Présentation

Le cœur de l'Artemis réside dans son cadre en acier Columbus Life traité antirouille par cataphorèse, pesant entre 1,7 et 2 kg selon la taille. Ce choix de matériau n'est pas nostalgique : l'acier moderne offre un compromis unique entre confort, réactivité et durabilité.

La géométrie de seconde génération a été repensée pour affronter les terrains techniques, avec une orientation aventure. Avec une chasse augmentée pour plus de stabilité, l'Artemis a l'envie de se montrer aussi à l'aise sur les singles techniques que sur les pistes roulantes.

Ses haubans ovalisés en partie haute doivent permettre de filtrer efficacement les vibrations, garantissant du confort même sur les parcours les plus accidentés.

Le cadre est fabriqué en acier Columbus Life HSS traité par cataphorèse, un procédé qui garantit une protection antirouille optimale. Selon la taille choisie, il affiche un poids contenu entre 1,7 et 2 kg. Bien sûr, les habitués des cadres carbone trouveront cela très lourd, mais on ne joue pas du tout dans la même catégorie.

La fourche en carbone HR T800 contribue à alléger l'ensemble tout en absorbant efficacement les vibrations du terrain. L'Artemis propose cinq tailles (XS à XL) avec une géométrie progressive qui préserve l'équilibre du vélo quelle que soit la stature du cycliste.

L'espace disponible permet de monter des pneus jusqu'en 700x50c lorsque le vélo est utilisé sans garde-boue, ou en 700x40c si l'on choisit d'équiper le cadre de garde-boue. Un dégagement tout à fait dans les standards actuels du gravel.

Le boîtier de pédalier adopte le standard T47 de 86,5 mm de largeur, sera apprécié pour sa robustesse et sa compatibilité avec la plupart des groupes modernes. La douille de direction mesure 54 mm de diamètre et accueille des roulements au standard IS52/IS52, largement répandu.

La tige de selle de 27,2 mm de diamètre offre une flexibilité naturelle qui améliore le confort sur les longues distances. Une tige de selle fixée par un collier de serrage standard.

La patte de dérailleur arrière adopte le standard UDH (Universal Derailleur Hanger), garantissant une disponibilité des pièces de rechange et une compatibilité avec les transmissions les plus récentes, qu'elles soient mécaniques ou électriques.

L'Artemis se distingue par sa compatibilité avec les fourches suspendues et les tiges de selle télescopiques, un atout majeur pour le confort sur longue distance.

Fourches compatibles :

  • Cane Creek Invert SL/CS
  • Fox 32 TC
  • Rock Shox Rudy XPLR
  • Hi Ride Stera Fork
  • Cannondale Lefty Ocho Oliver
  • KS Suspension GTC Gravel
  • MRP Baxter 2
  • SR Suntour GVX32

Tiges de selle télescopiques compatibles :

  • Fox Transfer SL
  • ENVE G Series Dropper Post
  • DT Swiss D232
  • KS Suspension (9 modèles)
  • Rock Shox Reverb AXS XPLR

Sur le tube de selle, la marque affiche fièrement son "Fabriqué en France".

Meral propose dix couleurs standard dans la collection « Gemmes » (jaune Topaze, bleu Indicolite, bleu Célestine, violet Auralite, rouge Pyrope, Bronzite, noir Spinel, vert Jade, rose Kunzite, vert Malachite), disponibles en finition mate ou brillante.

Au-delà de ces teintes, les possibilités de personnalisation sont quasi infinies, la réputation de Cyfac en matière de peinture n'étant plus à faire.

Le vélo a prouvé ses capacités dans les épreuves les plus difficiles du calendrier gravel international. Victor Bosoni, ambassadeur de la marque et champion d'ultra-cyclisme, a notamment remporté The Traka 560k avec cet Artemis, démontrant que l'acier moderne n'a rien à envier au carbone en matière de performance pure.

Côté tarif, il faut compter à partir de 2390 € pour le kit cadre et entre 4690 et 6690 € pour un vélo complet.

Bien sûr, tout dépendra aussi des options que vous sélectionnerez. Car si vous vous penchez sur la liste des options disponible sur un Méral, on est vraiment pas loin d'un vélo totalement sur-mesure, puisque même l'option géométrie adaptée est possible, moyennant 300 €.

Nombre d'oeillets, passage de câblerie interne, ou même fourche acier, tout est possible, même du côté de la peinture. Mais si vous optez pour toutes les options, peut-être que vous aurez intérêt à basculer sur la version Cyfac !

Le modèle testé ici, équipé en Campagnolo Ekar GT, est vendu 4690 € et je l'ai pesé à 10.5 kg en taille M.

Equipement

Pour ce modèle, Meral a fait le choix d'un groupe Campagnolo Ekar GT, la version plus accessible de l'Ekar, en troquant le magnifique mais coûteux carbone par de l'aluminium.

A peine 315 grammes de plus que l'Ekar, avec une toute nouvelle cassette 10-48 qui équipe ici cette version. Accompagné d'un pédalier avec un plateau de 38 dents, Meral a opté pour la sécurité et la polyvalence avec de quoi passer quasiment partout même si on est chargé.

L’ergonomie retouchée des poignées assure une zone d’appui de la paume extrêmement confortable et une plage de réglage des leviers pour toutes les tailles de mains.

Cintre, potence et tige de selle sont de chez Ritchey, une marque qui arrive à proposer des produits à la fois légers et très compétitifs au niveau du tarif.  Ce qui interpelle le plus, c'est bien sûr ce cintre Comp Beacon impressionnant par son évasement de 36°. Bien qu'étant habitué par les cintres proposant du flare, là, on passe réellement un cap.

Une chose est sûre, si vous allez souvent en forêt, il faudra bien viser entre les arbres, car même la version qui mesure seulement 42 cm en haut.... arrive à 54.6 cm en bas. 55 cm si vous y rajouter un ruban de cintre un peu épais !

Pour les roues, Meral a ici fait un montage sur bas de Aivee Gravel, Des roues en aluminium pesant environ 1600 grammes avec des moyeux fabriqués en France, dont la roue-libre comporte pas moins de 48 points d'engagement, avec les roulements SKF reconnus pour leur longévité et leur performance.

Avec une hauteur de 16,5 mm et une largeur interne de 21,8 mm (25.8 mm en externe), elles acceptent sans problème les Hutchinson Tundra de 45 mm qui équipent ce modèle.

Sur les chemins

Si vous êtes un habitué des vélos gravel en carbone, oubliez tout. Ou presque. Opter pour un gravel en acier, c'est revenir à la quintessence de la pratique. Un vélo simple en apparence, qui reprend tous les basiques d'un vélo tout en l'ayant remis au goût du jour pour une pratique.... quasiment sans limites.

L'Artemis n'est pas un gravel qui est orienté compétition, même si Victor Bosoni a prouvé qu'il était apte à remporter des victoires. Mais son domaine, ce sont plus les longues chevauchées, où son confort compense largement son moindre dynamisme par rapport aux gravels carbone les plus légers.

Car oui, avec plus de 10 kg sur la balance, les relances sont forcément moins vives qu'avec un modèle pesant près de 2 kg de moins. Mais en gravel, les relances sont souvent bien moins importantes que sur la route. A moins qu'un organisateur ne nous ponde un de ces jours un critérium gravel !

Sans surprise, sur les belles pistes, l'Artemis se mue en véritable tracteur, sans que cela ne soit péjoratif. Ca avance bien, le tout avec énormément de confort. Les capacités de filtration de l'acier associé aux gros pneus de 45 mm permettent de gommer la plupart des aspérités des chemins.

Si le vélo est limité par ses relances, en revanche, une fois lancé, il sait conserver aisément sa vitesse. Le cintre permet d'alterner les positions et l'ergonomie des leviers ne se trouve pas trop pénalisée par l'angle induit par l'évasement de ce dernier.

Notamment le bouton interne, qui est facilement accessible. Autre bienfait de l'acier, la quasi absence de bruit, notamment de résonance. Là où le carbone permet au bruit de se propager, l'acier a tendance à l'absorber. Quand on vient d'un vélo carbone, la différence est flagrante !

Sur les portions techniques, même avec des pneus de seulement 45 mm ici, l'Artemis peut passer partout et sur les parties single, son cintre très évasé permet une position plus confortable et stable. Un avantage aussi bien sur les portions où de nombreux cailloux jonchent le sol, que sur les terrains très meubles et gras, même si là, les Tundra de Hutchinson montrent leurs limites.

Et encore, n'oublions pas que cet Artemis accepte des pneus allant jusqu'à 50 mm. De quoi vraiment s'affranchir de toutes les difficultés.... ou rouler chargé dans le plus grand des conforts en gonflant à moins de 2 bars. Ainsi équipé, vous pouvez "bourriner" dans la caillasse sans réfléchir. Entre la filtration des pneus et celle du cadre, on ose encore plus facilement de lâcher les freins.

La géométrie est hyper stable et met en confiance même sur les terrains les plus techniques. Le vélo se place facilement dans les virages, on a vraiment le sentiment qu'il suit parfaitement le regard.

La transmission Ekar m'a quant à elle laissé sur ma faim en raison des nombreuses approximations au niveau des changements de vitesses, la transmission hésitant parfois à la remontée des pignons. J'ai bien tenté plusieurs réglages, mais rien à faire, il a fallu que je refasse les réglages à plusieurs reprises.

Et le maniement du levier permettant de remonter d'un pignon à un autre demande quand même un peu de poigne. Certes, je suis habitué aux transmissions électroniques mais sur ce point, un groupe Shimano GRX est plus aisé au niveau du maniement.

En revanche, la cassette 10x48 (10-11-12-13-14-16-18-21-25-30-36-42-48) permet de passer partout avec un assez bon étagement.

Bilan

Un vélo qui offre un bon rendement dans l'ensemble, mais surtout, qui vous emmènera loin et avec beaucoup de confort. Le choix de Victor Bosoni, adepte des épreuves longues distances, se justifie ici pleinement.

Si le rendement est certainement légèrement moindre qu'un cadre en carbone, notamment sur les relances et dans les gros pourcentages à cause du poids en plus, le confort octroyé par ce Meral Artemis en acier rend toute sortie bien moins exigeante pour le corps.

Un retour aux sources pour un vélo qui se veut simple mais efficace, et toujours ce sentiment d'avoir un vélo avec une âme, fabriqué par un artisan français...

Photos : Sonam.cc et Matos Vélo