Présentation générale
Un fonctionnement totalement atypique donc pour ce groupe. Rotor annonce un groupe léger, exclusif, direct et précis avec un guidage intelligent.
Du 100% hydraulique mais avec un ressenti mécanique, pour éviter l'écueil des groupes électroniques qui n'offrent pas assez, pour certains cyclistes, de retour. Fidèle à sa réputation, Rotor a voulu quelque-chose de différent pour ne pas être conforme.
Un groupe qui sera tout d'abord disponible en version disques dès ce mois de février (mais environ 10 groupes pour la France) avant d'être proposé avec des étriers à patins hydrauliques Magura.
Proposé à 2499€ prix public sans pédalier (que ce soit en version disques ou patins), les 273 pièces qui composent ce Rotor Uno sont entièrement usinées et fabriquées dans l'usine de Madrid de la marque.
Revue sur toutes les pièces de ce groupe.
Dérailleur arrière
Tout le mécanisme d'indexation est situé dans le dérailleur et non dans les poignées comme c'est le cas sur les dérailleurs mécaniques.
La transmission se fait via de l'huile minérale qui circule dans des durites qui font 3mm de diamètre extérieur (1mm interne). Ainsi, ces durites utilisent les mêmes trous que ce qui est prévu pour les groupes électroniques Di2 ou EPS.
Via une molette, il est possible de régler le nombre de pignons que l'on peut monter à la fois. 1, 2, 3 ou 4 pignons.
Rotor annonce un shifting sécurisé, à savoir que si on ne pousse pas assez le levier pour monter sur un pignon plus grand, ça ne descend pas sur un pignon plus petit. Toujours utile en cas d'erreur, surtout dans une bosse.
Le réglage est on ne peut plus simple avec une vis crantée permettant de sélectionner la taille du plus grand pignon de la cassette. Une vis de butée est aussi présente pour déplacer le dérailleur vers l'intérieur ou l'extérieur.
A noter que le volume d'huile reste constant. Pas de réservoir et pas de modification de la pression. Le circuit est totalement fermé, Rotor promet un shifting durable dans le temps, surtout qu'il n'y a pas, comme ça peut arriver sur l'huile d'un circuit de freinage, d'échauffement au niveau de la transmission.
Du carbone est présent sur ce dérailleur, mais seulement là où Rotor a trouvé cela nécessaire.
Enfin, un système à levier permet de "débrayer" rapidement le dérailleur pour qu'il passe automatiquement sur le plus petit pignon, facilitant ainsi le changement d'une roue. En remettant le levier en place, le dérailleur revient sur le pignon d'origine. En cas de problème, il est aussi possible de sélectionner le pignon à la main, permettant ainsi de rentrer sans encombre.
Ce dérailleur est annoncé à 212g, à comparer aux 217g d'un dérailleur Dura Ace Di2 9070 (204g pour le Dura Ace R9100 mécanique) ou aux 145g d'un SRAM Red 22 (239g pour le SRAM Red eTap).
Dérailleur avant
Ce dérailleur dispose d'une technologie similaire au dérailleur arrière, avec tout le système d'indexation intégré sur sa partie supérieure.
Une seule vis de "tension" permet de faire le réglage de la position de la fourchette. On notera la partie intérieure de la fourchette très épaisse. La rigidité devrait être de mise.
Seul point particulier concernant son fonctionnement, pour descendre sur le petit plateau à partir du grand, il faut faire deux légères poussées sur le levier de la poignée. Si l'on ne fait qu'une seule poussée, on place le dérailleur en position intermédiaire sur le grand plateau, pour utiliser les plus grands pignons.
Un dérailleur qui pèse 116g, contre 114g pour un Dura Ace Di2 9070 (104g pour le Dura Ace R9100 mécanique) et 79g pour un SRAM Red 22 (187g pour le SRAM Red eTap).
Leviers
Chaque levier est équipé de deux cylindres. Un pour le système de freinage, un autre pour le système du dérailleur. L'huile utilisée reste en revanche la même, de la Magura Royal Blue minérale.
Seule une petite palette permet de changer les vitesses sur chaque levier. Le levier servant à freiner étant pour sa part fixe latéralement.
Un appui court permet de descendre sur un pignon plus petit (ou sur le petit plateau), un appui long permet d'aller chercher le grand plateau ou un pignon plus grand.
Des poignées plutôt très légères puisque la paire ne pèse que 331g alors qu'il faut compter 516g pour la paire de Dura Ace Di2 9070 en freins hydrauliques et 756g pour les SRAM Red eTap Disc Hydro.
Ces leviers se paient même le luxe d'être plus légers que les Dura Ace R9100 mécaniques qui affichent 360g sur la balance.
Comme on peut le voir sur cette poignée non munie de sa cocotte, le système est réduit à sa plus simple expression. Le levier principal est en carbone.
Freins à disques et à patins

Le système de freins à disques a été confié à l'allemand Magura dont la réputation dans le domaine n'est plus à faire.
Les durites du système de freinage font 5mm de diamètre, soit la même épaisseur qu'une gaine de freins traditionnels. Là encore, Rotor n'a pas voulu sortir des clous et proposer un système qui ne pourrait pas se monter sur tous les cadres actuellement sur le marché.
Les étriers disques du Uno sont une version dérivée des Magura MT8. Un étrier à deux pistons en matière synthétique de 22mm de diamètre, avec un corps dessiné pour plus de rigidité et une meilleure évacuation de la chaleur.
Cet étrier bénéficie du système MagnetiXride qui permet de se passer de ressort pour maintenir les plaquettes contre les pistons, grâce à un petit aimant logé dans les pistons.
Au passage, il me semble utile de préciser ce que Pablo Ortega, Technical Service Manager chez Rotor, nous a confié durant cette présentation sur le choix de disques de 160mm :
Après des tests effectués avec Magura, il s'est avéré que la température des freins était nettement plus haute sur route que sur VTT. Magura nous a donc conseillé de n'utiliser que des disques de 160mm, les 140mm étant trop petits pour supporter l'échauffement rencontré sur la route.
Une preuve de plus, s'il en était besoin, que les pratiques route et VTT diffèrent grandement.

Du côté des étriers à patins, qui sont eux-aussi hydrauliques, c'est une version modifiée des Magura RT8 TT qui officie.
Version modifiée, car ces étriers sont équipés d'un réservoir afin de pouvoir régler la garde au niveau des leviers mais aussi pour pouvoir écarter les patins pour sortir la roue facilement en cas de dépannage.
Aucun poids n'a en revanche été communiqué pour cette paire d'étrier, qui me semble pourtant promise à un bel avenir. C'est selon moi, une solution intéressante, offrant souplesse et puissance sans avoir à changer de roues ou de cadre.
Des étriers à patins qui n'étaient pas disponibles lors de la présentation du groupe. Le Uno sera avant tout disponible en version patins, il faudra patienter quelques semaines de plus pour voir arriver cette version pour freins à patins.
Cassette
Une pièce qui s'est avérée beaucoup plus complexe à réaliser que ce que l'on pense. Entre la précision nécessaire au bon espacement de chaque pignon et au bon usinage des dents, mais surtout pour éviter tout conflit avec les brevets déposés par les autres marques, il a fallu à Rotor beaucoup d'imagination pour concevoir cette cassette.
Une imagination qui a payé puisque cette cassette s'offre le luxe d'être la plus légère du marché, avec seulement 135g pour le modèle 11-28.
Et pourtant, point de titane ou autre matériau exclusif, mais de l'acier pour les 9 pignons les plus petits et de l'aluminium pour les deux plus grands. Les deux parties sont usinées séparément dans l'usine madrilène de Rotor puis assemblées via de petites vis. Une cassette compatible Shimano / SRAM.
Chaine

La chaine, noire et rouge (mais aussi disponible en noir) est un modèle KMC personnalisé spécialement pour Rotor afin de reprendre les couleurs du groupe Uno.
Il s'agit d'une chaine KMC X11SL, une des chaines les plus légères du marché.
Les plaquettes latérales sont en forme de X pour permettre un passage des vitesses souple et rapide. Des maillons rapides Quick Link sont livrés pour une maintenance plus simple.
Un traitement DLC permet à cette chaine d'obtenir de bonnes performances ainsi qu'une bonne longévité.
Poids par rapport à la concurrence
Voici deux tableaux comparatifs permettant de comparer le poids du Rotor Uno (et de ses divers éléments) par rapport aux groupes Shimano et SRAM.
Disponibilité
Le groupe Rotor Uno sera pour le moment disponible au compte-goutte. En effet, seuls 10 groupes par mois entre février et avril seront octroyés à la France, dans les magasins sélectionnés par la marque (Concept Uno Service Center).
En Europe, seule la France, l'Italie, l'Espagne, l'Angleterre et l'Allemagne seront pour le moment approvisionnés.
Pour rappel, le groupe est vendu 2499€ sans pédalier.
Ci-dessous, les photos officielles fournies par Rotor.






































































































Traqualex lundi 23 janvier 2017, 12:40
Bonjour,
Pas sur que cela prenne quand même... Je miserai davantage sur le sans fil, qui est super facile à installer, qui arrangerait en plus les fabriquant de cadre si ça venait à se développer chez plusieurs constructeurs.
A voir donc, mais ça va pas être simple de faire son trou!
Juste une petite question sur l'article concernant le dérailleur arrière :
"Via une molette, il est possible de régler le nombre de pignons que l'on peut monter à la fois. 1, 2, 3 ou 4 pignons."
ça veut dire quoi ça?
mica lundi 23 janvier 2017, 14:42
2500€ et en plus sans pédalier franchement j'aimerais savoir qui va acheter cela c'est beaucoup trop cher.
ils vont sortir aux comptes gouttes ca m'étonne pas du tout.
Bill lundi 23 janvier 2017, 20:49
Je trouve ça tellement LAID ! arriéré et sans intérêt à l heure du WI FI...
Ils ont mis 6 ans a développer ce groupe mais les ingénieurs ont dû mettre des œillères pour ne pas voir ce que la concurrence faisait !!
Yann 29 mardi 24 janvier 2017, 08:21
pour ce qui est du design , ils devraient aller prendre des leçons chez Shimano ou encore Campa.et puis je ne vois pas l'intérêt de l'hydraulique ? et en cas de chute si un flexible est percé ou arracher ? on fait quoi ? personnellement je préfère l'electronique ou encore le wifi , je conclus : cher , moche , sans intérêt !!
Bobby mardi 24 janvier 2017, 10:29
Le design reste subjectif, je ne le trouve pas vraiment beau, ni laid, cela apporte un style différent. Cela peut plaire et faire son effet sur certains vélos.
Mais le plus gros problème reste le tarif. Pour 2500€ sans pédalier, c'est vraiment hors de prix, comparé à un Dura Ace mécanique, la différence ne peut se justifier. On ne peut pas le comparer à un DI2 ou un Etap, puisqu'il y a tout de même une liaison physique entre les leviers et les dérailleurs.
De plus, de l'hydraulique (Huile, durites.... quelle usine à gaz !!) , qui va vouloir s'embêter avec ça, à l'heure de l'électronique et surtout du sans fil.
Il faudrait vraiment que le fonctionnement apporte un vrai plus.
Mais laissons le bénéfice du doute, à tester !!
Bobby mardi 24 janvier 2017, 10:43
En regardant de près, cela pourrait être intéressant :
++ pour le freinage hydraulique à patin (Force, souplesse, progressivité)
++ pour le poids de l'ensemble (Surtout avec freinage disque)
-- pour le tarif.
Le tarif pourrait être vite revu à la baisse si ça prend. Sans cette nouvelle cassette on doit bien gagner 200/300€.
Finalement ça me plait, j'ai envie d'en voir plus.
Et ça me rappelle les Lego Technic de mon enfance.
mica mardi 24 janvier 2017, 11:25
ce groupe vaut 1500€ pas plus, je suis comme bill comment le patron a pu laisser plancher les ingénieurs pendant 6 ans la dessus. Quelle perte de temps et surtout d'argent. Ont ne peut pas facturer un groupe sans pédalier a 2500€ et qui plus est n'est même pas électrique et je parle même pas de la maintenance.
heureusement qu'il y a shimano avec son ultegra di2.
Yann 29 mardi 24 janvier 2017, 12:30
entièrement d'accord avec Mica ! on fait aussi bien avec le Di 2 Dura Ace ou le Ultégra Di 2, moi je suis équipé qu'en Dura Ace mécanique depuis des années et j'en suis très satisfait !! c'est mon portefeuilles qui est content !!
Bianchi340 mardi 24 janvier 2017, 20:20
Il n'y a pas une petite erreur dans le tableau des "Poids par rapport à la concurrence", car le Shimano Ultegra di2 est donné pour 2480g si je ne me trompe pas !...
BERTRAN mardi 24 janvier 2017, 20:31
Si ce groupe vient à équiper une grosse World Tour, qui brille sur le Tour, c'est parti pour un bon business.
Certainement ce qui avait manqué autrefois au Mektronic de Mavic.
jcdebussy mardi 24 janvier 2017, 23:30
Je possède un E-Tape qui est une merveille de technologie et je n'ai pas du tout envie d'en changer avec des durites de partout . Une chute malheureuse et on se retrouve sans frein et sans vitesse !
Bobby mercredi 25 janvier 2017, 06:45
Je possède un E-Tape qui est une merveille de technologie et je n'ai pas du tout envie d'en changer avec des durites de partout . Une chute malheureuse et on se retrouve sans frein et sans vitesse !>
Une chute malheureuse on peut se retrouver sans cadre aussi.
Sur le Rotor il est quand même peu probable de tomber en panne de la manette droite et gauche en même temps.
Quoi qu'on en dise, la concurrence et l'innovation c'est toujours bon, même si à première vue cela semble farfelu comme système.
Car le quasi monopole de Shimano, ce n'est pas vraiment idéal. Sram est là mais en minorité, et Campagnolo n'existe quasiment plus en première monte.
Un autre acteur, sur une autre technologie, à mon avis c'est bien, ça obligera les groupes électronique à s'améliorer.
Car il faut le reconnaître, les Di2 et Etap, oui ça marche parfaitement, mais l'on peut aussi trouver des défauts, comme le ressenti sur le DI2, ou encore l'autonomie sur l'Etap.
Plutôt que de tirer à boulets rouges sur un constructeur qui a le courage de sortir des sentiers battus, saluons plutôt la démarche et testons !!
fred ostian jeudi 26 janvier 2017, 08:39
Quelle idée ce groupe. Je n'aime pas critiquer sans avoir essayé mais là vraiment je ne comprends pas. Il parait tellement évident que l'avenir est au sans fil électrique. Et quand on voit le tarif d'un Ultegra meca qui marche comme une horloge comment aller mettre ce prix fou dans un groupe qui ne peut sur le papier qu'apporter des soucis de fiabilité... Non vraiment je ne vois pas...Je cherche !
Bobby jeudi 26 janvier 2017, 13:05
Demain, si c'est fiable, que ça marche bien, et que le tarif baisse un peu, je me verrais bien rouler avec.
Rien que pour le plaisir de changer un peu, un peu de nouveauté, car un vélo en Ultegra, oui c'est raisonnablement un bon choix, mais c'est banal et sans aucune passion.
Il y en a marre de voir du Shimano à toutes les sauces, les monopoles n'ont jamais été une bonne chose.
Aussi :
- Les cables on connait, faut les changer régulièrement (pas simple avec les passages internes), on se retrouve avec des problèmes de frictions (pareil, à cause de certains passages internes). C'est très bien mais pas parfait, on peut mieux faire.
- L'électrique : en wifi, on se retrouve avec 2 batteries, à l'autonomie faiblarde, sensible à l'eau (contacts) et au froid et chaud.
L'électronique reste de l'électronique, avec ses pannes aléatoires et ses mises à jour.
La vitesse des moteurs peut être prise en défaut, ce n'est pas si rapide que cela.
Il n'y a pas de ressenti mécanique lors des changement de vitesse. Oui, ça marche très bien, mais sur certains points, peut mieux faire.
- L'hydraulique a un avenir. On retrouve des systèmes hydrauliques fiables et performants partout, (avions, voitures...) et pas uniquement pour le freinage. Alors pourquoi pas dans le vélo pour le changement de vitesse ?
De plus c'est léger, pas de souci d'autonomie ni de bug, et un entretien relativement espacé.
L'huile dans les durites est incompressible, donc à priori cela ne peut être que précis et fluide.
Donc, à voir :))
Toppierre jeudi 2 février 2017, 09:52
J'ai eu la chance d'essayer ce groupe dans les montagnes aux alentours de Madrid. J'avais des a priori très défavorable (poids, fonctionnement, agrément, prix...) ... Et bien je peux vous dire que j'ai radicalement changé après cet essai.
Ce groupe est une merveille, en particulier dans sa version à disques. Très souple et très précis d'utilisation, il ne souffre que d'un petit bémol: le changement de plateau (en particulier à la remonté). Mais après une petite période d'adaptation, il n'y a plus aucun problème. La précision est assez impressionnente... L'ergonomie, aussi. Côté freinage, Magura (qui a réalisé les étriers classiques et pour disques) a fait des merveilles, pour au bout du compte se montrer bien plus efficace que ses concurrents, Shimano, SRAM et Campagnolo.
Il faudra que je teste la chose sur la durée, pour vérifier "par moi-même" que les promesses d'absence d'entretien n'ont rien de gascon... Mais c'est une presque certitude, ce groupe est mon prochain groupe !