Présentation
Avant toute-chose, vous remarquerez deux modèles différents de Ares 2 sur les clichés. Normal, la première paire en taille 42 en coloris Team était au final trop étroite, j'ai donc patienté pour recevoir une paire en 42.5 (sans le logo Specialized noir sur le côté) pour rédiger cet essai. Mais les photos ont été faites avec la première paire.
Le serrage est assuré par un double système BOA Li2 en aluminium, avec une molette positionnée au niveau du cou-de-pied et une seconde légèrement plus haute que sur la génération précédente, destinée uniquement à stabiliser l'avant du pied.
La chaussure est proposée en quatre coloris : White, Team White, Black et Green Gecko. Les tailles vont du 36 au 49, avec des demi-pointures disponibles entre le 38,5 et le 46,5. Une demie-pointure salvatrice, puisque comme indiqué plus haut, j'ai dû opter pour du 42.5 pour être totalement à mon aise.
Ce qui surprend le plus sur ces Ares 2, c'est clairement la forme de l'avant de la chaussure, qui ne ressemble à aucune autre avec son asymétrie. Mais une forme qui semble "logique" puisqu'elle reprend la forme de l'avant du pied.
Alors oui, ça fait bizarre quand on les porte, mais l'important, c'est plus le confort que l'esthétisme !
La tige est réalisée dans un matériau synthétique souple au toucher mais peu extensible, une différence notable avec le tissu en mailles plus élastique des premières Ares. Cette matière limite la flexion du pied en torsion au niveau du milieu du pied.
La languette reprend une conception presque traditionnelle, fine et non matelassée, rendue possible par l'absence de pression exercée par les câbles Boa à cet endroit, ce qui améliore la respirabilité sur le dessus du pied. Le système de fermeture, à prise triangulée, augmente la surface de contact de 20 % par rapport à un laçage classique.
Le contrefort de talon, renforcé des deux côtés et doté d'une texture antidérapante à l'intérieur, stabilise fermement l'arrière du pied aussi bien en phase de poussée qu'en phase de tirage. La ventilation repose sur des perforations placées à l'avant de la chaussure ainsi que sur la languette ajourée, complétées par une entrée d'air minimaliste sous la semelle, au niveau de l'avant-pied.
La semelle extérieure est en carbone unidirectionnel, annoncée par Specialized comme la plus rigide de la gamme. En général, on est rarement déçu côté rigidité des semelles chez Specialized, d'autant plus sur les modèles S-Works.
Elle affiche une section transversale trapézoïdale avec un renfort interne en poutre en I et des bords affinés, et se trouve élargie de 4 mm par rapport à la première génération d'Ares tout en gagnant une vingtaine de grammes. Trois points de fixation permettent de monter les cales, avec la possibilité de les reculer de 5 mm supplémentaires, sur un point de fixation toutefois plus étroit que sur les Ares de première génération. Ainsi, des cales Shimano dépassent assez largement sur le côté intérieur de la chaussure.
Une talonnette en caoutchouc, vissée mais non remplaçable, protège la semelle lors des phases de marche.
Sur l'avant du pied, on trouve l'unique entrée d'air présent sur la semelle, les micro-perforations de la tige devraient de leur côté permettre une bonne ventilation.
La semelle intérieure Body Geometry SL Gen 2 intègre un calage varus de 1,5 mm destiné à améliorer l'alignement pied-genou-hanche, ainsi qu'un bouton métatarsien qui écarte légèrement les os de l'avant-pied pour limiter les compressions nerveuses et artérielles. Une voûte longitudinale apporte un soutien structurel supplémentaire. Cette semelle ne propose pas de soutien de voûte plantaire dédié, des semelles Body Geometry avec support d'arche sont vendues séparément 30 €.
Le poids annoncé par Specialized est d'environ 263 g pour une chaussure en taille 44, soit 434 g la paire. J'ai pour ma part pesé mes exemplaires à 258 grammes en taille 42.5 (250 grammes en taille 42).
Ce ne sont clairement pas les plus légères du marché, mais ce n'est pas leur objectif non plus. Et le gain de quelques 50 grammes sera toujours à relativiser en termes de gain réel, surtout si cela se fait au détriment du confort ou de la transmission de puissance.
Pour vous en convaincre, vous pouvez toujours aller jeter un oeil au "Calculateur de performance en montée et incidence du poids" ou lire l'article technique "Gains de poids et performances en montée : combien vaut vraiment 1 kg en watts ?".
Le tarif est quant à lui de 479 €. Les modèles noirs et Green Gecko sont même proposés à 335 €.
Sur la route
Dès les premiers coups de pédales, je ressens les bienfaits de la largeur optimisée de l'avant du pied. Même si la taille 42 était un peu trop étroite, la demie-pointure supérieure est parfaitement adaptée là où un 43 est nécessaire sur une paire de Torch. On a environ 4 mm de plus en largeur au niveau des métatarses à taille égale.
Le double BOA Li2 est désormais connu et permet d'obtenir un serrage parfait du pied, sans pression excessive tout en assurant un parfait verrouillage du pied. A noter qu'il faudra bien desserrer le système pour retirer et enfiler les chaussures, car l'entrée est relativement étroite par rapport à d'autres modèles. Mais il en résulte que même si on ne serre pas beaucoup le système, le pied est de suite parfaitement calé.
La rigidité de la semelle est toujours très élevée. Aucun doute, ça ne fléchit pas même lors des sprints ou des montées en force dans de gros pourcentages. Il faut dire que les Ares 2 ont aussi été conçues pour les meilleurs coureurs de la planète. Ce ne sont donc pas mes quelques 1200 watts maxi sur des sprints qui peuvent mettre à mal la rigidité de ces semelles.
Et pour autant, le confort reste plutôt bon et les Ares 2 se supportent même sur des sorties de plus de 4 heures sans que je n'ai eu à souffrir d'inconfort, que ce soit par surchauffe du pied ou des points de pression.
La ventilation est dans la bonne moyenne, même si au-delà de 30 degrés, des chaussures en maille type KNIT sont plus aérées.
Le renfort présent sur l'extrémité avant du pied est bienvenu et protège bien l'empeigne des inévitables contacts avec le pneu avant. De quoi s'assurer une bonne durabilité de l'ensemble. Pour conserver des chaussures en parfait état, même sur ce modèle blanc, un coup de microfibre humide suffit généralement et pour le renfort avant une simple gomme d'écolier peut être salvatrice.
La talonnette destinée à la marche n’est pas remplaçable, mais à vrai dire, je n'ai jamais eu le besoin d'en remplacer une sur mes chaussures, même après plusieurs années d'utilisation.
Bilan
Le tarif de la S-Works Ares 2 la place parmi les chaussures les plus chères du marché, au niveau des Fizik Vega Carbon. Face à la Shimano S-Phyre RC903, réputée pour son équilibre entre rigidité et confort longue distance, l'écart de prix reste conséquent sans que Specialized ne propose de composants radicalement différents en termes de matériaux.
La marque justifie cet écart par le travail réalisé sur la forme de chaussant Body Geometry et par la richesse de l'équipement fourni de série, notamment la semelle intérieure élaborée. Ce positionnement réserve la S-Works Ares 2 aux cyclistes compétiteurs ou aux pratiquants assidus prêts à investir dans le haut du panier pour un gain de confort et de connexion avec le vélo plutôt que pour un rapport prix/prestations optimisé.
Photos : Sonam.cc et Matos Vélo



























































































Homardinho jeudi 3 septembre 2026, 08:00
J'ai l'impression sur les photos que Specialized a conservé le même type de matière sur le bout de la chaussure que les modèles précédents (Torch et Ares). Toutes les paires blanches de ces modèles que je croise sur les routes sont jaunies par les UV. Si aucun changement n'a été apporté, c'est vraiment dommage pour un produit de ce type (qualité/coût).
Fred jeudi 3 septembre 2026, 08:04
J'avais lu sur un autre essai, subjectif et propre à chacun, qu'il préférait l'Ares1 du fait du chausson qui a disparu de l'Ares 2.
L'accent est très souvent mis sur la largeur du pied à l'avant dans pas mal de test