Présentation
Proposé en 25, 28 et 32 mm au tarif de 52 € environ, le Challenger TLR promet un rapport prix / durée de vie imbattable, le tout en étant fabriqué en France. A noter qu'une version pour chambre à air est proposée en 25, 28 30 et 32 mm. Par contre, elle n'est pas fabriquée en France.
C'est ici la version 28 mm que j'ai eu à l'essai. Premier constat, le Challenger ne fait pas dans la légèreté. Cela s'explique tout d'abord par la bande de roulement épaisse de quelque 2.3 mm en son centre.
Le Challenger Tubeless est composé d’une carcasse 3×127 TPI associée à une nouvelle Bi-Gomme Endurance développée par Hutchinson. Les épaules plus tendres offrent une adhérence fiable dans toutes les conditions, tandis que la bande de roulement centrale plus dure réduit la résistance au roulement et améliore la résistance à l’abrasion.
Le Challenger TLR introduit un tout nouveau niveau de protection contre les crevaisons avec la technologie HARDSHIELD. Composée de deux couches de protection distinctes travaillant en tandem, HARDSHIELD offre une résistance aux crevaisons à un niveau jamais atteint sur un pneu de route tout en conservant, selon Hutchnson, une flexibilité et un confort supérieurs.
Une première couche de protection, composée d’un renfort souple en polyamide, recouvre la largeur de la bande de roulement, tandis que la seconde est une bande légèrement plus étroite en fils d’aramide super résistants, concentrant la protection au niveau de la zone de contact au sol.
A voir ce que cela donne dans les faits, car quand on multiplie les couches, on sacrifie forcément la souplesse (et donc le confort) ainsi que la résistance au roulement.
En contrepartie, le Challenger promet une excellente résistance à la crevaison. Pour évaluer la capacité des pneus à résister aux crevaisons, Hutchinson les a soumis, ainsi qu’une gamme de pneus concurrents, à un régime d’essais. Il a été constaté que, parmi les pneus testés, les crevaisons se produisaient généralement à une force de 80 à 120 Newtons, alors que le Challenger Tubeless résistait aux crevaisons jusqu’à une force de 170 Newtons, une augmentation de plus de 100 % dans certains cas.
Autre apport sur ce Challenger, la technologie Airshield. En intégrant deux composés d’étanchéité haute performance qui recouvrent à la fois l’intérieur du pneu et la tringle, Airshield assure un environnement 100 % hermétique et ce, même sans liquide préventif.
La couche flexible en butyle s’étend en continu jusqu’à la ligne de jante, ce qui lui permet de fléchir et de se déformer avec les mouvements du pneu, maintenant ainsi une étanchéité parfaite.
Cela élimine la nécessité de renforts textiles traditionnels sur la tringle, préservant ainsi la souplesse de la paroi latérale et, par conséquent, améliorant le confort de conduite à des niveaux sans précédent.
Montés sur des roues avec 21 mm de largeur interne, les Challenger mesurent 29.2 mm environ.
Côté poids, forcément, les Challenger ne font pas dans le light. J'ai pesé mes exemplaires à 406 g pièce en 28 mm. Clairement, on ne choisira pas ces pneus pour leur légèreté. Mais on ne peut pas tout avoir, légèreté et endurance ainsi que résistance à la crevaison !
Le montage.... un calvaire
Alors oui, le titre de ce paragraphe n'est pas vendeur. Mais autant afficher la couleur.
J'ai cru que jamais je n'arriverai à monter ces Challenger sur mes roues Dura-Ace C36 TL. Plusieurs démonte-pneus en ont fait les frais.
J'ai pourtant l'habitude de galérer avec certains pneus.... mais là, même le montage de pneus Veloflex sur des roues Campagnolo Neutron (cela parlera à ceux qui ont connu) est une partie de plaisir à côté.
Bref, une fois en place, on espère vraiment que l'endurance mais surtout la résistance à la crevaison sera à la hauteur des promesses, car je ne me vois pas galérer autant au bord de la route !
Une étanchéité vraiment à toute épreuve
Hutchinson promet un pneu étanche et c'est vrai. Même sans liquide préventif, terminé les pertes de pression.
Même au bout d'un mois, la perte est de 0.5 bar maximum et ça ne bouge plus. Autant vous dire que l'on perd l'habitude de refaire un coup de pression avant de partir. Hutchinson avance que ce principe permet aussi de réparer facilement une crevaison avec une chambre à air sans se mettre du préventif de partout.
Reste qu'au bout d'un moment, j'ai tout de même ajouté 40 ml de préventif... par sécurité, afin de boucher une éventuelle perforation du pneu. Car si le liquide préventif sert aussi à rendre le pneu tubeless parfaitement étanche, son rôle est aussi d'assurer un colmatage d'un trou pour éviter tout arrêt.
Mais compte tenu de la difficulté de montage du pneu, j'ai préféré assurer mes arrières plutôt que de devoir galérer sur le bord de la route ! Vu le poids des pneus, on est plus à 40 grammes près !
Sur la route
Ces pneus Challenger ont été testés depuis octobre 2024 jusqu'à ce mois de mai. Plus de 6 mois de test qui couvrent un large panel de conditions météo.
Premier constat, le poids. Même si je roule souvent sur ce même vélo avec des pneus de 30 mm, la plupart affichent 300 grammes maxi sur la balance. Là, avec 406 grammes par pneu, on ajoute 200 grammes sur l'ensemble roulant et surtout, c'est un poids qui se trouve en périphérie de la roue.
Cette masse supplémentaire se traduit par un comportement bien moins dynamique que des pneus sportifs. Mais on est là en présence d'un pneu endurance. La cible de ces pneus sont les cyclistes qui roulent bien souvent très longtemps à un rythme plutôt régulier.
Par contre, une fois lancé, cette masse devient presque un avantage.
Des Challenger qui se montrent plutôt raides. Sans être dans l'excès, on est plus au niveau du GP5000 que d'un Vittoria Corsa Pro ou d'un Véloflex, mais cela n'a rien d'étonnant avec une carcasse 3 x 127 TPI et surtout, l'épaisseur de gomme associée aux divers renforts. Tout cela pénalise la souplesse de la carcasse.
Le grip est très bon sur le sec. Sur le mouillé, on est en retrait des meilleurs, sans pour autant que cela soit dangereux. Il semblerait que ce ne soit pas la gomme qui soit en cause, mais plutôt la rigidité de l'ensemble qui empêche à mon avis la carcasse de travailler au mieux et donc au pneu d'offrir un maximum de surface de contact au sol.
Cela est surtout marqué dans les descentes humides où on sent que l'on arrive un peu plus rapidement à la limite. On descend donc un peu plus sur la retenue et on évite de mettre trop d'angle dans les virages.
Après 4000 km, aucune crevaison à signaler. Et la chape ne montre aucune trace de coupure ni même d'usure. Je ne les ai pourtant pas ménagés, n'hésitant pas à rouler dans la terre sur les bas-côtés voire à emprunter quelques chemins.
Les témoins placés sur la bande centrale sont encore très profonds et le Challenger pourra sans problème encaisser 4000 km de plus à l'arrière et sans doute que les 10000 km seront atteints avec le pneu avant.
Au démontage, la carcasse s'est un peu assouplie et un nouveau montage demandera moins de poigne que lorsque les pneus sont neufs.
Bilan
Vous voulez rouler sans souci durant des milliers de kilomètres, peu importe le poids de vos pneus et sans rechercher du dynamisme ? Le Challenger TLR est fait pour vous.
Au tarif de 52 € environ pièce, ça nous fait 104 € la paire, mais pour une longévité de comprise entre 8 et 10000 km. Si le confort n'est pas son point fort, vous pourrez toujours opter pour une section un peu plus grande que d'habitude qui vous permettra de regagner à ce niveau.
Par contre, attendez-vous à galérer un peu pour le montage en fonction de vos jantes, ce qui impliquera de ne pas s'y prendre au dernier moment !

















gaitoman jeudi 5 juin 2025, 12:13
Félicitations ,super article très intéressant.
J'ai une petite question ... J'ai un vélo de route et je ne peux pas monter dessus des pneus gravels car ils sont trop larges, serait-il possible de monter ses pneus sur mon vélo de route et comme ça profitez des chemins de sentiers sans risque de crevaisons ? ☺️
Rouffy jeudi 5 juin 2025, 13:33
Adepte d'ultra, j'ai choisi les challengers en 32 mm. Je roule à 4.5 bar pour 85 kg et je les trouve plutôt confortable.
Ils ne rendent pas super bien mais ce n'est pas ce que l'on leurs demande.
Je les emmenais sur des pistes non goudronnés dans les Alpes Suisse et jamais crevé après 3000-4000 km.
La bande de roulement arrière est bien entamée et je pense qu'ils ne vont pas dépasser les 5000 km... surement du à mon poids et son utilisation sur des revêtements plutôt accidentés.
Le montage sur des jantes Duke Baccara X SLR2 36mm était facile pour ma part.
... en un mot foncez si vous n'avez pas peur du poids.
Julien jeudi 5 juin 2025, 14:27
J'en ai une paire en 32 mm. Alors je rejoins tes commentaires sur la difficulté à les monter, leurs résistances et comportement.
Ils ont servis pour faire la route des Sagards dans les Vosges où l'on a des routes bien dégradées et également du gravel. ça a très fait le job. Bref, pour du long et la montagne sans recherche absolue de chrono, ils me semblent très bien.
@Gaitoman: oui ils peuvent servir largement pour du gravel.
Pour nuancer tes remarques:
De peur d'être dans le cas d'une crevaison sur le bord de la route, je les ai démonter pour ensuite les remonter. Je les ai trouvé très facile à décoller, démonter et ensuite remonter. Ils ont été mêmes plus facile que mes fusions 4 saisons.
Guillaume (mais un autre) jeudi 5 juin 2025, 16:02
Je les ai aussi depuis quelques mois, pour 1500 km environ. Montage pas facile mais je n'ai tout de même pas cassé de démonte-pneus.
Aucune crainte de crevaison, on les sent effectivement solides et fiables. Je ne ferais pas du gravel avec, en revanche, surtout pour le manque d'adhérence. Mais je ne pense pas qu'ils craignent les pistes blanches ou les revêtements dégradés. Le confort est un peu moins bon que je le pensais mais ils tiennent malgré tout presque la comparaison avec les Touareg en 650x47 de mon autre vélo.
Pour ma part, un peu de perte de pression à l'avant, au cours des 1000 premiers km, mais je n'avais pas encore mis de préventif (et l'arrière tenait très bien). Depuis, ça a l'air de se dégonfler moins vite.
poupou81 jeudi 5 juin 2025, 18:51
Je confirme leur excellente résistance. J'ai la version tubetype et j'ai presque 4400km avec et aucune crevaison (et je confirme qu'ils pourront encore tenir 4000km sans problèmes) en ayant pourtant roulé avec des conditions dantesques parfois l'hiver. Et excellente tenue sous la pluie. Pour 30€, ce sont franchement des excellents pneus à choisir sans hésiter vs les références comme les GP 4 saisons qui sont beaucoup plus chers et à mes yeux moins résistants.
Bref, un choix sans prise de tête et cerise sur le gâteau pour les tubeless made in france (les tubetype sont faits en Chine).