La validation est venue du plus haut niveau : Marianne Vos sacrée championne du monde de gravel fin 2024, Pauline Ferrand-Prévot victorieuse à Paris-Roubaix femmes, et l'adoption par l'équipe Visma-Lease a Bike. L'UCI avait donné son feu vert, le système fonctionnait, les pros l'utilisaient. Tout semblait parfait.

J'avais réalisé quelques clichés lors du Paris-Roubaix 2025 : Zoom sur le système de réglage de pression Gravaa utilisé par Visma Lease a Bike sur Paris-Roubaix

Pourtant, derrière cette vitrine sportive flatteuse, les ventes n'ont jamais décollé. Malgré le lancement de la production en série aux Pays-Bas l'année dernière et des débuts jugés encourageants par l'entreprise, le manque de commandes a eu raison de Gravaa.

Il faut dire que le ticket d'entrée était élevé : environ 3 800 euros pour des roues Reserve équipées du système, 4 300 euros pour des DT Swiss. Un investissement conséquent pour un gain qui, aussi réel soit-il en compétition, reste difficile à justifier pour le cycliste amateur moyen. À cela s'ajoutent 250 grammes par roue et la complexité d'un système électronique intégré.

Des projets avortés

L'entreprise fondée par Gertjan van Ginderen, fruit de six années de développement après une révélation lors d'une beach race, avait pourtant de l'ambition. Des plans étaient en cours pour s'attaquer au marché des cyclistes urbains en 2026, un segment potentiellement plus large que la niche performance. Ces projets sont désormais annulés.

Une lueur d'espoir ?

Tout n'est peut-être pas terminé. Un porte-parole a évoqué la possibilité d'une relance future, portée par l'intérêt manifesté par l'industrie du cyclisme. L'application et l'infrastructure de l'entreprise restent opérationnelles "pour le moment", et les équipes professionnelles pourraient continuer à utiliser la technologie cette saison.

Gravaa a commencé la production en série aux Pays-Bas depuis l'année dernière et les choses se passaient assez bien. Bien sûr, le partenariat et l’utilisation de Gravaa par l’équipe Visma-Lease a Bike nous ont aidés et il y avait un intérêt concret de la part d’autres équipes de route et des coureurs de gravel. Gravaa était également disponible pour le marché grand public, via notre propre boutique en ligne et les détaillants.

Mais il était difficile d’obtenir suffisamment de commandes pour pouvoir faire évoluer le chiffre d’affaires et faire des marges suffisantes. Nous voyons tous que l'industrie du vélo est toujours confrontée à des difficultés depuis le Covid-19, ce qui a rendu difficile l'obtention de commandes importantes.

Même si nous avons la possibilité de produire Gravaa à haut volume/faible coût, il s’est avéré que la conversion de cette capacité en ordres d’OE soutenus s’est avérée difficile dans l’environnement actuel du marché.

Reste à savoir si un repreneur verra le potentiel commercial de cette innovation, ou si le KAPS restera dans les annales comme une belle idée technologique qui n'a jamais trouvé son marché. L'histoire du cyclisme est parsemée de ces innovations brillantes qui n'ont pas survécu à l'épreuve de la rentabilité.