Baptisé FTP² pour "doubler la puissance fonctionnelle au seuil" (Functional Threshold Power), ce vélo concept électrique promet de transformer n'importe quel cycliste amateur en athlète capable de ressentir les sensations de vitesse des professionnels. Avec sa motorisation surpuissante Mahle M40 et son design aérodynamique extrême, le FTP² n'est pas destiné au grand public mais constitue un laboratoire roulant visant à inspirer les futures innovations de l'industrie cycliste.

Une puissance démesurée : le moteur Mahle M40 réinventé

Au cœur du projet FTP² se trouve un moteur électrique d'une puissance exceptionnelle. Van Rysel a choisi le Mahle M40, une motorisation initialement conçue pour le VTT électrique, capable de délivrer jusqu'à 105 Nm de couple et 850 watts de puissance de crête.

Contrairement aux vélos électriques de route conventionnels bridés à 25 ou 32 km/h selon les réglementations, le FTP² s'affranchit de toute limite de vitesse. Le système ne se contente pas d'assister le cycliste : il multiplie son effort par quatre, transformant littéralement le pilote en "moteur surhumain".

Selon Van Rysel, le vélo est capable d'atteindre des vitesses comprises entre 45 et 100 km/h, des vitesses  normalement réservées aux motos.

Cette approche radicale témoigne d'une frustration grandissante des marques face aux limitations imposées aux vélos électriques de route. Comme le soulignent plusieurs observateurs de l'industrie, les cyclistes moyens peuvent déjà maintenir des moyennes proches de 30 km/h lors de sorties en groupe, rendant l'assistance électrique limitée à 32 km/h presque obsolète. Alors que dire des 25 km/h en vigueur en Europe ? Le FTP² explore ce que les moteurs actuels peuvent réellement accomplir une fois libérés de ces contraintes réglementaires.

Pour gérer cette puissance phénoménale en toute sécurité sur asphalte, Mahle et Van Rysel ont développé un logiciel spécifique qui optimise la gestion de cette force brute. Le moteur et la batterie sont entièrement intégrés dans le tube diagonal du cadre, avec des ailettes de refroidissement pour éviter la surchauffe lors d'efforts prolongés à haute vitesse.

Un design aérodynamique radical

L'aérodynamisme constitue l'autre pilier fondamental du projet FTP². Selon Van Rysel, à de telles vitesses, l'aérodynamisme devient "la garantie absolue de sécurité". Chaque élément du vélo a été conçu pour minimiser la résistance à l'air.

Le cadre : libéré des contraintes UCI

Le cadre en carbone fait la part belle à l'innovation. Libéré des règles strictes de l'Union Cycliste Internationale (UCI) qui régissent les vélos de compétition, Van Rysel a pu explorer des configurations impossibles en course professionnelle.

Le design rappelle les vélos de contre-la-montre et de triathlon les plus extrêmes, avec notamment une absence de tube de selle traditionnel, évoquant le Cervélo P5X. Les haubans sont pratiquement parallèles, et l'ensemble de la structure utilise des profils NACA, les mêmes formes aérodynamiques que celles employées en aéronautique.

La fourche constitue l'un des éléments visuels les plus frappants : une structure à deux parties fortement profilées, un design similaire à celui utilisé sur le vélo de piste Hope HB.T de Matthew Richardson lors de son record du monde du 200 mètres.

Entièrement conçu et fabriqué en interne à Lille, dans le laboratoire de prototypage de Van Rysel, le cadre et la fourche en carbone sont parfaitement fonctionnels.

Van Rysel insiste sur le fait qu'il s'agit d'un prototype réaliste, "construit pour résister aux contraintes de vitesses extrêmes sur asphalte plutôt que simplement avoir belle allure sur un podium". Ce modèle est parfaitement roublable.

Le poids annoncé de 15 kg pour un vélo de taille M peut sembler élevé, mais les priorités sont clairement orientées vers l'aérodynamisme et la résistance structurelle plutôt que vers la légèreté. Avec de grosses puissances d'assistance et les probables hautes vitesses atteintes par ce vélo, il fallait que le cadre soit dimensionné en conséquence !

Le cockpit : inspiration Formule 1

Abandonnant le cintre traditionnel ou les prolongateurs de contre-la-montre, Van Rysel a développé un cockpit entièrement inédit inspiré de la Formule 1. Le guidon adopte une forme évoquant les cintres cornes de vache des années 1980. L'innovation réside surtout dans l'intégration électronique totale. Depuis ce poste de pilotage, le cycliste peut contrôler :

  • Les vitesses de la transmission SRAM Red AXS
  • Les modes d'assistance du moteur Mahle
  • Le serrage micrométrique des chaussures (une première mondiale)

Un compteur  Hammerhead est intégré au-dessus d'un éclairage avant lui aussi parfaitement intégré. L'objectif affiché : permettre au pilote de ne jamais avoir à lâcher le guidon, un facteur de sécurité crucial à très haute vitesse.

Plus qu'un vélo, un écosystème complet et révolutionnaire

La particularité du projet FTP² réside dans son approche holistique. Van Rysel n'a pas simplement conçu un vélo, mais un écosystème complet comprenant le vélo, le cockpit, le casque, les vêtements et les chaussures, tous développés conjointement pour une efficacité aérodynamique et une sécurité maximales.

Les chaussures concept : trois brevets révolutionnaires

Les chaussures FTP² constituent peut-être l'innovation la plus radicale du projet. Van Rysel a créé ce qu'elle appelle un "bloc technologique unique" où la chaussure, la pédale et le système de serrage fusionnent en un seul élément.

Trois innovations majeures font l'objet de demandes de brevet :

1. La technologie "No-Pedal" : Le concept le plus disruptif : la chaussure ne se fixe plus à une pédale, elle devient la pédale. L'axe de pédale est directement intégré dans la semelle carbone de la chaussure, éliminant complètement l'interface chaussure-pédale traditionnelle, les cales et toute la quincaillerie associée.

Cette configuration abaisse considérablement la hauteur de pédalage, minimise les pertes d'énergie et assure un transfert de puissance direct et optimal. Le poids du système complet (chaussure + axe intégré) est annoncé à environ 500 grammes.

Pour l'heure, reste le problème du clipsage et du déclipsage mais les ingénieurs Van Rysel bossent déjà sur le sujet. Car sur le modèle présenté sur le salon, la chaussure se "visse" sur la manivelle, comme une pédale. Bref, impossible de démarrer ou s'arrêter sans l'assistance d'autres personnes.

2. Le serrage motorisé et sans fil : Deuxième innovation majeure : un système de serrage entièrement motorisé et contrôlable à distance. À l'intérieur de la chaussure, un micromoteur gère la tension du laçage via un enrouleur invisible. Le système est alimenté par une batterie SRAM AXS montée sur le talon et communique par signal radio avec les commandes intégrées au cockpit.
Les avantages annoncés sont multiples :

  • Concentration : le cycliste reste focalisé sur le pilotage sans manipulation manuelle
  • Adaptabilité : ajustement du serrage selon le terrain pour plus de confort ou serrage maximal pour le sprint
  • Discrétion tactique : possibilité de serrer les chaussures sans signaler aux adversaires que l'on s'apprête à placer une attaque

L'énergie n'est consommée que lors du serrage ou du desserrage, le moteur restant verrouillé mécaniquement le reste du temps.

3. L'aérodynamisme NACA : Van Rysel a conduit une étude aérodynamique approfondie en utilisant la méthode FlowViz, employée en Formule 1. Cette analyse a révélé que le flux d'air est perturbé dès la zone des métatarses et ne se propage pas de manière linéaire jusqu'au talon.

La solution développée consiste en un appendice latéral avec un grand orifice d'entrée d'air et une petite sortie, intégrant des ailettes. Ce système aggit comme un diffuseur pour canaliser le flux d'air depuis les métatarses jusqu'à l'arrière de la chaussure, créant un écoulement plus linéaire.

Le résultat est une chaussure au profil NACA, ressemblant à une aile d'avion sur son côté latéral. La tige utilise le même tissu que les surchaussures aérodynamiques professionnelles - en somme, une chaussure avec surchaussure intégrée. Un grand évent latéral permet non seulement d'optimiser l'aérodynamisme mais aussi de refroidir le pied et le moteur de serrage interne.

Ces chaussures illustrent jusqu'où Van Rysel est prêt à aller pour éliminer chaque watt de résistance.

  • Poids : ~500g (système complet avec axe intégré)
  • Coque extérieure : Impression 3D avec profil NACA latéral
  • Interface pédale : Axe intégré dans la semelle (technologie No-Pedal)
  • Serrage : Motorisation interne avec contrôle radio depuis le guidon
  • Tige : Surchaussure aéro intégrée en textile haute vitesse
  • Alimentation : Batterie SRAM AXS amovible (talon)
  • Semelle : Carbone moulé en interne

Le casque X Clip : modularité aérodynamique

Développé en collaboration avec Swiss Side, partenaire aérodynamique de Van Rysel pour ses vélos de course RCR, le casque concept adopte une approche modulaire inédite.

Plutôt que de créer un casque aérodynamique complet, Van Rysel a développé le système "X Clip Concept" : une coque extérieure en carbone qui se clipse directement sur le casque de route RCR-R standard de la marque, déjà homologué et ventilé.

Le clipsage s'effectue à l'aide d'un treillis imprimé en 3D qui en plus d'assurer ce mariage, agit tel un système "MIPS", en limitant le forces rotationnelles en cas de chute.

Cette modularité présente plusieurs avantages :

  • Maintien de la sécurité et du confort d'un casque homologué et ventilé
  • Performance aérodynamique d'un prototype de record
  • Possibilité de passer d'une configuration route classique à une configuration aéro selon les besoins

Sans doute l'idéal pour les triathlètes qui voudraient bénéficier d'un casque aéro seulement sur quelques épreuves dans l'année.

La coque aéro a été sculptée pour obtenir le coefficient de traînée le plus bas possible et stabiliser la tête du cycliste, réduisant ainsi la fatigue cervicale à haute vitesse. Un éclairage LED est intégré à l'arrière de la coque pour améliorer la visibilité sans compromettre l'aérodynamisme.

Van Rysel affirme qu'il s'agit de "la forme la plus rapide au monde" et annonce que ce système modulaire préfigure une nouvelle génération de casques polyvalents qui pourrait arriver sur le marché.

  • Technologie : X Clip Concept (système breveté)
  • Base : Casque Van Rysel RCR-R homologué
  • Conception aérodynamique : Collaboration Swiss Side
  • Matériau de la coque : Fibre de carbone
  • Visibilité : Signature LED intégrée
  • Poids : Optimisé (structure carbone/Lattice)

La combinaison haute vitesse : performance et protection

La combinaison FTP² Speed Suit adopte une approche unique : réconcilier sécurité et vitesse. Van Rysel la qualifie d'"armure aérodynamique".

Développée en partenariat avec l'atelier Jonathan & Fletcher, spécialisé dans l'ingénierie textile de vitesse, la combinaison présente une architecture bi-couche :

  • Couche intérieure : sous-vêtement technique avec matériaux anti-abrasion conformes aux normes motocyclistes et coussinets de protection stratégiquement placés
  • Couche extérieure : le textile exact actuellement utilisé par les coureurs WorldTour professionnels

L'innovation réside dans la conception des coussinets de protection, qui sont hyper-flexibles et créent des volumes aérodynamiques pour sculpter le corps et améliorer le flux d'air. Plutôt que de pénaliser la performance, ces éléments de protection l'améliorent.

La construction traite le haut du corps comme une surface unique pour assurer un glissement ininterrompu contre le vent. Cette approche répond à une problématique croissante dans le cyclisme professionnel : les vitesses moyennes records et les chutes de plus en plus graves qui en découlent.

  • Architecture : Système bi-couche (sous-vêtement + combinaison)
  • Développement textile : Partenariat Jonathan & Fletcher
  • Couche intérieure : Sous-vêtement anti-abrasion avec coussinets de protection intégrés
  • Protection : Coussinets hyper-flexibles (double fonction : sécurité et aéro)
  • Couche extérieure : Textile WorldTour professionnel
  • Design : Construction bolero (optimisation épaule/bras)

Une déclaration d'intention pour Van Rysel

Le FTP² ne sera jamais commercialisé. Van Rysel l'affirme sans ambiguïté : ce concept ne sera jamais disponible au grand public et reste techniquement illégal sur la plupart des routes en raison de sa puissance démesurée et l'absence totale de limitation de vitesse par l'assistance électrique.

Alors, pourquoi un tel investissement dans un projet non commercialisable ?

Un laboratoire roulant

Comme l'explique Wim Van Hoecke, Chef de projet FTP² et responsable produit E-Bike chez Van Rysel :

Avec le projet FTP², nous avons délibérément dépassé les cadres traditionnels de l'industrie du cyclisme. En doublant la FTP du cycliste, en supprimant les limites de vitesse et en développant nos propres composants électroniques, cockpit et textiles, nous avons pu explorer des performances extrêmes de manière contrôlée et réfléchie. Chaque composant a été conçu dans le cadre d'un système unique destiné à repousser les limites du possible.


Le FTP² sert de banc d'essai pour des technologies qui se retrouveront progressivement dans les produits grand public de Van Rysel. La marque annonce que plusieurs innovations développées pour ce projet seront intégrées aux futurs modèles de production :

  • L'intégration aérodynamique de la batterie
  • Le design de la fourche
  • La signature lumineuse intégrée (qui deviendra un standard de sécurité pour les futurs casques de route Van Rysel)
  • Les éléments de protection de la combinaison
  • Les travaux sur le flux d'air et les textiles des chaussures

Le système de casque modulaire X-Clip est particulièrement prometteur et pourrait révolutionner le marché en permettant aux cyclistes de posséder un seul casque polyvalent plutôt que plusieurs casques spécialisés.

Un message fort envoyé à l'industrie

Le FTP² constitue également un message aux concurrents et à l'ensemble de l'industrie cycliste. Fondée en 2018, Van Rysel s'est rapidement imposée comme une force innovante, notamment depuis son association avec l'équipe WorldTour en 2023.

Le vélo de route aéro RCR-F, lancé en 2024, avait déjà fait sensation avec son développement audacieux et ses performances revendiquées (13 watts plus rapide que le vélo de grimpeur de la marque). Nicolas Pierron de Van Rysel l'avait qualifié d'"OVNI".

Avec le FTP², la thématique extraterrestre se poursuit - c'est un "vélo venu d'une autre planète" - et l'emphase sur les capacités techniques de Van Rysel s'amplifie. La marque affirme que le FTP² est "le projet le plus complexe jamais réalisé par l'équipe" et le place "à la pointe de la recherche, du design et de l'innovation".

Ce positionnement agressif ne doit rien au hasard. Van Rysel, adossée au géant Decathlon, dispose de capacités de recherche et développement considérables. Le FTP² démontre que la marque peut rivaliser avec les acteurs les plus établis de l'industrie en matière d'innovation pure.

Vers un nouveau sport ?

Van Rysel va encore plus loin en évoquant la possibilité de créer une nouvelle discipline sportive. La marque se demande si le FTP² pourrait "potentiellement déclencher une nouvelle discipline dans le sport - un avenir pour la course de vélos électriques comparable à la Formule E ?"

Cette suggestion n'est pas aussi farfelue qu'elle pourrait paraître. Les courses de vélos électriques existent déjà sous diverses formes, mais restent marginales et souvent limitées par les réglementations. Un format de course permettant une puissance illimitée, sur des circuits fermés, avec un équipement de protection adapté, pourrait effectivement créer un nouveau spectacle sportif.

La comparaison avec la Formule E est révélatrice : une discipline qui repousse les limites technologiques de la mobilité électrique tout en offrant un spectacle de haut niveau. Le FTP² pourrait être le précurseur d'une "Formule E du vélo".

Les réactions sur le salon

De nombreux observateurs saluent l'audace technique du projet. L'intégration totale, la recherche aérodynamique poussée et les innovations brevetées démontrent une capacité d'ingénierie impressionnante. A noter que ce FTP² est parfaitement roulant. Ce n'est ni une maquette imprimée en 3D ni un prototype très éloigné de la réalité.

L'équipe se demande même si une séance de roulage avec quelques médias ne serait pas possible...

Le débat réglementaire

Le FTP² ravive le débat sur les limitations de vitesse des vélos électriques. Plusieurs commentateurs notent que Van Rysel ne se contente pas d'admettre, mais affiche ouvertement ce dont les moteurs e-bike sont réellement capables une fois débridés.

Van Rysel prend au sérieux la protection du cycliste avec sa combinaison intégrant des matériaux anti-abrasion aux normes motocyclistes et des coussins de protection.

Pendant des années, les cyclistes ont demandé aux organisateurs de courses de prendre la sécurité plus au sérieux face à l'augmentation constante des vitesses moyennes. Plutôt que d'attendre que l'UCI agisse, Van Rysel a intégré des éléments de protection inspirés du motocyclisme directement dans son concept.

Spécifications techniques du Van Rysel FTP²

  • Cadre & fourche : Carbone FTP² développé en interne
  • Poids : 15 kg (taille M)
  • Assistance électrique : Mahle M40 custom (105 Nm de couple, 850W de puissance de crête)
  • Transmission : SRAM Red AXS avec manivelles carbone Praxis
  • Roues : Swiss Side Hadron³ 850 (jantes profilées de 85mm)
  • Poste de pilotage : Cockpit carbone FTP² avec commandes intégrées AXS, Mahle et serrage de chaussures
  • Selle : Fizik Argo Vento 00 Adaptive

Le Van Rysel FTP² représente bien plus qu'un simple vélo concept spectaculaire. C'est une déclaration d'intention, un laboratoire d'innovation et potentiellement un aperçu du futur du cyclisme haute performance.

Certes, personne ne roulera jamais avec un FTP² dans sa configuration actuelle. Les chaussures à pédale intégrée et motorisation télécommandée resteront probablement au stade de curiosité conceptuelle. Mais l'intégration aérodynamique, le casque modulaire, les vêtements de protection performants et l'exploration des limites de la motorisation électrique ouvrent des pistes concrètes pour l'avenir.

Le FTP² trace la voie, repoussant les frontières de ce qui est techniquement possible. Dans cinq ou dix ans, certaines de ces innovations nous sembleront peut-être tout à fait normales.

En attendant, le FTP² reste exposé comme une fenêtre fascinante sur ce que l'industrie cycliste peut accomplir lorsqu'elle se libère de toutes contraintes réglementaires et commerciales pour simplement répondre à la question : "Et si nous pouvions faire absolument n'importe quoi ?"

La réponse, visiblement, est aussi audacieuse que déconcertante, aussi technique qu'inspirante. Le futur du cyclisme, si Van Rysel a raison, sera rapide, intégré, électrifié et résolument tourné vers la performance extrême. Et peut-être, juste peut-être, un peu plus sûr qu'aujourd'hui.