Présentation
Un pneu très haut de gamme, dont le prix public avait été fixé à 74.99 €. Fort heureusement, on le trouve désormais à un tarif plus raisonnable de 54.99 €.
Pirelli le propose en 4 dimensions, 700x26, 700x28, 700x30, 700x32 avec des poids annoncés respectifs de 270, 297, 312 et 335 grammes. J'ai pour ma part pesé mes P ZERO RACE TLR RS 30 mm à 311 grammes.
Tous adoptent une carcasse 120 TPI. En revanche, oubliée la sous-traitance, désormais, ce pneu est fabriqué intégralement en Italie dans l'usine Pirelli de Milan-Bollate.
Le P ZERO RACE TLR RS fait appel au composé SmartEVO2, dont la formulation originale a évolué tant sur le plan chimique que sur celui des procédés. Confectionné dans les mêmes usines Pirelli qui développent les composés pour le sport automobile, le composé SmartEVO2 provient d’un mélange de polymères « intelligents », c’est-à-dire traités chimiquement afin de renforcer les propriétés des différentes chaînes de polymères, créé pour conférer au pneu une adhérence et une vitesse désormais optimisées.
La technologie SpeedCORE brevetée de la carcasse se décline dans une version plus légère pour ce modèle. L’épaisseur de la bande de roulement et les couches de tissu de la structure ont été revues afin de réduire le poids (-8 %* par rapport au P ZERO RACE TLR) et contribuent, avec le composé, à diminuer sensiblement la résistance au roulement (-16 % par rapport au P ZERO RACE TLR, déjà hautement performant).
Le P ZERO RACE TLR RS est un pneu tubeless ready muni d’un nouveau talon, dont la géométrie et la structure interne, réalisées avec une disposition différente des fibres de Kevlar, ont été réélaborées pour favoriser la compatibilité du pneu avec la dernière génération de jantes, qu’elles soient avec ou sans crochets. Ca tombe bien, puisque j'ai monté ces pneus sur des Zipp 353 NSW démunies de crochets !
Un montage sans souci
Aucune difficulté pour réaliser le montage de ces P Zero Race TLR sur les jantes Zipp 353 NSW, même si un tanker sera nécessaire pour les faire claquer correctement.
Une fois gonflés à 3.5 et 3.9 bars, le pneu prend ses aises et, avec une jante mesurant 25 mm en interne, arrive à une largeur de 33 mm réels.
Un chiffre impressionnant quand on réalise la mesure, mais pas déconnant avec une jante qui mesure 30 mm en externe. Il est fort probable que le même pneu en 28 mm soit proche des 31 mm. Avec tout juste 50 ml de liquide préventif par pneu, on arrive de suite à une parfaite étanchéité, le pneu perd moins de 1 bar par semaine ensuite.
Attention, un sens de rotation est indiqué sur le flanc du pneu de manière assez discrète, il faudra bien le chercher avant montage.
On note aussi la présence d'indicateurs d'usure à plusieurs endroits sur la gomme. Un petit détail toujours appréciable pour rouler en sécurité et éviter d'aller chercher la limite du pneumatique.
Sur la route
J'ai donc roulé 2000 kilomètres avec ce jeu de pneus. Des pneus qui se montrent confortables, même si on n'arrive pas au "toucher" et à la sensation d'une carcasse coton comme sur les Vittoria Corsa Pro ou des Veloflex par exemple.
Ca amortit et filtre bien, mais c'est un peu moins souple malgré l'utilisation parfois de pressions plus basses de 3 bars à l'avant et 3.5 bars à l'arrière.
La sensation de facilité au roulage est confirmée par les mesures de Bicycle Rolling Resistance qui donne un bon 8.9 watts pour la version 28 mm, ce qui le classe dans le top 20 des meilleurs pneus testés par le site.
Une bonne résistance au roulement qui s'accompagne surtout d'un excellent grip. Que ce soit sur le sec ou le mouillé, le composé SmartEVO2 est plus que surprenant tant il confère une sensation de sécurité. Jamais je n'ai eu l'impression d'atteindre les limites, même sur route mouillée.
Même en danseuse sur une route détrempée, dans du 12% et en passant sur des bandes blanches qui m'ont généré des patinages avec la plupart des pneus, ici, le P Zero Race TLR RS reste parfaitement solidaire de la route sans jamais patiner.
Dans des descentes alternant portions humides et sèches, c'est un vrai régal que de pouvoir compter sur un pneu à l'aise dans toutes les circonstances. On peut mettre de l'angle aisément sans crainte d'arriver en limite d'adhérence, on se fait peur bien avant cette limite.
La résistance à la perforation semble aussi bonne même si un essai tel que celui-ci n'a pas de valeur réellement objective, le facteur chance jouant beaucoup niveau crevaisons. Mais sur 2000 kilomètres, pas une seule perforation. J'ai pourtant volontairement abusé des bas-côtés et même de quelques chemins de terre.
Si ces pneus sont orientés performance, j'ai pu apprécier leur confort global sur les routes de Lozère et d'Ardèche, des routes granuleuses à souhait où le rendement est très faible. Dans cette situation, le volume de ces pneus de 30 mm (33 mm en réel pour rappel) permet une excellente filtration, ce qui, quand on accumule deux journées à plus de 8 heures de vélo, est plus qu'appréciable.
Après 2000 km, les témoins d'usure sont toujours assez nettement visibles sur le pneu avant et je n'ai pas noté de coupures. On devrait sans mal pouvoir l'utiliser sur un peu plus de 3500 kilomètres sans trop de peine.
A l'arrière, l'usure est plus notable, avec un témoin qui a quasiment disparu. A mon avis, on ne poussera guère au-delà de 2500 / 3000 km si on ne veut pas jouer avec le feu. Il y a quelques petites entailles sur le pneu, mais rien de méchant vis-à-vis du kilométrage et des routes que j'ai pu emprunter.
Un kilométrage qui peut paraître faible, mais n'oublions pas que le P Zero Race TLR RS est un pneu de compétition dédié à la performance, et non un pneu prévu pour durer des milliers de kilomètres.
Bilan
Les P Zero Race TLR RS de Pirelli ont fait un net bon en avant en termes de performance par rapport aux générations précédentes.
Ils arrivent désormais à concilier très bon rendement, confort et un grip de haut niveau aussi bien sur le sec que les routes humides sans se montrer, tout au moins lors de mon essai, trop fragiles face aux crevaisons.
Reste que la durée de vie est forcément limitée pour un pneu de ce niveau, avec une limite à 2500/3000 km environ, guère plus. Etant donné qu'on les trouve à partir de 54.99 €, voilà une excellente alternative pour ceux qui veulent des pneus très performants dans toutes les conditions.



































Marc jeudi 26 septembre 2024, 08:20
"mais pas déconnant avec une jante qui mesure 30 mm"... Guillaume, je pense que tu voulais dire "détonnant".
Également une coquille "on se fait peu bien avant cette limite"... on se fait peur.
C'est un peu déstabilisant, j'ai l'impression que les pneus sont vraiment très gros. J'ai connu l'époque où on montait des 20mm, aujourd'hui on arrive à 32mm!
gibus jeudi 26 septembre 2024, 11:06
@marc, j ai connu l époque des 23mm (j ai commencé tard le velo;-), et je suis remonté récemment sur un vélo de location (le vélo du proprio du magasin qui était un ancien amateur, un bon vélo carbone rim brake) monté en 23 (8bars)......et bien.....plus JAMAIS !!!
Tant que la chaussé est nickel, ca passe mais des que ya le moindre cailloux, joint, crevasse, c est l horreur !
Il y avait 2 grosses descentes sur mon parcours, une avec un revêtement absolument incroyable, tout neuf, c était kiffant, l autre absolument dégueulasse, fissures et crevasses, après 5min j avais déjà mal aux mains, et une ou deux frayeur dans les virages ou le vélo saute. En terme de sécurité, c est définitivement impossible/inacceptable !! Après 50km, j avais le cul en feu.
L avènement des pneus larges (merci les freins a disque ;-) est une des plus grande innovation du monde du velo !
Pour les gros rouleurs "ultra" ou pour les anglais sur leur routes toutes pourries, le 30-32mm me parait vraiment bienvenue.
Sinon, le 28mm est idéal pour tout le monde, performant, grip, robuste, confort, suivant les modèles, chacun peut trouver son compte.
Marc jeudi 26 septembre 2024, 11:14
@gibus, je suis entièrement d'accord avec toi, c'était juste une constatation.
Je me demande quand même pour ceux qui font de la compétition, si un pneu de 25/28 n'est pas plus performant qu'un 30/32, pourtant je sais que Pogacar monte parfois des pneus de 30 sur son vélo... mais c'est Pogacar!
OlivieR jeudi 26 septembre 2024, 19:51
Sur les routes de la province du Luxembourg en Belgique je ne roule qu'en 28 ( et encore..mesurés à 30 sur mes jantes) voire 32 sur mon mulet. Pression en 28 à environ 3.8 + 4.3 pour un poids corporel de 78kg. Impossible pour moi d'envisager une taille inférieure ou une pression supérieure.
Speed jeudi 26 septembre 2024, 20:19
Je n'ai jamais encore sauté le pas pour des Pirelli, mais c'est bien d'avoir une vision réaliste sur un essai "longue durée" car déterminée par la durée de vie des pneus, comme tu le fais.
J'ai quand même l'impression que le matos qui équipe les vélos de route devient de plus en plus "du gravel de route", que çà soit entre les cadres, les roues et même aussi les pneus !
Nono80 vendredi 27 septembre 2024, 14:43
@gibus. C'est descendu bien plus bas que 23mm. A la fin des années 90, j'ai monté un vélo que mon velociste avait équipé avec du...19mm (vittoria open corsa cx). Pour mes 80kg, tu mettais 9 bars à l'arrière et 8.5 à l'avant, sinon tu pensais rouler à plat. Il me semble même qu'il y a eu du 18mm pour les CLM chez les pros.
C'était l'époque où le monde du vélo pensait que plus c'était fin, moins tu avais de résistance.
ORe samedi 23 novembre 2024, 20:10
Je possède ces pneus en 30mm, sur des jantes à 17mm de largeur interne, ils "tombent" à 29mm, pour compléter les infos données.