Cadre nu : 4299€
Bilan

Le Bianchi est un vélo d'exception orienté très haut de gamme. Un objet de luxe que seuls quelques privilégiés amoureux de la petite reine pourront s'offrir.
Mais ils ne seront pas déçus. Comme tout objet d'orfèvrerie, le Specialissima est cher. Les nombreuses heures de travail demandées pour sa fabrication se paient. Mais le cycliste y trouvera son compte.
A réserver avant tout aux cyclistes et cyclosportifs à la recherche d'un vélo ultra-léger pour gravir les plus hauts sommets ou à la recherche de confort pour les longues distances.



















































Seagull mardi 9 février 2016, 08:28
Bonjour Guillaume,
Fausto Coppi étant décédé le 2 janvier 1960 il n'a pas pu l'utiliser dans les années 70/80 ou alors au paradis des cyclistes :-)
Amicalement
Eric
Guillaume [Matos Vélo] mardi 9 février 2016, 09:35
J'ai corrigé la phrase. Coppi utilisait un Specialissima dans les années 50. Specialissima qui était le haut de gamme de la marque dans les années 70/80.
nodoping59190 mardi 9 février 2016, 10:17
Bonjour Guillaume.
Merci pour cet essai de ce vélo vraiment splendide, ainsi que pour l'idée de la galerie photo très exhaustive qui est vraiment bien pour détailler un vélo, particulièrement lorsqu'il s'agit d'un pareil produit. Juste deux bémols pour ce Bianchi : un tarif d'aristocrate (donc regarder la galerie photo en soupirant ...) et, si j'en juge par l'état de la base droite sur la photo 42 de la galerie, l'impérieuse nécessité d'être (très ...) soigneux.
Toujours un grand bravo pour ton travail.
Olivier.R mardi 9 février 2016, 10:48
Pere Noel...s il te plait...Certaines marques de légende savent rester au top...Magnifique machine ( encore un plus pour la galerie photo)
"A réserver avant tout aux cyclistes et cyclosportifs à la recherche d'un vélo ultra-léger pour gravir les plus hauts sommets ou à la recherche de confort pour les longues distances."
...et a ceux qui veulent (peuvent ???) se faire plaisir non ?
RPM mardi 9 février 2016, 11:14
choix surprenant que les fulcrum R0 alors que les shamal auraient été plus dans l'esprit italien/campa (même si en terme de performance c'est pareil ...)
Julien mardi 9 février 2016, 14:32
C'est un magnifique vélo...mais trop cher pour moi. Merci pour l'article.
Pourquoi es- tu dubitatif concernant le double entraxe du pédalier ?
Julien
Emmanuel mardi 9 février 2016, 21:14
Certainement le seul cadre carbone qui me fait rêver. Malheureusement y'a des chances que ça ne reste qu'un rêve...
Je reste un peu sur ma faim à la lecture de l'article concernant le comportement du vélo. Surtout certains passages me font penser à des articles publicitaires. Vous nous aviez habitué à mieux. Test trop court?
" C'est souvent un problème sur les vélos trop légers, le train arrière peut sautiller sur mauvais revêtement. " => Quel est le lien entre le poids du vélo et l'adhérence arrière?? Sachant que 90% du poids vient du cycliste...
Alain mercredi 10 février 2016, 16:48
Magnifique vélo !!
Pourquoi n'est -il pas proposé en Chorus ??
c'est bien dommage que le prix soit si haut ....
Guillaume [Matos Vélo] vendredi 12 février 2016, 09:09
Julien, dubitatif, car un entraxe pour le petit plateau, et un autre pour le grand. 8 vis à démonter en tout sans véritable raison.
Igor samedi 13 février 2016, 10:40
Bonjour Guillaume,
Pour le pédalier, les avantages des 2 entraxes sont que pour changer ou remplacer un plateau tu ne touche pas à l'autre, et que les vis prenant directement dans la manivelle le risque de grippage et de casse est limité.
EN ce qui concerne la virilité comparé des groupes, j'entendais dire effectivement que campa était le plus viril. Shim je le trouve trop souple à mon gout (on ne sent quasiment pas sous le doigt le changement de vitesse). J'ai été très surpris le jour où j'ai essayé SRAM que j'ai trouvé aussi raide que campa
JULIEN mercredi 16 août 2017, 21:17
C'est vrai, il ferait très bien l'affaire en campa Chorus...
Mais bon pour gagner quelques centaines d'€ sur un budget aussi conséquent!
Magnifique velo, j'suis fan de Bianchi, j'ai un infinito en chorus avec roue eurus taille 59 il fait 7,4 kg (avec pédales).
J'en suis super content!
Philippe samedi 28 octobre 2017, 07:00
Un beau vélo certes, mais heureusement que je regarde ce site avant de me laisser tenter. Pourquoi mettre l'insertion de la gaine de frein arrière à gauche du vélo(vu de face) ? cela induit un montage des gaines particulièrement disgracieux. A ce prix là, on pourrait avoir un serrage de tige de selle moins basique et plus élégant. Certes BIANCHI, comme la plupart des autres constructeur a augmenté la hauteur de ses tubes de direction, mais alors, ces entretoises de direction? j'aime particulièrement quand l'axe des haubans et des bases passe par l'axe de la roue arrière, c'est suffisamment rare pour être signalé. j'aime particulièrement chez Bianchi l'angle du tube de selle à 72°5 (si je ne m'abuse) pour les grandes tailles bien que sur les photos ont voit que la selle est à fond vers l'arrière. Moralité, je n'achète pas. A ce prix là, je choisis un Cyfac Absolu sur mesures et pourquoi pas vert celeste.
Ludo mardi 18 septembre 2018, 21:20
Très beau velo.
Remarquez tout de même que le cadre est fabriqué à TAIWAN et la peinture faite en Italie, et oui, il n'y a pas de petits profits en Italie.
La plupart des produits Italiens estampillés Made In Italy sont bel et bien fabriqués en Asie, du moment qu'une finition est apposée en Italie, cela passe au niveau réglementaire.
La finition est belle, propre, mais de là à parler d'Orfèvre, il faut oser...
Voilà donc un très beau velo qui peut constituer une belle affaire en partant du cadre nu.
ALLOISIO jean georges mercredi 13 mars 2019, 12:33
Bonjour Guillaume
Un produit de rêve inaccessible. A une étape du tour 18, j'en vu un. Magique
Je pèse 93 kg. Est ce compatible avec ce bijou
Cordialement
Capitou06 dimanche 26 avril 2020, 15:54
Bonjour, j'ai acheté ce vélo en février 2020. Il a énormément de qualité qui avantagent le cycliste (un gain de 7 minutes sur un parcours de 4 heures par rapport à un Cannondale Synapse). Mais tout cet avantage est gâché par une peinture qui ne tient pas, après seulement un mois d'utilisation, la peinture n'a pas tenu autour du pédalier suite à déraillement (avec Di2) et un éclat est parti sans raison sur la barre. Je suis très déçu, espérant que Bianchi reprenne ce cadre en peinture, mais pas de nouvelles depuis 6 semaines.