Pour cet essai, la presse internationale avait à sa disposition un SuperSix EVO 1 affichant 7.3 kg  pour un tarif de 8499 € équipé avec la transmission SRAM Force AXS.

Sur la route

Dès les premiers tours de roues, aucun doute, on est bel et bien sur un SuperSix. Si le vélo a bel et bien évolué, notamment au niveau aéro, Cannondale a su garder ce qui a toujours fait l’ADN de ce vélo, un modèle nerveux, léger, mais qui propose toujours un excellent feeling et du confort.

Un vélo plaisant et complaisant, tant on a la sensation de ne jamais le subir.

Sur les routes autour de Gérone, j’ai pu effectuer un premier galop d’essai en compagnie notamment de Cédrine Kerbaol, Richard Carapaz et Ben Healy, qui tous trois découvraient aussi ce vélo.

Mon vélo était équipé du groupe SRAM Force AXS qui, sans surprise, fonctionne exactement comme le Red AXS. Rapide, précis et un freinage très puissant à tel point que deux doigts suffisent, même mains sur les cocottes, pour obtenir de puissantes décélérations.

Avec les roues Reserve, de 57 mm à l’avant et 64 mm à l’arrière, le SuperSix EVO Gen 5 fait preuve d’une excellente stabilité malgré quelques rafales de vent assez prononcées.  Le constat que j’avais pu faire avec ces mêmes roues sur le Cervélo S5 se confirme encore une fois ici.

Sur le plat, il répond à la moindre sollicitation, avec un bon équilibre de rigidité entre la boîte de pédalier et la douille de direction. Ces deux parties fonctionnent parfaitement de concert tandis que le triangle arrière apporte de la filtration. A noter que la partie avant semble un peu plus rigide que la génération précédente, sans que je puisse affirmer si cela est dû au cockpit ou à la douille.

La boite de pédalier semble elle aussi faire preuve de plus de rigidité, mais sans tomber dans l'excès. Et c'est aussi pour ça qu'on aime le SuperSix en général.

Ici monté avec des pneus de 29 mm de section, le confort est très bon, comme toujours sur les SuperSix. Et pourtant, on a ici droit à un cockpit Aerobar pour le moins rigide. Un cockpit avec une très bonne ergonomie et un léger flare qui permet d’avoir une excellente maîtrise du vélo quand on pose les mains en bas du cintre. Mais j'avoue que quelques degrés d'évasement en plus auraient aussi été les bienvenus.

La partie haute profilée n’est pas trop large même pour les petites mains. En revanche, la finition vernis brillant, si elle est du plus bel effet, devrait à mon avis être rapidement glissante sous la pluie ou l’été quand on transpire beaucoup.

Dans la montée Els Angels, célèbre autour de Gérone, le SuperSix fait toujours preuve de facilité, même pour un non grimpeur. Je n’ai jamais eu la sensation de buter ou de lutter contre le vélo. J’ai d’ailleurs produit un effort de 257 watts sur 15 mn qui fait partie de mes meilleures performances, à moins de 8 watts de mon meilleur effort établi il y a 11 ans !

Vient ensuite la descente vers Gérone, que je connais bien pour l’avoir empruntée sur plusieurs présentations presse. Une descente qui mêle des passages rapides et des parties plus techniques, avec des virages serrés mais rapides, mais aussi des virages qui se referment et qui demandent à être plutôt bon descendeur si on veut ne pas perdre de temps.

Le stack revu à la baisse permet d'avoir une position encore plus sportive et un comportement à l'avenant. Les entrées en courbes se font plus franches.

Une vraie partie de plaisir avec ce SuperSix EVO Gen5 entre les jambes. Sa stabilité dans les portions très rapides ainsi que son excellente filtration permettent de totalement se relâcher et ne se concentrer que sur son pilotage pour parfaitement placer le vélo au millimètre.

De même dans les zigzags rapides passés à plus de 45 km/h. Certes, la chaussée est parfaite, mais le vélo se place parfaitement tout en pardonnant les erreurs de trajectoires. La fourche revue ainsi que le cockpit, proposent une bonne rigidité qui permet au vélo de s’inscrire parfaitement dans les courbes. Et même quand on est surpris par un virage qui se referme au dernier moment, le SuperSix EVO Gen5 accompagne parfaitement le regard et suit toujours la bonne trajectoire. On n’a jamais l’impression de lutter.

Les relances après les épingles sont énergiques et permettent de reprendre rapidement de la vitesse.

Bref, le SuperSix reste extraordinairement polyvalent, rapide partout. Pas seulement sur le plat, pas seulement en montée. Il n'y a pas de terrain où on le sent moins à l'aise, où il pénaliserait son propriétaire. J'ai battu mes propres records sur Els Angels, aussi bien en montée qu'en descente, avec ce SuperSix de 5ème génération.

Bilan

Qu’en conclure ? Le SuperSix EVO Gen5 conserve ce qui a toujours fait des SuperSix des vélos à part, des modèles qui, malgré leurs évolutions, ont su garder ce côté facile et toujours confortable, avec juste ce qu’il faut de rigidité pour ne pas en faire un vélo trop exigeant.

Un vélo qui donne la banane et permet d’affronter tous les profils de routes. S’il est utilisé par les coureurs et coureuses professionnels des équipes EF mais aussi Saint Michel, cette version LAB71 n’en reste pas moins accessible physiquement au commun des mortels que nous sommes.

Comme toujours, si vous possédez la génération précédente, le gap n’est à mon avis pas suffisant pour justifier le remplacement par ce nouveau modèle. Certains trouveront cela dommage, mais c’est peut-être aussi ce qui fait la force du SuperSix, il ne se démode pas trop d’une génération à l’autre. Il n’y a que quand on regarde dans le rétroviseur, avec les premières générations, que l’on se rend compte de tout le chemin parcouru par Cannondale.

En revanche, ce n'est toujours pas le vélo qui fait le coureur. J'ai bien tenté de suivre Ben Healy ou encore Richard Carapaz, mais non..... rien à faire.