Test des chaussures Giro Imperial II AS, toutes saisons, sans compromis
Par le mardi 12 mai 2026 07:58 - Test matériel - Commentaires : 0 .
La gamme Imperial de Giro jouit d'une solide réputation depuis plusieurs années chez les cyclistes exigeants. Avec l'Imperial AS, la marque californienne signe une nouvelle génération de chaussures de route conçues pour allier performance, confort et protection par tous les temps, développée en collaboration avec des coureurs du WorldTour tels que Paul Seixas et Biniam Girmay.
C'est une version toutes saisons des Giro Empire SLX II testées il y a quelques semaines, mais équipées non pas de lacets, mais de disques BOA Li2.
Un modèle haut de gamme, facturé 449.99 €. Par rapport à la version standard des Imperial II, cette déclinaison AS bénéficie d'une tige repensée pour affronter les conditions plus fraîches, voire pluvieuses. Mon avis après plusieurs mois à rouler avec.
Présentation
L'AS, pour *All Season*, ne se présente pas comme un simple dérivé de l'Imperial II : elle bénéficie d'une empeigne repensée pour s'adapter aux entraînements de début de saison, aux courses de mi-saison et aux routes mouillées, tout en partageant la même semelle extérieure en fibres de carbone que l'Imperial II et l'Empire SLX II.
La tige repose sur une construction bi-couche thermocollée combinant une maille tricotée et une membrane TPU de 0,25 mm, pensée pour trouver un équilibre entre respirabilité, résistance aux intempéries et maintien structurel. La ventilation est assurée par des perforations au laser et une protection en TPU renforce la zone des orteils ainsi que le contrefort de talon, ce dernier étant remplaçable.
Le système de fermeture fait appel à deux molettes BOA Li2 en aluminium usiné permettant un micro-ajustement précis, même en plein effort. Giro a opté pour des guides souples afin de limiter les points de pression localisés.
La nouvelle semelle extérieure en fibre de carbone forgée améliore la rigidité de 2 Nm. Point d'entrée d'air sur cette semelle, afin d'éviter que le froid ou l'eau ne puisse rentrer. A l'arrière, on trouve un talon TPU remplaçable et à l'avant, une grande protection des orteils qui protègera aussi la semelle lors des phases de marche.
À l'intérieur, le kit SuperNatural Fit propose une semelle anatomique avec support de voûte plantaire modifiable (via velcro) en trois hauteurs (bas, moyen, haut), une solution pratique pour personnaliser le maintien sans recourir à une semelle sur mesure.
Le poids annoncé par Giro est de 234 grammes pour une chaussure en taille 43 ; l'exemplaire testé ici, en taille 42 blanc, a été pesé à 247 grammes la chaussure, on est donc un peu plus lourd que ce qui est annoncé. Les coloris disponibles sont le blanc et le noir. Le prix est fixé à 449,99 €.
Sur la route
Pour une fois, je ne vais pas dire que dès les premières sorties, la chaussure s'est montrée confortable. Non, il a fallu environ 10 heures de roulage pour éliminer quelques points durs. Des points "durs" pas trop inconfortables, mais néanmoins présents.
Mais après cette période de "rodage", ces derniers ont totalement disparus, peut-être à la faveur d'une légère déformation de la tige à ce niveau.
On est quand même en deçà de la souplesse des Giro Empire SLX II dont la tige, sur la partie avant du pied, est bien plus fine et se détend nettement plus. On a donc un maintient un peu plus ferme avec ces Imperial AS.
Le système BOA à double disque fonctionne avec la précision attendue à ce niveau de gamme : les molettes Li2 permettent un réglage de tension indépendant sur deux zones du pied, ce qui aide la tige à s'adapter aux différentes morphologies, et les micro-ajustements en cours de sortie sont fluides.
Après le nécessaire "rodage" de quelques sorties dont j'ai parlé un peu plus haut, je n'ai constaté aucun point de pression notable sur les sorties longues, y compris sur des sorties dépassant les quatre heures.
La rigidité de la semelle est impeccable, difficile de trouver à redire. Le transfert de puissance lors des relances ou dans les cols est efficace, sans perte. La nouvelle semelle en carbone forgé unidirectionnel affiche une amélioration de rigidité par rapport à la génération précédente, mais difficile à vrai dire de noter une différence réelle, on est à des niveaux très élevés de rigidité, même à 1100 watts, je n'ai trouvé aucune flexion à ce niveau.
La ventilation de la version AS est moins généreuse que celle de l'Imperial II classique, ce qui est logique compte tenu du positionnement toutes saisons du modèle. Sur des sorties à des températures entre 10 et 18°C, la chaleur est bien gérée. Par temps chaud, la membrane TPU retient davantage la chaleur qu'une tige full-mesh : l'Imperial AS n'est pas la chaussure que je choisirais pour un mois de juillet caniculaire.
Bien que Giro les présente comme des chaussures de mi-saison/toutes saisons, elles ne sont pas aussi aérées que les modèles Empire et Imperial II à tige en mesh, mais elles restent tout à fait confortables et respirantes.
En revanche, sur chaussée humide ou avec des températures fraîches de mi-saison, elle tient ses promesses : les pieds restent secs plus longtemps qu'avec une chaussure entièrement ajourée.
À l'inverse, ce ne sont pas vraiment des chaussures d'hiver, il faudra donc les porter avec des sur-chaussures ou des couvre-orteils lorsque les températures descendent en dessous de 5 °C.
La tenue du pied est bonne, avec un chaussant neutre qui convient à une majorité de morphologies. Le galbe de talon est suffisamment marqué sans gêner mécaniquement, et la boîte à orteils se situe dans une largeur intermédiaire qui s'adapte à différents types de pieds. On notera que les semelles internes restent un peu plates ; les utilisateurs ayant besoin d'un soutien de voûte plantaire important pourront recourir aux inserts fournis qui permettent d'avoir un soutien bien plus marqué que sur des semelles basiques.
Côté nettoyage, c'est plutôt très bon pour ce modèle blanc. Elles ne sont pas à l'abri des marques, mais la plupart des tâches s'enlèvent facilement. Bien sûr, il faudra frotter un peu avec un microfibre et pourquoi pas du savon pour enlever les marques tenaces, mais la chaussure reste comme neuve.
La seule zone légèrement plus compliquée à nettoyer est la languette, à cause des câbles du système Boa qui sont en contact avec la tige et qui ont donc tendance à incruster poussière et saletés. Un conseil : nettoyez soigneusement cette zone après chaque sortie pour éviter les taches et les marques qui pourraient nuire à l’esthétique.
Bilan
L'Imperial II AS est une chaussure bien construite, cohérente dans son positionnement : elle offre les qualités dynamiques et la légèreté d'une chaussure de compétition tout en intégrant une protection réelle grâce à la membrane TPU, qui sera parfaite pour affronter les climats frais ou froid et les chaussées humides. C'est un bon choix pour les cyclistes qui cherchent une paire unique utilisable du printemps à l'automne, sans avoir à gérer une chaussure d'été et une chaussure de mi-saison séparées.
À 449,99 €, elle s'inscrit dans le haut du segment premium. Le tarif est resté stable par rapport à l'Imperial II, ce qui maintient le positionnement tarifaire cohérent avec la concurrence directe.
Photos : Sonam.cc et Matos Vélo







































