Présentation

Esthétiquement, les différences sont assez peu notables, surtout au niveau de la forme générale qui change assez peu, mais on note tout de même une forme plus compacte, un peu plus courte. Sur ce point, Specialized semble avoir trouvé la forme qui fonctionne le mieux dans son fameux WinTunnel.

Bien sûr, quand on compare par rapport aux deux premières générations d'Evade, l'évolution est tangible.

C'est de face que cet Evade 4 se démarque le plus de son prédécesseur, avec l'entrée d'air centrale qui a été considérablement diminuée, mais qui est désormais complétée par une entrée d'air sur le haut du casque. Et c'est aussi l'intérieur du casque que le travail est notable, avec la technologie appelée Mouthport par la marque qui permet à l’air de circuler dans le casque à travers les canaux internes en ligne et en profondeur depuis l'entrée d'air située au niveau du front jusqu'aux sorties à l’arrière. Les canaux internes de refroidissement 4D guident l'air plus profondément à travers le casque.

A l'arrière, on retrouve de larges ouïes permettant d'évacuer l'air chaud et générant ainsi un large flux d'air sous le casque.

L'intérieur évolue aussi avec la technologie MIPS qui passe désormais en version Air Node Pro qui améliore aussi bien le flux d'air que la gestion de la sueur. Des mousses qui sont plus denses et un peu mieux réparties, ce qui devrait bénéficier au confort en repartissant un peu mieux le poids du casque sur la sur face du crâne.

Côté confort, l'Evade troque son système de molette propriétaire pour adopter un système BOA FS2, micro-réglable à 360°. Système complété par le Tri‐Fix 5 pour une parfaite adaptation ergonomique.

J'ai pesé respectivement mes deux exemplaires en taille M à 293 et 289 grammes. Le tarif est, quant à lui, au niveau de la signature S-Works, avec 329 €.

Un prix élevé qui fait d'autant plus regretter par exemple l'absence de mousses de rechange. Des mousses qui ne semblent pour l'heure toujours pas disponible en après-vente, ce qui est dommage pour une utilisation sur une longue durée.

Sur la route...

Si jusqu'à présent, les casques aéro étaient l'apanage des cyclistes sur route, les vitesses atteintes en gravel, mais aussi l'amélioration des performances de ventilation (car même si on roule de plus en plus vite en gravel, c'est toujours moins rapide que sur bitume) font que l'Evade 4 est utilisé par une majorité d'athlètes gravel partenaires de la marque. J'ai donc réalisé le test de ce casque dans les deux disciplines.

Comme toujours, je n'irai pas sur le terrain de l'aérodynamisme, un élément que je suis totalement incapable de mesurer objectivement.

Le confort franchit un cran de plus par rapport à l'Evade 3, en combinant la forme de l'Evade 3 avec les apprentissages des casques Propero 4 & Ambush 3. Et c'est clairement réussi. La nouvelle forme de tête mais aussi l'adoption du système de réglage BOA FS2 ainsi que du Tri-Fix 5 permet d'avoir un réglage parfait sans aucun point de pression et ce, même pour des sorties qui dépassent les 5 heures.

Résultat, un casque qui s'oublie totalement grâce à un contact homogène sur toute la surface du casque et sans aucun point de pression. L'Evade 3 était déjà un réussite sur ce point, cette nouvelle génération améliore encore un peu la sensation.

La ventilation est vraiment un cran au-dessus de l'Evade 3 et j'ai pu le constater lors de la montée du col de Menté, fin mars. Pas moins de 27/28° C en plein soleil dans la montée et forcément, une vitesse qui ne permet pas une ventilation optimale, loin de là. D'autant que la montée dure une heure et la sortie m'a occupé plus de 4 heures 30 pour 106 km et 1830 m de dénivelé.

Et pourtant, j'ai parfaitement supporté l'Evade 4, sans aucune sensation de chaleur en excès sous la coque du casque ni même de transpiration qui coule sur les lunettes, ce qui prouve la très bonne gestion de la sueur.

Il n'y a vraiment que lorsqu'on s'arrête après un gros effort où, faute de refroidissement éolien, la sueur finit par couler.

Bien sûr, l'amélioration est minime, mais pour rouler avec l'Evade 3 depuis plusieurs années et l'ayant encore porté ces derniers mois, l'amélioration n'est pas homéopathique et c'est encore plus prégnant quand le thermomètre passe les 30° C comme j'ai pu l'expérimenter à plusieurs reprises fin mai.

... et les chemins

Même constat en gravel, où les vitesses ascensionnelles sont parfois encore plus lentes si le terrain est accidenté. Que ce soit en bords de Garonne ou sur les pistes autour de Gérone, la ventilation de l'Evade 4, si elle n'est pas, forcément, au niveau d'un Prevail, permet d'envisager son utilisation sur une large plage de températures.

Lors de la présentation presse du Crux 5, j'ai été amené à gravir des montées de 5 km à plus de 6% de moyenne avec quelques bonnes rampes à plus de 15%, jamais je n'ai regretté d'avoir ce casque sur la tête.

La transpiration est bien maîtrisée, j'ai rarement eu de la sueur qui a coulé sur les écrans, chose assez rare pour ma part, puisque je transpire beaucoup. Et sur plusieurs heures de vélo, c'est un élément non négligeable pour moi, la vision reste nette bien plus longtemps.

Un bon point pour le stockage des lunettes. J'ai essayé 4 paires différentes (POC, Oakley, Scicon et Julbo), toutes tiennent parfaitement en place, ce qui n'était pas toujours le cas sur l'Evade 3 où certains modèles n'étaient pas assez bien maintenus.

Avant, le Prevail 3 avait ma préférence pour les sorties gravel, sincèrement, aujourd'hui, hormis grosses chaleurs, je trouve que l'Evade 4 est aussi parfaitement adapté à la pratique.

Bilan

Comme souvent, si vous possédez un Evade 3, le changement pour un Evade 4 ne se justifie pas forcément. Le fait qu'il soit 2.4 % plus frais ne changera pas radicalement la donne et ne justifiera sans doute pas les 329 € demandés.

Mais la somme des petits détails, comme le disque BOA FS2, le Tri-Fix 5 et la meilleure gestion de la transpiration font que l'évolution reste tout de même intéressante.

Est-ce que le Prevail 3 se justifie encore ? Si vos préoccupations premières ne sont pas l'aérodynamisme, mais plutôt la ventilation même en montagne en plein été et quelques grammes de moins (environ 30 grammes de moins pour le Prevail), alors oui, le Prevail reste le meilleur choix. Pour tous les autres, qui veulent mettre de leur côté toutes les chances de performer, l'Evade 4 s'imposera sans doute.

Photos : Etienne Shoeman et Matos Vélo