Dans son billet du 14 décembre 2017, The Secret Pro aborde le sujet de l'équipement mis à disposition des coureurs, qu'il s'agisse du vélo, des roues, des tenues ou même de la diététique.
Un sujet toujours délicat à aborder avec les coureurs durant les interviews puisqu'ils sont soumis à des contrats de partenariats. Raison pour laquelle je ne me fatigue pas à demander à certains ce qu'ils pensent de leur vélo, de leurs roues, etc durant les interviews, puisqu'ils ne peuvent pas être totalement objectifs. Seul un coureur retraité pourrait à la limite l'être.
Voici donc, pour les non anglophones, la traduction de la partie où The Secret Pro aborde le sujet.
J'écoutais récemment un podcast de CyclingTips, celui où Ryan Mullen parle de gagner une minute dans les longs chronos depuis qu'il a changé d'équipe. Cela m'a rappelé quelque chose. C'est le moment de l'année pour demander aux pros ce qu'ils pensent réellement des différentes marques d'équipement dans le sport. Pourquoi? C'est à ce moment-là que les gars changent d'équipe et sont prêts à parler un peu de leurs anciens sponsors.
Tout le monde dit toujours: «les vélos de notre équipe sont les meilleurs» et «ces roues sont les plus rapides», et «le fournisseur nutrition de l'équipe est le seul qui vous fera aller vite.» Ou peut-être, si vous faites partie d'une équipe en particulier, vous dites: «Le pays qui parraine l'équipe est juste mal compris et est en fait un endroit idéal à visiter, et le prince a promis qu'il ne blessera plus personne.» Mais certains vélos sont mauvais, certains gels sont dégoûtants, et on ne peut pas faire confiance à tous les dictateurs.
Par exemple, au début de cette année, Astana était équipé sur des roues Vision, mais a soudainement changé pour Corima. Pourquoi ? La marque utilise probablement le nom "Vision" seulement parce que vous allez si lentement sur ces roues que vous pouvez profiter de toutes les vues plus longtemps. Saviez-vous que les Powerbars deviennent durs comme du bois quand il fait un peu froid? Bonne chance en essayant de les manger pendant les courses classiques. Certaines lunettes font terriblement pleurer, comme s'ils attiraient le vent dans vos yeux. En ce qui concerne les vélos eux-mêmes, il est clair que des marquescomme Specialized, Trek, Canyon, et BMC sont un cran au-dessus des autres. Bien que les Giant, Bianchi, Cervelo et Pinarello soient d'excellents vélos, quand il s'agit de gagner quelques millimètres, un excellent vélo peut faire toute la différence.
Parfois, vous n'avez même pas besoin de parler à un coureur pour savoir quel équipement est nul. Allumez la télévision pendant une course pluvieuse et cherchez les équipes qui chutent plus que la normale. C'est surprenant à quel point les pneus peuvent être mauvais. Il y a quelques années, vous pouviez garantir que quiconque avait des pneus Vittoria ne gagnerait jamais une course sous la pluie. La bonne nouvelle pour ces équipes sponsorisées par Vittoria est qu'elles se sont beaucoup améliorées et qu'elles sont plutôt bonnes maintenant, même parmi les meilleures. Tu te souviens de l'étape pluvieuse de Paris-Nice il y a quelques années quand les gars de l'équipe Sky ne faisaient que chuter ? Ils étaient sur Veloflex, si je me souviens bien, mais ils ont changé peu de temps après.
Sous la pluie, aucune marque n'égale la qualité de Continental. Pas étonnant que Sky les achète (ou les utilise) au lieu d'avoir un mauvais sponsor.
La plupart des équipes permettent aux coureurs d'utiliser les chaussures qu'ils veulent. À mon avis, ce serait bien si c'était le cas pour les selles aussi. Mais certaines équipes ne permettent même pas de choisir des chaussures individuelles. Cette année, les coureurs de Movistar et de Bahreïn ont dû respectivement porter des modèles de chez Diadora ou Sidi. Il y a cependant un moyen de contourner ce problème : les surchaussures. Si vous voyez un gars rouler sous la chaleur de juillet avec des surchaussures, vous savez pourquoi.
Pour avoir eu quelques échos de coureurs pros, je peux vous assurer que tout ce qui est raconté par The Secret Pro est bel et bien réel. Notamment pour les selles, où certaines marques ne proposent, parmi leur catalogue d'une cinquantaine de modèles, que 3 modèles au choix, ceux qu'ils veulent le plus mettre en avant.
Quand on connaît l'importance de ce périphérique pour qui roule des heures et des heures...
Comme quoi, bien qu'ils aient de superbes vélos toujours brillants et haut de gamme, les coureurs pros ne sont pas toujours les mieux lotis et font bien souvent avec ce qu'on leur impose, hormis quelques coureurs comme Contador, Cancellara, ou Sagan, qui ont leur mot à dire.


Klem vendredi 15 décembre 2017, 09:59
En fouillant dans d'autres anciens billets du Pro Cyclist il y a d'autres détails & anecdotes croustillantes (faut bien remonter dans les 2 dernières années).
Dommage que tu n'en ai pas profité pour parler du #Feltgate en complément ;) Tellement énorme : http://cyclingpro.net/velopro/route...
Didier vendredi 15 décembre 2017, 13:51
Je lis vos billets depuis quelques temps, et je souhaite exprimer cette remarque concernant votre intelligence de ne pas vous rajouter à liste des médias "pro buzz Froome".
Ce billet est la bienvenue car il est clair, aussi, que nos jeunes "amateurs" (à la porte du professionnalisme ) sont confrontés aux même types de problématiques matérielles.
Ce serait bien de creuser un peu plus ... mais "omerta" !!!
Merci
jujubaba vendredi 15 décembre 2017, 15:13
Oui ces témoignages sont pas nouveau. D.Millar avait fustigé Decathlon lorsqu'il était à la Cofidis au début des années 2000..Il avait d'ailleurs changé le groupe lui même sur son vélo de chrono ce, qui de mémoire, lui a coûté la victoire lors du prologue du Tour de France 2003.
J'attends des témoignages de coureurs de la Sky moi car le Pinarello F10 a l'air plus fragile qu'une carafe de vin en cristal...A chaque chute d'un coureur de la Sky, le vélo est mort ou en partie mort..c'et dingue pour un vélo à 14990€ en configuration Sky.
Arnaud Duval vendredi 15 décembre 2017, 17:01
@jujubaba
Pour Millar en 2003, il avait voulu retirer son dérailleur avant pour gagner du poids. C'est justement un parfait contre-exemple de choix matériel de la part d'un pro qu'il aurait mieux valu ne pas suivre.
cf : http://www.lavoixdunord.fr/archive/...
gcube samedi 16 décembre 2017, 17:58
https://cyclingtips.com/2017/12/car...
hyper intéressant !
Jacky14 lundi 18 décembre 2017, 21:24
Bonsoir à tous,
Au delà du milieu pro/marketing et ses conventions, hélas trop connues, pourquoi ne pas commencer par une base de donnée matériel, qui serait d'abord juger par les lecteurs de matosvélo, utilisateurs de ce matériel? Viendrait ensuite, s'ajouter anonymement ou pas, sous le contrôle de Guillaume, des avis de pro ou ex pro avec une mention particulière pour le différencier. Du type note et commentaires sur site internet:
Type de matériel/Marque/ Modèle/Note fiabilité ou utilisateur (sur 5 étoiles) en fonction de l'utilisation, avec éventuellement un commentaire.
Pourquoi ne pas profiter tous, de l'avis des autres lecteurs passionnés de Matosvélo concernant ce matériel?
Cela pourrait permettre, aussi, d'enrichir et comparer les divers essais de Guillaume.
Peut être une idée à réaliser pour 2018. (Un peu en avance pour les vœux)?
Sportivement.
Nonaud jeudi 21 décembre 2017, 14:31
Je me souviens avoir lu les propos d'un coureur AG2R peu avant le Tour de France qui allait dans le sens des propos du cyclistes anonymes de Cyslit Tips. Ces propos concernaient le changement de boyaux pour 2017(passage chez Continental). Le coureur d'AG2R déclarait que désormais ils pouvaenit mettre la pression aux autres coureurs dans les descentes de cols car les boyaux dont ils disposaient les mettaient en confiance et leur permettaient d'attaquer et non plus d'être sur la défensive.
Ach lundi 1 janvier 2018, 20:25
@Nonaud, c'est vrai, j'ai aussi souvenir d'un AG2R évoquant la confiance dans leurs boyaux, mais ce qui est vraiment intéressant, c'est ce qu'ils ne dis(ai)ent pas, on peut surtout en conclure que leur fournisseur précédent n'était pas top !
Ils sont passés en 2016 de Schwalbe à Continental, comme la FDJ il me semble.
Avoir des Continental n'est pas non plus un avantage comparatif énorme car ça semble être les boyaux/pneus les plus répandus dans le peloton pro... Même topo pour les roues Shimano d'ailleurs.
Et c'est marrant de voir les pros parfois contourner leurs obligations, il me semble que Gallopin roulait en pneus Continental à l'entraînement d'après une photo, et je ne suis pas sûr qu'il s'agissait de l'équipementier officiel de son équipe à cette période (des pneus de "cyclo" si ma mémoire est bonne d'ailleurs, les fameux GP4000).