Dans son communiqué, Accell explique avoir mené, avec ses conseillers, un examen exhaustif de toutes les alternatives possibles avant d'en arriver à cette solution. Le groupe rappelle qu'en février dernier, à l'issue d'une restructuration opérationnelle en profondeur, un accord avait déjà été trouvé avec ses actionnaires et ses créanciers pour obtenir un financement supplémentaire et réduire significativement sa dette. La propriété d'Accell avait alors été transférée à ses créanciers, dont le fonds américain KKR se retirait, une structure présentée dès le départ comme provisoire.
Depuis, Accell affirme avoir exploré toutes les pistes envisageables pour assurer son avenir : discussions avec plusieurs repreneurs potentiels, examen de multiples offres et recherche d'une approbation réglementaire pour une éventuelle fusion, dont celle avec Dutech Group. Faute d'avoir pu aboutir à une solution viable permettant au groupe de poursuivre ses activités sous sa forme actuelle, les dirigeants ont conclu qu'Accell n'était plus en mesure de faire face à ses obligations financières à échéance. L'ouverture de procédures d'insolvabilité locales pour les filiales néerlandaises concernées est donc devenue, selon eux, l'étape nécessaire suivante.
Jonas Nilsson, le PDG du groupe :
C'est une situation profondément triste et frustrante, compte tenu de tout le travail accompli et de tout ce que nous avons réalisé, avec le soutien de nos actionnaires et de nos créanciers, pour restructurer les activités et les finances d'Accell. C'est un moment particulièrement difficile pour nos employés, nos créanciers, nos clients, nos fournisseurs et nos partenaires. Notre priorité immédiate est de soutenir un processus ordonné, d'apporter de la clarté partout où cela est possible, et de travailler avec les administrateurs judiciaires nommés par le tribunal pour préserver les activités viables et l'emploi, dans la mesure où les circonstances le permettent.
Le groupe indique qu'il communiquera davantage d'informations dès qu'elles seront disponibles. L'issue de la procédure reste pour l'instant incertaine, tant pour l'avenir des différentes marques que pour les emplois concernés.
Qui se cache derrière Accell ?
Basé à Heerenveen aux Pays-Bas et fondé en 1998, Accell Group se présente comme le leader européen du marché du vélo électrique et le deuxième acteur du continent en pièces et accessoires de cycle. Le groupe emploie environ 3 700 personnes dans une quinzaine de pays et distribue ses produits chez des revendeurs et des consommateurs dans plus de 80 pays.
Son portefeuille rassemble une dizaine de marques bien connues des cyclistes européens. On y trouve notamment Lapierre, fabricant français historique installé à Dijon depuis 1946, aujourd'hui présent aussi bien en route et VTT qu'en vélo électrique. Le groupe possède également Haibike, référence allemande du VTT électrique, ainsi que Winora et Ghost, deux autres marques allemandes positionnées respectivement sur le vélo électrique urbain et le VTT. Aux Pays-Bas, Accell détient Batavus et Koga, deux fabricants historiques de vélos urbains et de vélos de voyage, ainsi que Sparta, pionnier néerlandais du vélo électrique dont la marque a récemment été absorbée par Batavus dans le cadre d'un plan de rationalisation interne baptisé One Accell. S'y ajoutent Raleigh, marque britannique centenaire aujourd'hui recentrée sur le vélo urbain, Babboe, spécialiste néerlandais du vélo cargo électrique, et Carqon, marque plus récente également tournée vers le cargo et l'utilitaire. Le groupe possède enfin XLC, sa marque de pièces et d'accessoires.
Ces dernières années, Accell s'était déjà séparé de plusieurs marques pour recentrer son activité, notamment sa marque de cadres en titane Van Nicholas, cédée à l'italien Velo-ce, et Nishiki, reprise par le turc Kron Bicycle. La procédure de sursis de paiement ouverte ce 5 août concerne les entités néerlandaises du groupe ; ses conséquences sur l'ensemble des marques et des filiales à l'international ne sont pas encore connues.