SRAM présente AXS Infinite : la première transmission électronique auto-alimentée pour vélo de route
Par le mercredi 1 avril 2026 07:27 - Actualité - Commentaires : 12 .
Après plusieurs années de développement dans le plus grand secret, SRAM a profité d’un dépôt de brevet américain rendu public la semaine dernière pour lever le voile sur ce qui pourrait être l’une des innovations majeures du vélo de route pour la décennie à venir : un groupe électronique sans batterie, entièrement alimenté par l’énergie produite par le cycliste.
Baptisé provisoirement SRAM AXS Infinite, ce nouveau système reposerait sur un principe simple : récupérer l’énergie mécanique produite par la rotation du pédalier afin d’alimenter les dérailleurs, la transmission sans fil et même certaines fonctions de diagnostic.
Une transmission dont j'avais déjà entendu parler via quelques rumeurs et indiscrétions de mécaniciens depuis les stages de décembre en Espagne.
Alex Marshall, Directeur de l’ingénierie électronique chez SRAM :
Depuis l’introduction de l’électronique dans le vélo de route, la gestion de l’énergie est restée l’un des derniers compromis. Avec AXS Infinite, nous l’avons éliminé.
Un mini-générateur intégré dans le boîtier de pédalier
Au cœur du système, SRAM aurait développé un micro-générateur électromagnétique intégré directement dans l’axe du pédalier. À chaque coup de pédale, une bobine et un rotor produisent un courant électrique stocké dans un condensateur haute capacité, bien plus léger et endurant qu’une batterie lithium-ion classique.
Selon les premiers documents techniques, il suffirait d’environ 30 secondes de pédalage pour générer assez d’énergie afin d’alimenter les dérailleurs pendant plus de 2 heures.
« Même lors d’une descente ou d’un arrêt, le système reste pleinement opérationnel grâce au stockage dans le condensateur », précise un ingénieur SRAM cité dans le brevet.
Un groupe électronique réellement sans contrainte
Avec AXS Infinite, plus besoin de :
- recharger ses dérailleurs,
- surveiller le niveau de batterie avant une sortie,
- emporter un câble ou une batterie de secours.
Le groupe resterait en permanence alimenté dès que le vélo roule. Même après plusieurs semaines sans utilisation, quelques coups de pédales suffiraient à réactiver l’ensemble.
Les manettes conserveraient le protocole sans fil AXS, mais seraient elles aussi dotées de micro-générateurs piézoélectriques exploitant la pression exercée sur les leviers pour maintenir leur charge.
SRAM annonce une compatibilité totale avec :
- les transmissions AXS actuelles (Red, Force, Rival),
- les pédaliers DUB,
- les cadres existants, via un simple changement de boîtier de pédalier.
Le surpoids du système serait limité à environ 85 g par rapport à un groupe AXS classique, soit moins qu’une batterie de dérailleur.
Une transmission qui apprend de votre pédalage
Cerise sur le gâteau, AXS Infinite intégrerait une fonction de self-learning shifting : en analysant la cadence, le couple et la fréquence de changement de vitesse, le système serait capable d’anticiper le prochain rapport idéal et de pré-positionner le dérailleur pour un passage encore plus rapide et plus doux.
Un mode « Race » pourrait même légèrement privilégier les changements de vitesse lors des phases de forte accélération.
Une présentation officielle attendue cet été
SRAM n’a pas encore communiqué officiellement, mais plusieurs équipes WorldTour auraient déjà reçu des prototypes en test discret depuis l’hiver. Une annonce publique serait prévue à l’occasion de l’Eurobike 2026, avec une commercialisation début 2027.
Si cette technologie tient ses promesses, elle pourrait bien marquer la fin définitive des batteries sur les groupes électroniques… et lever l’un des derniers freins à leur adoption massive.
Une équipe WorldTour déjà en test
Selon nos informations, plusieurs équipes du peloton WorldTour rouleraient déjà depuis l’hiver avec des prototypes du groupe SRAM AXS Infinite. L’une d’entre elles, qui a souhaité rester anonyme, nous a livré ses premières impressions.
Honnêtement, au début on pensait que c’était juste un AXS classique avec un boîtier un peu plus gros. Puis on s’est rendu compte qu’il n’y avait… aucune batterie.
Le responsable matériel de l’équipe explique que le système est utilisé depuis décembre lors des camps d’entraînement et sur certaines courses secondaires.
En trois mois, on n’a jamais eu une seule panne liée à l’énergie. Les coureurs peuvent laisser leur vélo deux semaines sans y toucher, monter dessus et partir sans se poser de question. C’est un vrai changement dans notre logistique.
Un soulagement pour les mécanos
L’équipe souligne aussi l’impact sur le travail quotidien du staff.
Avant, on avait des tableaux de suivi de charge pour chaque vélo. Aujourd’hui, cette partie a quasiment disparu. Le seul truc qu’on vérifie, c’est l’usure de la chaîne.
Lors des longues journées de course ou des classiques par temps froid, le système aurait montré un autre avantage important.
En conditions hivernales, les batteries sont toujours un point de fragilité. Là, même sous la pluie et à 3°C, le groupe fonctionne exactement comme à 20°C.
Encore en phase de validation
L’équipe reste toutefois prudente.
C’est clairement une techno d’avenir, mais on est encore dans une phase de validation. SRAM nous demande énormément de data : couple, cadence, température, cycles de charge… Mais honnêtement, si on nous proposait de l’utiliser sur les grandes courses demain, on dirait oui.

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